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LA TRIBUNE DE OLIVIER ITEANU
L'AUTEUR
OLIVIER ITEANUGérant, Iteanu société d'avocats SES ARTICLES
Protection des bases de données, un droit arrivé à maturité ?
Les bases de données occupent une importance croissante au sein des entreprises. Elles disposent depuis près de 10 ans d'une protection spécifique reconnue par la Loi. La Cour de Cassation s'est prononcée sur l'opposabilité de cette protection pour les bases de données accessibles au public sur Internet.
(04/07/2007)
Les bases de données se multiplient dans l'environnement de l'entreprise. Elles prennent ainsi une importance croissante, créent et constituent une valeur forte de l'entreprise, qu'il convient dès lors de protéger. Or, il existe depuis 1996 dans l'Union Européenne et depuis 1998 en France, un régime de protection spécifique aux bases de données. Ce régime de protection s'applique et est dirigé vers la protection des données qui constituent la base, que ces données soient banales (ex. : annuaire téléphonique) ou au contraire à forte valeur ajoutée (ex. : statistiques), qu'elles soient accessibles librement au public (ex. sur le Web et en libre accès) ou non (ex. diffusion sur abonnement). Cette protection est très difficile à appréhender et à comprendre tant le régime créé, appelé par les juristes Droit Sui Generis c'est à dire sans équivalent par ailleurs, est particulier. En clair, on peut résumer la protection au titre des bases de données comme suit : la Loi a créé au bénéfice du producteur de la base de données, un droit d'interdire l'extraction des données à toutes personnes non autorisées. Ce " droit d'interdire " n'est pas à proprement parler un droit de propriété. Ainsi donc, toute base de données, y compris sur Internet et accessible au public, ne peut subir d'extractions ou de réutilisations des données substantielles ou anormales, sans l'autorisation de son producteur, c'est à dire de celui qui a pris l'initiative et le risque des investissements portant sur la constitution, la vérification ou la présentation de la base de données. Les premières jurisprudences et articles de Doctrine ont porté sur la notion de base de données, ce qui était ou n'était pas une base de données. La qualité de " producteur " de la base de données, celui qui se voit reconnaître la titularité du " droit d'interdire " a été également discutée avec passion et minutie. Cela aboutit à quatre arrêts du 9 Novembre 2004 de la Cour de Justice des Communautés Européennes qui mettait à peu près fin à ces premières discussions. Restait alors à entrer dans le vif du sujet avec la question de savoir comment appliquer ce nouveau droit. C'est ce que la Cour de Cassation a fait avec un arrêt rendu le 6 Septembre 2005 auquel on n'a pas pris assez garde. Cet arrêt traduit une installation et probablement une maturation du " droit d'interdire ". L'affaire portait sur la délicate question des bases de données librement accessibles sur Internet et en particulier le Web : peut on accorder à leur producteur le droit d'interdire l'extraction à toutes personnes non autorisées dès lors que par essence leur simple mise à disposition en ligne pourrait laisser postuler qu'une autorisation a été automatiquement donnée ? VOS REACTIONS, VOS COMMENTAIRES
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