CMMI for Acquisition, référentiel pour une externalisation réussie

De plus en plus, les prestations informatiques sont externalisées. Pour gérer au mieux la sélection des fournisseurs et leurs relations avec eux, les entreprises peuvent désormais s’appuyer sur CMMI for Acquisition, une version spécifique du référentiel CMMI.

La tendance n'est pas nouvelle mais elle ne cesse cependant de s'amplifier : de plus en plus, les entreprises choisissent d'externaliser leurs développements et leur exploitation informatique.

Faire appel à des spécialistes extérieurs, au forfait ou en tierce maintenance applicative, leur permet ainsi de se concentrer sur leur coeur de métier. Mais à cet objectif premier s'ajoutent des exigences toujours plus fortes de qualité, de réactivité, de coûts et de délais imposées par le marché.

Ces contraintes se traduisent directement dans les exigences vis-à-vis des professionnels chargés de fournir les technologies de l'information. Aussi est-il indispensable d'encadrer avec rigueur le choix et l'action du prestataire si l'on souhaite obtenir tous les bénéfices escomptés d'une externalisation.

Pour porter ses fruits, le processus d'externalisation doit donc être pensé, organisé et contrôlé. Tel est l'objet de CMMI for Acquisition (CMMI-ACQ), une version du référentiel CMMI spécifiquement destiné à la gestion de l'achat de prestations.

CMMI-ACQ, dont la version 1.2 a été publiée en novembre 2007, définit ainsi un référentiel de bonnes pratiques de gestion de la relation  avec le fournisseur, depuis sa sélection jusqu'au suivi de l'exécution de sa mission en passant par la rédaction des contrats et la mise en place d'indicateurs permettant de détecter les éventuelles dérives.

La fourniture pouvant être standard (produit) ou application spécifique. Comme CMMI for Development (CMMI-DEV), CMMI-ACQ s'appuie sur un modèle de progression étagé en niveaux de maturité, depuis une gestion au cas par cas jusqu'à l'organisation selon des processus standard et enfin une optimisation continue.

De nombreux points sont d'ailleurs similaires entre les deux modèles, ce qui, d'une part, simplifie l'adoption de CMMI-ACQ par des organisations qui auraient déjà mis en oeuvre CMMI-DEV, et d'autre part facilite les relations avec les prestataires qui, de plus en plus fréquemment, utilisent ce modèle.

Avoir mis en place CMMI-DEV n'est cependant pas un prérequis indispensable. Assez classique, la démarche de mise en oeuvre de CMMI-ACQ comporte trois temps. Tout d'abord, il faut en fixer les objectifs. C'est l'occasion de faire un état des lieux des pratiques de l'entreprise dans le domaine de l'achat de prestations et d'en déduire un plan de transformation et une liste de priorités. C'est aussi l'occasion de clairement définir ce qui peut être externalisé.

Cette première analyse accomplie, la deuxième étape consiste à aider l'organisation à adopter de bonnes pratiques, qui impliquent parfois des remises en cause profondes et nécessitent donc un véritable accompagnement du changement.

Enfin, dernière phase et spécificité de CMMI, il faut mettre en place une boucle d'amélioration. Le modèle d'évaluation de CMMI for Acquisition n'en est pour l'heure qu'aux versions de travail mais il sera bientôt finalisé. Il permettra alors de s'étalonner et d'identifier les points de progrès potentiels.

Bien que CMMI-ACQ concerne en priorité la DSI, le rôle du service achats est essentiel. Son sponsor et son impulsion sont en effet indispensables car la mise en place du référentiel impacte parfois considérablement ses pratiques. Les relations entre l'informatique et les achats s'en trouvent ainsi bouleversées.

Déployer CMMI-ACQ nécessite en effet l'instauration d'un dialogue interne concret et régulier. Avec la prise de conscience à tous les niveaux d'un besoin de qualité, la règle du moins disant disparaît alors le plus souvent au profit d'un mieux disant basé sur des critères objectifs et définis en concertation (coût, mais aussi qualité, délais, risques...). Les contrats et les indicateurs de suivi deviennent des éléments tangibles sur lesquels appuyer la discussion.

Cependant, les relations avec les fournisseurs évoluent plus encore. Le choix d'externaliser ayant été fait dans le but de déléguer et de profiter d'une véritable expertise, il n'est bien entendu pas question d'imposer ses processus au prestataire.

En revanche, dans un souci de qualité, de maintenabilité et de pérennité de la solution qu'il est chargé de développer ou d'opérer, un regard de la DSI sur sa capacité, ses moyens et ses méthodes est indispensable. CMMI-ACQ permet d'établir en amont les conditions de cet examen, les indicateurs à suivre et les jalons à respecter.

Dans ce contexte, la DSI doit alors mettre en place une organisation apte à fournir au prestataire des interlocuteurs identifiés, aux rôles précis et dont les compétences leur permettent de challenger le prestataire. Cela implique dès lors une évolution des métiers en interne, comme celui d'architecte de systèmes, et de la culture des équipes, qui conçoivent moins elles-mêmes mais doivent apporter un regard critique et constructif. Là encore, conduire le changement est indispensable.

Mais CMMI permet d'aller au-delà de la gestion des fournisseurs dans la recherche de la qualité. En touchant ainsi la maîtrise d'ouvrage, c'est une toute nouvelle population qui se trouve impliquée dans le processus.

Il faut la sensibiliser, l'associer à la démarche, trouver un langage commun, mais peu à peu, du développement aux achats et désormais aux métiers, l'approche CMMI s'impose comme l'indispensable outil de la rationalisation et de l'optimisation de toute la chaine de valeur informatique de l'entreprise.

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