Apple veut convertir les professionnels à l'iPhone et aux Mac

L'ouverture de la plate-forme Mac OS X reste lente, mais l'offre matérielle et logicielle s'enrichit. Par le biais de l'iPhone, Apple pourrait bien conquérir une nouvelle clientèle entreprise.

Relancé vers le succès grâce à l'iPod principalement, suivi plus récemment par l'iPhone, Apple essaie désormais de transposer son succès "grand public" vers les professionnels. La preuve avec l'annonce d'une nouvelle version de l'iPhone destinée à combler les lacunes du téléphone face aux besoins de la clientèle entreprise.Dans sa version 2.0, l'iPhone introduira par exemple la synchronisation sans fil du terminal (push-mail), le cryptage du contenu, l'utilisation de liaison privé VPN via IPSec, une configuration centralisée et la possibilité d'effacer les données à distance en cas de vol du terminal.

Par ailleurs, le terminal sera capable, via Microsoft ActiveSync, de se connecter au serveur de messagerie de l'entreprise pour y récupérer contacts, calendriers et courriers électroniques.
Et pour séduire une clientèle acquise aux BlackBerry, ou aux terminaux Windows Mobile, Apple mise sur le design, le caractère multimédia et innovant (écran tactile) de son baladeur. Qui plus est, la clientèle des produits Apple, plutôt CSP+, est justement celle qui prend les décisions en entreprise. Il ne reste donc qu'un pas à franchir pour les faire utiliser des produits Apple autant dans leur foyer qu'en entreprise. Et l'iPhone, bien qu'une étape modeste, pourrait bien inciter les entreprises à tenter plus régulièrement l'aventure Mac.

Car sur le segment grand public, Apple a finalement réussi à transformer certains de ses nouveaux clients acquis grâce à l'iPod en consommateur d'ordinateurs Macintosh.

Résultat, en 2007 le fabricant a réussi à vendre dans le monde plus de 7 millions d'ordinateurs à son nom, contre 3,1 millions d'unités vendues il y a 5 ans, en 2002. Les ventes restent cependant loin du succès de l'iPod, vendus en 2007 à 51,6 millions d'exemplaires.
Cependant, les produits Macintosh restent pour le moment majoritaires en termes de chiffre d'affaires. Au 4e trimestre de son exercice 2007, Apple réalise 46% de son chiffre d'affaires avec l'iPod et l'iPhone cumulé. Le reste provenant de la vente d'ordinateurs fixes, mobiles, de serveurs, de systèmes de stockage ou de logiciels. D'ailleurs, c'est le créneau des ordinateurs qui tire désormais la croissance d'Apple.

La vente de Macintosh tire la croissance, devant celles des iPod

Lors de son dernier exercice fiscal, la firme dirigée par Steve Jobs a réalisé une croissance en volume de 53% (59% en valeur) pour son segment PC, contre une hausse de 17% en valeur du segment iPod (+5% en volume). Les deux autres segments qui ont connu la croissance la plus rapide sont issus des services (vente de musique en ligne : +33%) et la vente de logiciels (+36%).
Son offre entreprise est d'ailleurs aujourd'hui relativement complète. Coté matériel, Apple couvre les besoins en postes de travail fixes (iMac), stations de travail (Mac Pro), PC portables (MacBook Pro) et ultraportables (MacBook Air). De même coté serveur, puisque l'offre du constructeur s'étend aux produits Xserve (serveur rack) et aux baies de disques RAID. Plutôt pour les particuliers ou les PME, Apple propose également une borne WiFi (AirPort Express).

Une offre logicielle riche, mais trop dépendante d'Apple

Mais c'est surtout dans l'offre logicielle que des progrès restent à faire. Pourtant, Mac OS X Server offre déjà de nombreuses fonctionnalités. Tout d'abord, iCal Server, serveur de calendrier qui autorise le partage de calendrier, la planification de réunions et d'évènements à l'instar d'une plate-forme comme Microsoft Exchange. On retrouve également des fonctions d'annuaire, pour configurer des droits d'accès, des équipements partagés ou des informations partagées.
Cette offre est complétée par un module de recherche, baptisé Spotlight Server, un serveur de flux RSS et Wiki, un outil de gestion et de configuration des réseaux privés VPN, et une solution de création de site Web. Mac OS X Server inclut pour cela le moteur Apache, renforcé par quelques mesures de sécurité comme un cryptage 128 bits et l'authentification par le biais d'infrastructures à clés publiques avec certificats numériques.
Enfin, Mac OS X Server peut faire office de serveur de courrier, dispose de fonctions d'administration de SAN, et de prise de contrôle de PC à distance. Des outils d'automatisation de la production qui font office de passage obligé dans les entreprises de taille moyenne et grande.

Safari 3 va-t-il ouvrir le chemin vers davantage d'interopérabilité ?

Avec son savoir-faire en logiciels de création (graphique avec Aperture), vidéo (Shake, Final Cut Studio ou QuickTime Pro) et son (Logic Studio), Apple dispose même d'un certain avantage. Avantage qu'il complète par sa suite bureautique iWork (tableur, traitement de texte et outil de présentation). Mais bien qu'intégrant de suites bureautiques concurrentes telles Adobe Creative Suite, Office Suite ou Macromedia Studio, la plate-forme Mac est encore loin de la richesse applicative de Windows.
Alors Apple pourra-t-il transformer sa clientèle entreprise gagnée par l'iPhone en résultats concrets sur ces ventes de Mac en entreprise ? Pas, a priori, en l'état actuel de l'offre. Il faudra d'abord qu'Apple s'ouvre davantage et attire les développeurs indépendants et les éditeurs tiers. Ce que l'éditeur semble vouloir comprendre peu à peu. Il a ainsi ouvert les spécifications de son iPhone et vient de porter Safari sur Windows.

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