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LA TRIBUNE DE LAURENT CHAILLEY
L'AUTEUR
LAURENT CHAILLEYResponsable France, Pegasystems SES ARTICLES
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Gestion des processus métier : conformité et lutte contre le blanchiment et la fraude
La multiplication des canaux de télécommunications a fourni aux réseaux de criminalité financière de nouveaux vecteurs pour réinjecter des fonds illicites dans le circuit économique légal. Comment ont réagi les banques ?
(10/01/2008)
L'avènement de nouveaux supports électroniques tels qu'Internet a favorisé de nouveaux types de criminalité. Le marché actuel des services financiers et bancaires est confronté, à l'instar de nombreux autres secteurs, à des pressions réglementaires tant génériques que spécifiques à leur métier visant à protéger les clients et les organismes financiers contre de telles pratiques illégales et sans scrupules.
De manière générale, on constate que les changements économiques rapides s'accompagnent d'une évolution tout aussi rapide des activités criminelles. À titre d'exemple, le boom immobilier en Europe et aux États-Unis a été suivi d'une augmentation du taux de fraude dans les domaines des prêts aux consommateurs et des prêts immobiliers.
Cette situation a eu pour conséquence une augmentation des dépenses liées à la gestion du risque et un alourdissement des obligations déclaratives afin d'améliorer la transparence et le contrôle au sein des entreprises.
Disponibilité des informations
Du point de vue des métiers financiers, il a été constaté, au cours des dernières années, un certain engouement autour des notions de conformité, de blanchiment d'argent et d'autres types de risques.
Toutefois, cette première vague a donné lieu à une nouvelle problématique : comment traiter de façon efficace ces alertes identifiées sans entraver trop fortement les activités commerciales ?
En d'autres termes, même si les établissements bancaires sont de plus en plus performants à identifier le risque, celui-ci a un impact négatif sur leur capacité à optimiser la maîtrise des pertes, avec pour conséquence une dégradation de l'efficacité d'exploitation et une augmentation des coûts en back office.
Plus inquiétant encore : l'impact des activités de mise en conformité, de lutte contre le blanchiment d'argent et contre les pratiques frauduleuses s'étend au-delà du back office et touche, directement la prise de parts de marché et la conquête de nouveaux clients.
À chaque problème sa solution
Afin de garantir la conformité et la gestion du risque, les établissements bancaires et les institutions financières se sont jusqu'alors concentrés sur les mesures de détection.
La problématique principale a consisté à identifier le problème, selon le canal, le type de produit ou le secteur d'activité en cause. En réponse à cette demande, les fournisseurs ont introduit sur le marché un savoir-faire avancé et spécialisé dans le domaine de la détection de la criminalité dans chaque secteur, en proposant des solutions essentiellement propriétaires dédiées à des détections d'activités illégales spécifiques aux virements bancaires illicites ou aux fraudes à la carte bancaire par exemple.
L'objectif fondamental de chaque solution et de chaque fournisseur s'est focalisé sur les outils d'aide à la détection. Même si ces solutions sont dotées de fonctionnalités de gestion de dossiers d'investigation, il s'agit généralement d'extensions secondaires et souvent rudimentaires du moteur spécialisé en détection de masse.
Gestion des dossiers d'investigation automatisée
Si les établissements bancaires souhaitent optimiser la rapidité, l'efficacité et la précision de l'ensemble du processus, il est nécessaire qu'ils disposent d'un système unique, centralisé et automatisé de gestion des dossiers d'investigation, qui soit capable de traiter des flux provenant de moteurs de détection spécialisés et hétérogènes.
Un tel système comprend les avantages suivants :
- Il fournit le même niveau de performance aussi bien pour la gestion des dossiers d'investigation de l'établissement bancaire que pour la détection des événements, et ce, quel que soit le canal, le produit ou le secteur d'activité ; - Il permet d'obtenir une visibilité sur l'ensemble des événements susceptibles de survenir dans l'entreprise et de participer à l'identification ou l'analyse d'un cas.
Nous disposons à l'heure actuelle de systèmes informatiques de détection extrêmement puissants capables d'identifier les activités illicites les plus sophistiquées. Jusqu'à présent, le suivi des dossiers était beaucoup plus fragmenté et reposait essentiellement sur un fonctionnement manuel. Il est désormais possible de déployer un outil BPM de gestion des dossiers, qui pourra être rapidement adapté aux activités frauduleuses et criminelles de demain.
Les systèmes actuels sont capables d'extraire en masse les événements douteux et de les transférer vers un référentiel centralisé. Ensuite, le dispositif d'investigations de l'entreprise permet aux décideurs d'obtenir une vue d'ensemble sur les activités jugées suspectes, d'analyser les événements de façon beaucoup plus fine et de déterminer les mesures à mettre en oeuvre.
L'enjeu de l'automatisation
L'un des problèmes majeurs des systèmes traditionnels de gestion des investigations en mode manuel auquel les établissements bancaires étaient confrontés concerne la définition du niveau de filtrage de la détection.
En effet, un niveau de filtrage trop faible peut apparaître comme un manquement vis-à-vis des obligations réglementaires et des procédures internes de gestion des risques. À l'inverse, un niveau de filtrage trop élevé comporte le risque de submerger les équipes d'investigation avec un nombre d'événements trop volumineux à traiter.
Un autre problème concerne la complexité du processus d'investigation. D'abord, les événements font l'objet d'un contrôle préliminaire de premier niveau avant d'être transférés vers les responsables de l'investigation des risques, qui examinent l'historique des transactions, échangent leurs points de vue avec le responsable métier ou les services concernés, puis récupèrent des données depuis d'autres systèmes informatiques situés dans d'autres services, avant de qualifier l'incident et de déterminer les mesures à mettre en oeuvre.
L'automatisation de ce processus, qui comporte plusieurs étapes de saisie longues et fastidieuses et de nombreuses étapes de recherche d'informations complémentaires, ainsi que l'utilisation de règles métier précises à chaque étape du processus décisionnel, est un atout considérable.
Une approche pas à pas
Les meilleurs systèmes automatisés actuels sont dotés de fonctionnalités avancées conçues afin de traiter de façon optimisée chaque étape du processus de gestion des dossiers d'investigation.
D'abord, une telle solution doit être en mesure de traiter de manière événementielle l'arrivée de nouvelles informations et de générer un dossier virtuel qui, contrairement à l'approche d'une gestion documentaire, capture véritablement les données brutes en temps réel et peut les acheminer automatiquement vers le service compétent.
Ensuite, une fois l'événement traité dans le système, il peut être enrichi par des données secondaires. Le dossier virtuel d'investigation est ainsi constitué d'informations pertinentes provenant de diverses sources de données de l'entreprise.
À ce stade, les informations étant rassemblées et disponibles au sein du dossier, la décision peut être prise en conformité avec les règles établies (procédures internes, mise en conformité).
L'étape suivante du processus de gestion des dossiers d'investigation consiste à acheminer l'événement, auquel est attribué un niveau de priorité approprié, vers le responsable d'investigation adéquat.
À ce stade, le système d'investigation assistera l'opérateur grâce à de nombreux écrans, données et fonctionnalités permettant de faciliter une analyse rapide et précise, avec des liens vers des événements susceptibles d'être rapprochés de l'événement détecté, tels qu'un pays de provenance, un client ou un type d'événement associé. L'ensemble des tâches administratives ultérieures de back office peuvent également faire l'objet d'un traitement automatisé et le processus de bout en bout sera conforme aux normes de qualité et d'audit à respecter.
De manière générale, les procédures d'investigation sont longues et les personnes en charge de celles-ci ont bien souvent plusieurs cas à analyser en cours de traitement. Grâce à des outils de suivi des niveaux de services (SLAs), le système de gestion de dossiers sera en mesure de gérer la charge de traitement de chaque intervenant afin de garantir un respect du calendrier des obligations déclaratives auprès de l'organisme réglementaire compétent.
Enfin, il convient d'insister sur le fait que toutes ces problématiques existent au sein d'un environnement financier en perpétuel mouvement, dans lequel la réglementation et les menaces criminelles sont en évolution constante.
Dans ce domaine comme dans bien d'autres, les entreprises gagnantes sont celles qui ont une vision et se dotent des capacités pour se positionner à l'avant-garde. VOS REACTIONS, VOS COMMENTAIRES
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