DevOps : évolution ou révolution ?

Pour accompagner leur transformation numérique, nombreuses sont les entreprises qui lancent des initiatives DevOps. Tendance forte de cette année, DevOps se définit comme l’absence de cloisonnement entre les équipes développement et opérations.

Dans un contexte économique concurrentiel, les entreprises font face à une énorme pression pour mener à bien leur transformation digitale. Cloud, Mobilité, Réseaux Sociaux et Big Data, autant de nouvelles technologies auxquelles elles sont confrontées. De plus, avec l’émergence des « unicornes » et autres start-up, elles se doivent d’être agiles et efficaces pour répondre aux attentes des clients.

Pour accompagner leur transformation numérique, nombreuses sont donc les entreprises qui lancent des initiatives DevOps. Tendance forte de cette année, DevOps se définit comme l’absence de cloisonnement entre les équipes développement (Dev) et opérations (Ops), afin qu’elles puissent travailler de manière plus fluide et agile. Le tout pour accélérer la livraison de nouveaux services digitaux et améliorer la compétitivité sur des marchés en mutation.

Depuis un peu plus d’un an, DevOps est sur les lèvres de nombreux chefs d’entreprise et de DSI. Pour preuve, selon Gartner, près de 25% des 2.000 plus grandes entreprises mondiales sont en train d’adopter massivement DevOps. En France, selon IDC, près de 38% des entreprises auraient déployé des initiatives DevOps. Selon Gartner, le marché des outillages autour de DevOps passerait de 1,9 milliards de dollars en 2014 à 2,3 milliards de dollars cette année.

Pour autant, si l’adoption de DevOps semble acquise et maîtrisée sur des projets limités, sa généralisation dans l’optique de « l’entreprise agile » reste encore un véritable challenge pour la plupart des organisations.

L’agilité ne se décrète pas, elle s’installe

Si on recherche ‘DevOps’ sur Google, on obtient pléthore d’articles, de présentations, de témoignages, blogs et infographies sur le sujet. A croire que le monde entier est devenu subitement agile et que les entreprises ont résolu tous leurs problèmes en unifiant Développement et Production.

Dans les faits, c’est souvent l’actualité qui rappelle à la dure réalité du terrain. Quelques exemples récents en témoignent. En avril 2015, l’activité de Starbucks est impactée par un problème lors d’une mise à jour logicielle des terminaux de paiements. En juillet de la même année, le système de réservation d’United Airlines est bloqué à la suite d’un problème d’intégration entre différentes versions.

Ces mésaventures, et il en existe de nombreuses autres, illustrent que l’augmentation de la fréquence des mises à jour applicatives n’est pas sans risque. Néanmoins le contexte économique hyper concurrentiel impose des cadences de changement de plus en plus élevées. Il est donc indispensable pour les entreprises de définir un cadre propice à l’émergence d’une agilité à moindre risque, ce qui implique une remise en question des méthodologies, des outillages et des comportements.

L’orchestration comme point de départ

L’automatisation est une des clés de la réussite pour DevOps. Une étude d’IDC indique d’ailleurs qu’en 2015, parmi les entreprises ayant lancé une initiative DevOps, 48% se sont équipées de solutions d’automatisation. D’ici 2016, elles seront 58% à disposer de tels outils.

Pourtant il reste encore tant à faire, notamment dans l’orchestration de la chaine de livraison des applications. Si la plupart des équipes sont aujourd’hui plus productives grâce à des outillages spécifiques, l’automatisation reste compartimentée dans chaque domaine (développement, intégration, test, production). Cette approche s’appuyant sur des « ilots d’automatisation » empêche une livraison fluide et continue des applications depuis le développement jusqu’à la production.

Ce n’est donc pas le manque d’outillages, mais plutôt l’absence d’automatisation de bout-en-bout, qui peut mettre en péril les initiatives DevOps. Un tel manque de coordination est propice aux erreurs humaines, goulets d’étranglement, retards divers et ne se prête pas au type d’approche « industrialisée » prônée par DevOps.

L’accompagnement du changement

DevOps c’est également un nouvel état d’esprit. Aussi, il est normal de constater des freins organisationnels et culturels. Comme pour toute évolution profonde, l’installation de DevOps nécessite un plan d’accompagnement du changement.

Cette transformation n’est pas évidente. Un décalage subsiste entre les équipes de développement et les équipes d’exploitation, illustré par la différence entre la culture agile et la boucle d’amélioration continue prônée par ITIL.

DevOps est une philosophie basée sur le partage, la collaboration, la mesure et l’automatisation. Adopter la culture DevOps impose une transition coordonnée. La technologie, l’organisation et l’environnement de travail constituent un contexte dans lequel DevOps devra s’intégrer en évitant de perturber les services existants et les applications en place.

La majorité des sociétés engagées dans une initiative DevOps ont vraisemblablement appréhendé l’ampleur du changement, car selon IDC 80% revendiquent l’implication de la direction générale comme facteur clé pour assurer le succès du projet.

Une transformation numérique réussie passe par là… et c’est donc plus une évolution qu’une révolution qui se profile.

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