Le Français PIQ veut devenir le spécialiste mondial du sport connecté

La start-up qui analyse les mouvements des sportifs a annoncé une levée de 5,5 millions de dollars en mai. Son but : apporter aux amateurs une multitude de statistiques sur leur jeu et leur permettre de s'améliorer.

Nombreux sont les acteurs qui commercialisent des capteurs d'activité qui mesurent le pouls, le nombre de pas ou le rythme cardiaque. Mais ceux qui s'attaquent, comme PIQ, aux capteurs de sports, sont beaucoup plus rares. "Il y a un monde entre un capteur d'activité et de sport, explique Cédric Mangaud, CEO de PIQ." Le capteur de sport doit mesurer le mouvement de son utilisateur pour évaluer l'évolution de ses performances. "Nous surveillons 13 mesures différentes, contre trois au maximum pour les capteurs d'activité. La fréquence de mesure est aussi cinq à dix fois plus rapide. Et nous avons besoin d'un processeur dix à 100 fois plus puissant pour calculer toutes ces données."

Capteur multisports. © PIQ

PIQ est un capteur multisport qui devra pouvoir s'adapter, à terme, à 24 sports différents grâce à l'ajout d'accessoires. A chaque fois, la société française travaillera en lien avec une marque de référence en la matière. Pour son premier produit, visant les golfeurs, PIQ s'est ainsi associé au spécialiste des applications de golf Mobitee. "Ils nous apportent leur expertise et leurs cartographies des parcours de golf. Nous apportons le hardware et notre expertise sur les capteurs."

PIQ permet aux marques de se positionner sur les objets connectés

La start-up commercialise ainsi un pack comprenant le fameux capteur (qui pourra être réadapté à d'autres sports) ainsi que 18 accessoires à accrocher aux clubs de golf et un autre à ajouter sur son gant. Toutes les données recueillies sont analysées et restituées sur l'application de la start-up. 100% de la marge du capteur, commercialisé à 149 euros, revient à PIQ. La société partage une partie des revenus sur les accessoires. Dans le cas du golf, ils coûtent 120 euros –faute au nombre de clubs- mais pourront revenir à une vingtaine d'euros pour d'autres pratiques.

Peu de marge, donc, pour la marque qui s'associe à PIQ. "Il ne faut pas que les marques s'attendent à faire beaucoup de bénéfices avec nous. Ces partenariats sont avant tout pour eux un très bon moyen de se positionner sur le marché des objets connectés sans avoir à dépenser une fortune pour développer un produit en interne. C'est une belle opération marketing."

Le premier produit de PIQ mesure les mouvements du golfeur et le analyse le parcours. © PIQ

Le produit destiné au golf, qui permet par exemple de donner la distance au trou ou d'analyser le swing en 3D avec la vitesse du club, sera livré aux clients qui l'ont précommandé en septembre, puis sera disponible dans 1 000 magasins de golf en France, Angleterre, Allemagne, Suisse, Belgique, US puis Japon et Corée. Trois nouveaux accessoires dédiés à d'autres sports seront annoncés la fin de l'année.

A terme, s'attaquer à d'autres verticales : maison, sécurité...

Cédric Mangaud, cofondateur et CEO. © PIQ

Cédric Mangaud, cofondateur, n'en est pas à son coup d'essai. Il a déjà monté plusieurs entreprises dans le mobile et la dernière en date, Abaxia, comptait 70 employés quand elle a été revendue à HTC. PIQ est en fait la verticale dédiée au sport d'un logiciel développé en Suisse, avec l'école polytechnique de Lausanne, qui permet de gérer et d'analyser les capteurs précisément et en temps réel, baptisé Octonion. "A terme, nous voulons créer d'autres verticales dédiées à la maison, à la santé, la sécurité…" explique le CEO.

PIQ emploie déjà 40 collaborateurs et a levé 5,5 millions de dollars (4,9 millions d'euros) en série A en mai dernier auprès du taïwanais Foxconn, qui fabrique les capteurs, de Ginko Ventures, de l'opérateur Swisscom et du français Robolution Capital. De quoi lancer les premiers sports et évaluer la demande, avant d'évaluer l'opportunité d'une série B…  

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