Les start-up françaises, des compétences qui s’exportent à l’international

La France, un pays d’entrepreneurs ? C’est en tout cas l’un des axes de communication du gouvernement qui, depuis quelques mois, met à l’honneur les start-up et les entrepreneurs pour leur contribution à la croissance et au dynamisme économique de notre pays.

Des initiatives telles que la FrenchTech ou encore le lancement du chantier de la Halle Freyssinet illustrent bien cette image de vivier de création, d’innovation et d’émulation que souhaite véhiculer la France.
Il est clair qu’au-delà de ces projets, il existe un réel socle entrepreneurial en France, base de notre tissu économique. De nombreuses entreprises ont d’ailleurs su se développer et s’imposer parmi les principaux acteurs de leur secteur à travers le monde. On peut penser au succès de Criteo, référence qui fait rêver nombre de jeunes startuppers. C’est un des nombreux exemples qui représente aujourd’hui le succès à la française, et rappelle à tous que nos savoir-faire et nos expertises peuvent s’exporter.
De même, la récente inauguration d’un incubateur de start-up françaises par François Hollande dans la Silicon Valley montre bien l’attrait de la French Touch à l’étranger. Les compétences et les expertises de nos ingénieurs sont reconnues à l’international et la France a su percer dans bien des domaines.

Le High Tech Made in France a indéniablement une carte à jouer à l’étranger, d’autant plus qu’il est impensable aujourd’hui dans de nombreux secteurs de se limiter au marché national. Nos compétences et notre savoir-faire sont reconnus et des marchés nous ouvrent leur porte. Les Etats-Unis, le Brésil, la Chine, peuvent constituer de réels Eldorados pour de jeunes start-up et un bon stimulus pour innover.
Il s’agit là d’atouts non négligeables pour une jeune entreprise en quête de croissance et de développements à l’étranger. Se limiter à la France n’est plus une option, mais une implantation doit s’accompagner d’une réelle stratégie de développement pour s’assurer que la croissance recherchée soit au rendez-vous. Se pose alors la question de la stratégie à suivre pour s’installer sur d’autres marchés et partir à leur conquête.
La première chose, à mon sens, est de considérer dès les prémices de son business plan que le terrain de jeu ne peut se limiter au marché français et doit cibler le monde dans son ensemble. Dans un contexte de globalisation, il est essentiel d’adopter une posture d’ouverture et de définir une stratégie qui vous permette de partir à l’international dès que l’opportunité se présente.

Apprivoiser le pays convoité

L’approche peut se faire de différentes manières, mais il apparaît essentiel, pour faire connaissance avec la réalité du marché, de participer aux événements et salons locaux, notamment ceux destinés aux start-up. Cela permet par ailleurs de développer un premier réseau sur place et de se confronter directement à la concurrence. Aux États-Unis par exemple, des événements tels que TechCrunch Disrupt ou South by Southwest sont de véritables « must attend » pour toute start-up ayant des ambitions sur ce marché. Ils permettent également d’affirmer sa volonté de s’implanter dans ce pays.
Accompagner ses clients français à l’international peut être une bonne alternative à la prospection sur place et permet d’apprivoiser la réalité du marché avant de l’attaquer plus frontalement.
L’objectif : acquérir un maximum de clients pour bien comprendre leurs attentes, prendre en compte les spécificités locales et mesurer les risques. La connaissance du marché ainsi acquise sera une base solide pour initier ses activités dans de bonnes conditions. Cela peut paraître compliqué depuis la France, et exiger de nombreux déplacements. Mais l’investissement ainsi réalisé permet de générer rapidement un chiffre d’affaires, et ce avant même d’être présent physiquement sur place. Ainsi, le développement des activités rendra naturelle l’implantation. Une fois créée, l’entité locale n’aura plus qu’à développer l’existant, ce qui devrait se faire plus rapidement et pour un investissement moindre que si l’implantation physique était réalisée immédiatement.

Le lieu d’implantation : un choix déterminant

Se pose ensuite une autre question, celle du lieu d’implantation. Si l’on prend l’exemple des Etats-Unis : San Francisco ? New York ? Chicago ? San Francisco et la Silicon Valley peuvent paraître le lieu idéal, surtout pour une start-up spécialisée dans les nouvelles technologies. Mais cet a priori
n’est pas forcément le bon pour d’autres secteurs ou expertises. A chaque activité son Eldorado. Pour Mailjet, cet Eldorado n’était pas à San Francisco, mais à New York, qui a su se faire une place dans l’univers des start-up grâce à des initiatives comme la Silicon Alley. Dotée d’une forte dynamique digitale, New York offre par ailleurs de nombreux profils et savoir-faire dans le domaine du marketing, ce qui nous intéresse au plus haut point. New York représentait ainsi le lieu de prédilection pour pouvoir exister sur le marché du marketing et de la relation clients. Nous avons pu en effet bénéficier à la fois du bon environnement, de la bonne atmosphère et de la bonne énergie pour évoluer. Il s’agit d’un facteur clé qu’il ne faut pas omettre. Et atout non négligeable, l’accès à un vivier de talents locaux.

Accompagner le recrutement sur place

Recruter sur place est essentiel pour bénéficier plus rapidement de la connaissance et de la maîtrise du marché. Une équipe locale ouvrira les codes, les règles et le plus important, le réseau pour se développer. Toutefois, il faut veiller à travers le recrutement à transmettre à l’équipe locale l’identité de la marque, à partager l’ADN et les valeurs qui font les atouts même et la spécificité de son entreprise. D’où l’importance de recruter sur place des profils spécifiques et d’accompagner leur intégration. L’expatriation temporaire d’un membre dirigeant de la start-up peut représenter un atout pour un démarrage maîtrisé et accompagner ce transfert de culture. Ainsi, les nouvelles recrues sauront devenir les ambassadeurs de la marque, développer le portefeuille clients et décrypter les tendances technologiques qui viendront enrichir l’offre de services ou de solutions.
La sagesse serait donc le mot d’ordre pour partir à l’international : faire les choses dans l’ordre et prendre le temps nécessaire pour définir une stratégie adaptée au marché. Il est ainsi possible de construire une équipe à la fois performante et pertinente pour mettre toutes les chances de son côté ! Le chemin est souvent semé d’embuches, mais si le marché est réceptif aux produits et solutions proposés, la marque prendra rapidement une autre dimension, passant de start-up française à acteur international. L'entrepreneuriat n’est pas sans risque, mais la passion qui nous anime, l’envie de faire connaître nos idées par delà les frontières, représentent nos plus grandes forces pour mener à bien nos projets Made in France !

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