Patrick Bertrand (Cegid) "Le SaaS est une tendance de fond, pas un big-bang"

JDN Solutions. Quel bilan tirez-vous de la création cette année de votre entité dédiée au SaaS ?

Patrick Bertrand. Notre filiale SaaS est aujourd'hui mature, sachant que nous avons bénéficié de notre expérience acquise dans l'hébergé via le rachat de CCMX il y a plusieurs années de cela. Aujourd'hui, 10 000 clients utilisent le SaaS sur un total de 80 000 références. De même, nous tirons aujourd'hui entre 10 et 15% de nos revenus du SaaS, sur un total de 130 millions d'euros composant l'activité vente de licences. Notre filiale dédiée au SaaS, Cegid Business Interactive, apparaît clairement comme un booster pour notre activité.

Comment avez-vous négocié le virage vers le SaaS ?

D'un point de vue technique, il a fallu adapter nos démarches de programmation ainsi que nos développements car les applications SaaS ne sont pas du tout écrites de la même façon que les applications traditionnelles.

"Les temps changent car les grands comptes autrefois frileux se mettent aussi au SaaS"

Avec ces dernières, les développeurs pouvaient se permettre d'avoir des lignes de codes très complexes, ce qui n'est pas le cas avec le SaaS, où le nombre de lignes de codes doit impérativement être optimisé.

Le SaaS nécessite également un positionnement tarifaire et marketing particuliers et aussi une formation appropriée des commerciaux car les actes de ventes SaaS diffèrent du tout au tout avec les applications traditionnelles.

Le SaaS séduit-il en masse les entreprises ?

Les temps changent car les grands comptes autrefois frileux se mettent aussi au SaaS. Nous venons d'ailleurs de signer un grand compte du Cac 40 pour la mise en place d'une solution de reporting en mode SaaS. Cela étant, le SaaS est une tendance de fond, pas un big-bang. Mais les entreprises commencent à percevoir qu'un investissement qui se transforme en charge pour préserver le cash flow est un réel atout face à l'acquisition de licences.

Cash flow