Dossier Start-up : comment rémunérer ses employés ?

Difficile pour les start-up de se fendre de salaires mirobolants pour attirer la crème des développeurs. Comment, avec des capacités moindres de financement, intéresser ses salariés ? Vers quels profils se tourner ?

Pour Nicolas Mendiharat, serial-entrepreneur et CEO de l'application de bons plans personnalisés Recommend, "avant la première levée de fonds, il ne faut pas embaucher. Ce n'est pas la bonne stratégie quand on dispose de 50 ou 100 000 euros en love money". Il concède, "à la limite", que la start-up puisse embaucher un unique salarié, "dans certains cas". Lui-même a lancé seul Recommend. Il a bien deux cofondateurs, mais il est le seul à avoir été opérationnel à plein temps, jusqu'à la première levée de fonds. Pour l'aider, il a alors fait appel à des prestataires de services et des freelances. Leslie Sawicka, CEO de Parole de Mamans, a suivi une stratégie de développement similaire en recrutant des stagiaires et contrats professionnelles, qu'elle a embauché par la suite. "J'ai commencé avec 30 euros pour financer mon wifi !", se souvient-elle.

Profils juniors et stagiaires

Mais d'autres ont quant à eux fait le choix d'embaucher avant même d'avoir bouclé un premier tour de table pour se financer. Les trois cofondateurs de Bunkr, jeune pousse qui propose un outil de présentation concurrent au Powerpoint, ont ainsi rapidement fait le choix de chercher un développeur. "Nous recherchions un profil junior, puisque nous n'avions pas les moyens pour un profil senior et expérimenté, raconte Edouard Petit, CMO. Nous l'avons rémunéré grâce un prêt d'honneur, des fonds régionaux et l'apport des associés." Bunkr recrute alors également des stagiaires, "pour nous aider à monter en charge". La start-up enregistre par ailleurs rapidement un chiffre d'affaires, dès son lancement en 2013, grâce à une version payante de son powerpoint-killer.

"30 à 50% de moins que le prix du marché"

Quid du salaire ? Si Bunkr avait choisi de rémunérer son premier employé "au prix du marché", de nombreuses start-up ne peuvent se permettre de débourser autant qu'une entreprise traditionnelle pour ses employés, d'autant plus avant la première levée de fonds. Benoît Bazzocchi, fondateur de la plateforme de financement participatif en equity SmartAngels,  a embauché trois employés –développeurs et chargé du business development et du marketing- avant sa première levée de fonds. "Tout l'argent était alors dédié au développement, explique-t-il. Les salariés, dénichés grâce à mon réseau professionnel ou amical, ont tous accepté d'être payés de manière très inférieure au prix du marché : entre 30 et 50% selon le profil, l'expérience et le poste." Leur profil : jeunes, récemment sortis d'école.

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