La mécanique de sauvegarde est en panne... (et voici le correctif)

Malgré l’évolution des spécifications et des technologies, nombre d’établissements s’efforcent d’ajuster des modèles de sauvegarde vétustes à leur nouvel environnement. Mais en réalité, il est tout bonnement impossible d’assembler les pièces de ce puzzle.

Ce qui, autrefois, fonctionnait pour des sauvegardes périodiques ne peut plus soutenir le flux de données, constant et perfectionné, que les entreprises se doivent aujourd’hui de protéger.
Des opérations de sauvegarde à jour et parfaitement huilées : voilà qui devrait être une priorité absolue dans chaque établissement. Dotées de budgets et de programmes suffisamment robustes pour s’offrir des logiciels, réseaux et équipements haut de gamme dernier cri, la plupart des grandes entreprises y gagnent en tranquillité d’esprit, certaines de pouvoir accéder à leurs données et de les récupérer en tout lieu et à tout moment.
Les systèmes à plusieurs niveaux et l’espace supplémentaire font partie intégrante de leurs plans de sauvegarde et de restauration qui, pour les plus efficaces d’entre eux, s’ouvrent progressivement au cloud afin de garantir une couche de protection supplémentaire.
En revanche, dans les PME, les associations et les établissements d’enseignement, le financement et l’adoption des dernières technologies de sauvegarde et de restauration en date risquent de se justifier plus difficilement. S’adapter aux exigences croissantes en matière de données et de stockage suppose des investissements significatifs et réguliers en équipements, en logiciels, en stratégies et en personnel. Pour compenser des ressources limitées, des plans de secours sont souvent construits d’éléments disparates afin de rapprocher des systèmes archaïques aux demandes de données actuelles. D’où une incertitude quant à l’efficacité du plan de sauvegarde et de restauration, qui subsistera jusqu’à ce qu’un incident oblige l’établissement à le déclencher.
Or, ni les grandes entreprises ni les petites et moyennes structures ne peuvent faire l’économie d’un mécanisme de sauvegarde de données efficace, abordable et évolutif, qui fait aujourd’hui défaut dans les modèles actuels. Très clairement, la mécanique de sauvegarde, aujourd’hui en panne, doit être remplacée.

Pourquoi la mécanique de sauvegarde est en panne 

Malgré l’évolution des spécifications et des technologies, nombre d’établissements s’efforcent d’ajuster des modèles de sauvegarde vétustes à leur nouvel environnement. Or, dans la réalité, il est tout bonnement impossible d’assembler les pièces de ce puzzle. Ce qui, autrefois, fonctionnait pour des sauvegardes périodiques ne peut plus soutenir le flux de données, constant et perfectionné, que les entreprises se doivent aujourd’hui de protéger.
Ces dernières années, Gartner s’est penché sur la situation du marché de la sauvegarde, et a relevé un certain nombre de facteurs, toujours d’actualité, qui expliquent son atonie et son absence de progression. Parmi les leçons à tirer, il apparaît que nous ne sommes plus capables de « faire barrage » aux données. Bien au contraire : les entreprises font face à un afflux constant d’informations qui se doivent d’être gérées en permanence.
Cette problématique ne fait que s’intensifier d’année en année, les données jaillissant en masse des individus, des machines et même des capteurs. Le secteur n’a pas su prendre en compte la rapidité de ces évolutions. Résultat ? Les systèmes de sauvegarde en ont pâti. Dans son dernier rapport en date, Gartner Report 2014 : Addressing the Broken State of Backup, le cabinet d’études a étoffé la liste de facteurs qui, selon lui, expliquent l’actuelle panne de la mécanique de sauvegarde, et la prolifération des données est, à l’évidence, l’un des premiers obstacles auxquels se heurtent les entreprises. 

Gartner a observé les principaux facteurs procédant de l’actuelle panne de la mécanique de sauvegarde :
  • Absence de tests et de vérifications systématiques,
  • Échec des sauvegardes,
  • Obsolescence technologique,
  • Croissance exponentielle des données,
  • Prolifération de nouvelles applications,
  • Adoption de la virtualisation,
  • Nécessité d’un accès aux données en permanence.
Avec des taux de réussite de l’ordre de 75 à 85 %, la confiance mise par nombre d’entreprises dans les sauvegardes est ébranlée, voire rompue. Sauvegardes incomplètes, nécessité de restaurer plusieurs sauvegardes incrémentielles, erreurs d’utilisation et défaillances logicielles ou matérielles… Tous ces facteurs expliquent ce fiasco ; le recours à des systèmes vétustes, au même titre que la confiance aveugle en leur capacité à restaurer des données font que les échecs de sauvegarde peuvent être catastrophiques pour une entreprise.
Trop souvent, l’entreprise considère son système de sauvegarde et de restauration comme infaillible et, trop occupée à en escompter et en cibler les bienfaits, le laxisme et la confiance excessive dont elle fait preuve à son égard ont rendu les utilisateurs plus négligents s’agissant des modalités de protection permanente de leurs données.

Les obstacles à l’efficacité des sauvegardes 

Bien qu’elles aient investi dans les outils et les technologies qui devraient assurer la protection de leurs données, nombre d’entreprises dressent elles-mêmes les obstacles qui entraveront l’efficacité de leurs sauvegardes en négligeant d’instaurer les pratiques adéquates ou de tirer pleinement parti de leur investissement. Parmi les obstacles les plus courants figurent ceux-ci-après :

S’en remettre à un seul niveau de sauvegarde

Les entreprises nourrissent rarement une réflexion sur leurs sauvegardes ― à moins d’y être contraintes et, à ce moment-là, il est sans doute trop tard. Reléguant celles-ci au second plan jusqu’à ce qu’une urgence se déclare, elles attendent souvent longtemps entre deux sauvegardes, et encore plus longtemps entre deux restaurations, lorsqu’elles les effectuent. Autrement dit, leurs données et fichiers risquent de devenir obsolètes le jour où intervient la sauvegarde ou la restauration à effectuer. De plus, elles évitent ou remettent souvent à plus tard les investissements dans des technologies de sauvegarde à plusieurs niveaux.
Or, s’en remettre à un seul niveau de sauvegarde revient à mettre tous ses œufs dans le même panier. Sans autres niveaux de protection, les entreprises misent sur l’accessibilité et les performances de leurs sauvegardes et restaurations ; et, au moindre souci, elles se retrouvent totalement démunies. La redondance est essentielle pour garantir la protection des données.

Intégrations technologiques 

Lorsqu'il s'agit de trouver la bonne combinaison des technologies de sauvegarde, l’exercice peut relever du numéro d’équilibriste. L’utilisation de plusieurs technologies en tandem augure d’une sécurité renforcée, mais à condition que les systèmes s’intègrent et communiquent parfaitement. En présence de machines virtuelles, cette intégration devient encore plus importante. Mais, à mesure que les petites structures s’initient au cloud, la sauvegarde de ces ressources virtuelles pose des difficultés supplémentaires.

Sauvegarde virtuelle 

Malgré la progression spectaculaire des données aussi bien en volume qu’en diversité, nombre d’entreprises investissent dans le stockage sur disque externe, via des réseaux SAN (Storage Area Networks) par exemple, qui assurent uniquement une restauration sur site. La réplication d’une infrastructure de ce type aux fins d’assurer une protection hors site peut se révéler très onéreuse. Les entreprises doivent se réorienter vers une approche intégrant le cloud. Le jumelage de capacités sur site et hébergées, toutes deux administrées au moyen de logiciels de dernière génération, peut considérablement accélérer les sauvegardes et permettre de mieux répondre aux impératifs des clients en la matière.
Les difficultés, méconnues ou nouvelles, posées par la sauvegarde de machines virtuelles risquent de représenter un autre obstacle pour les entreprises, qui tâtonnent alors sur la mise en miroir (mirroring), le partage ou la copie de fichiers virtuels.
Le bon dosage en matière d’accessibilité 
Autre source d’accrocs dans la mise en œuvre d’une nouvelle stratégie d’investissement en matière de sauvegarde : la question de l’accessibilité – autrement dit la facilité avec laquelle il doit être possible d’accéder aux données, et la vitesse à laquelle celles-ci peuvent ou devraient pouvoir être restaurées.
Il est difficile, pour une entreprise, de parvenir à un juste équilibre entre l’instantanéité des restaurations, garantes d’une rapidité d’accès aux données, et la libération d’espace utile, en particulier pour les établissements qui découvrent le potentiel des modèles de sauvegarde hybrides.

Mise en conformité 

La mise en conformité, et son lot de réglementations (HIPPA, Health Insurance Portability and Accountability Act, ou celles applicables à l’industrie des cartes de paiement, par exemple), ont toujours créé et créeront toujours des difficultés et des obstacles pour l’industrie informatique dans son ensemble, et la sauvegarde ne fait pas exception à la règle. Si la modification des normes de conformité est nécessaire et inévitable, nombre d’entreprises sont mal armées pour suivre le rythme effréné de ces changements, et ne disposent généralement pas de l’infrastructure leur permettant de s’adapter convenablement.

La révolution de la restauration 

Que la perte des données soit imputable à une catastrophe ou à une simple erreur d’utilisation, il nous faut de meilleurs systèmes pour anticiper ces problèmes potentiels et l’inévitable restauration qui s’ensuivra. Parmi les 15 à 25 % de sauvegardes inopérantes, les problèmes à l’origine de ces échecs étaient généralement non décelables avant la réalisation des sauvegardes. Il est temps d’aborder la sauvegarde différemment ― sous l’angle de la continuité.
Le cloud n’est plus simplement un mot d’ordre : il s’agit aujourd’hui d’une composante essentielle de l’informatique, qui ne peut être ignorée. Intégrer le stockage en mode cloud à un logiciel de sauvegarde intelligent, c’est faire en sorte que les données puissent être classées par ordre de priorité et par catégorie, et sauvegardées/récupérées le plus efficacement possible, via des copies en local ou un stockage en mode cloud, selon le cas.
En cas de restauration, les données classées comme ultra-prioritaires dans le cloud sont accessibles quasi-immédiatement, ce qui permet de restaurer très vite les opérations stratégiques. Les fichiers et données de priorité moindre peuvent être récupérés lorsque l’établissement l’estime raisonnable sur le plan financier et opportun. À lui de choisir de les récupérer sur des supports physiques ou de les restaurer dans le cloud.

Remanier les stratégies de sauvegarde 

La rapidité, la sécurité et la fiabilité des sauvegardes sont aujourd’hui stratégiques pour l’entreprise. Les structures, grandes ou petites, devraient constituer en priorité la panoplie d’outils et de support adéquats pour proposer une offre BaaS (Backup-as-a-Service) dans un environnement en mode cloud.
Si le remaniement d’une stratégie d’investissement de sauvegarde peut paraître insurmontable en évaluant les options à leur disposition, les entreprises doivent mettre en balance ce qui suit :
  • Gains d’efficacité – Dans quelle mesure cette stratégie revue et corrigée contribue-t-elle à régler définitivement les utilisations inefficaces des ressources (temps, personnel ou espace de stockage) ?
  • Évolutivité – Quid de la souplesse de la démarche de sauvegarde et de restauration ? Propose-t-elle différentes vitesses de restauration, un stockage différencié et des priorités hiérarchisées ? Prend-elle en compte l’afflux croissant des données en provenance de sources variées ?
  • Efficacité des sauvegardes – Évaluez les taux de réussite de la solution dans son ensemble et la stratégie au vu des sauvegardes et des restaurations.
  • Aisance d’administration et de mises à niveau – À moins qu’une équipe soit armée pour administrer et mettre efficacement à niveau une solution de sauvegarde, les perspectives de plus-value sont dérisoires. Des outils doivent être intégrés facilement aux programmes existants et fonctionner parfaitement avec les composants virtuels et locaux. Appréciez la simplicité d’emploi et la gestion permanente de la stratégie.
Approche de plus en plus séduisante en matière de sauvegarde et de restauration, l’approche « hybride » ou D2D2C (disque à disque à cloud) utilise, à la fois et de manière fluide, des mécanismes de stockage en mode cloud et sur site de manière à offrir une stratégie de sauvegarde et de restauration fiable à long terme. Elle procure des capacités de sauvegarde et de restauration complètes et intégrées, sans qu’il soit nécessaire d’acquérir et d’administrer une infrastructure physique de second niveau.

Avec l’éventail de logiciels adaptés, D2D2C permet aux utilisateurs de sauvegarder les données sur un disque en local ainsi que dans le cloud. Les données peuvent être stockées sur un NAS et être aisément accessibles en local. Lorsqu’une restauration est nécessaire, cette approche évoluée peut permettre aux entreprises de définir le meilleur endroit, en local ou à distance, pour restaurer les données.
Des stratégies innovantes bouleversent le statut quo et révolutionnent la manière dont les entreprises analysent la protection des données. Si la mécanique de sauvegarde est en panne, les nouveaux modèles qui intègrent la sauvegarde et la restauration dans une approche d’ensemble, à la fois locale et virtuelle, constituent des solutions riches de promesses.

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