Sébastien Zecchini (Valiuz) "Sur l'alimentaire, Valiuz gagne 24% de nouveaux annonceurs et 90% de budgets médias investis"

Moins de six mois après l'annonce de la fusion des activités retail media de Valiuz et du Groupement les Mousquetaires, Sébastien Zecchini, CEO de Valiuz, dresse un premier bilan plus qu'honorable et déroule sa feuille de route.

JDN. La fusion des activités retail media de Valiuz et du Groupement les Mousquetaires est désormais effective et vous livrez un premier bilan de ce rapprochement dans l’alimentaire. Quel est-il ?

Sébastien Zecchini, CEO de Valiuz. © Valiuz

Sébastien Zecchini. En regardant notre période de pré-ventes pour 2026, l’automne dernier, et en la comparant avec le même périmètre et la même période de l’année précédente, nous constatons une croissance de 24% de nouveaux annonceurs et une hausse des budgets médias investis de 90%. Le périmètre de ce tout premier bilan est l’alimentaire, soit les inventaires d’Auchan, d’Intermarché et de Chronodrive, en onsite puis en extension d’audience sur la base des encartés de ces trois enseignes alimentaires.

Dans ces 24% vous incluez les annonceurs qui pouvaient être déjà en rapport avec une enseigne et qui à la suite de l’alliance Valiuz et Infinity Advertising ont également investi dans une nouvelle enseigne membre…

Oui tout à fait, ce qui vient démontrer l’impact vertueux de cette fusion : ces enseignes, nos mandantes, qui restent pourtant concurrentes, gagnent de nouveaux annonceurs grâce à leur synergie. C’est bien la preuve que notre pari fonctionne : cette fusion crée des bénéfices collatéraux collectifs ! Il y a également le cas de figure d’annonceurs qui n’investissaient pas du tout en retail media chez ces enseignes et qui se sont sentis beaucoup plus motivés pour le faire grâce au volume que notre nouvelle offre intégrée leur procure. C’est simple : Valiuz commercialise désormais des inventaires publicitaires dans l’alimentaire en France qui représentent une part de marché de 26%. Le tout avec un seul accès.

Nous proposons aux annonceurs une offre regroupée : nous nous chargeons de répartir leur budget sur les différentes enseignes en tenant compte de l’exposition média procurée par chacune de façon à générer le meilleur impact pour la marque. Bien entendu, l’annonceur peut aussi choisir d’investir une enveloppe complémentaire chez l’une ou l’autre enseigne en fonction de ses propres spécificités (zone de chalandise, affinité de marque, etc.) et grâce à l’analyse que notre data lui procure. Une petite partie de nos commandes a été de ce deuxième type.

Comment expliquez-vous cette hausse de budgets de 90% ?

La fusion des activités retail media de Valiuz et du Groupement les Mousquetaires joue un rôle de game changer, notre offre unifiée venant bousculer le marché, ce qui est forcément de nature à attirer les marques. Outre l’effet de nouveauté qui donne envie de tester, notre offre est devenue beaucoup plus puissante suivant la logique de l’union qui fait la force. S’y ajoute la simplicité du guichet unique donnant accès vers plusieurs enseignes avec un accompagnement humain très qualitatif, ce qui est fortement apprécié par les marques et les agences.

La mesure aussi pèse dans leur décision vu que nous leur proposons une analyse unifiée de leurs activations. Enfin, la motivation de nos 80 commerciaux, surexcités par le challenge de lancer cette nouvelle offre sur le marché et d’aller chercher les budgets, y est pour beaucoup également. Des équipes qui, n’oublions pas, étaient des concurrentes avant, et qui se sont rencontrées pour la première fois durant l’été. Il nous a fallu d’abord nous connaître et harmoniser nos méthodes. Ce travail collectif a mis beaucoup d’énergie dans nos équipes.

Sur l’alimentaire toujours, quels sont vos objectifs pour l’année ?

A périmètre constant, nous projetons une année 2026 à +25% comparé à 2025. Le budget des marques n’est pas extensible et le contexte macro est plutôt contraint. Quant au nombre d’annonceurs, nous souhaitons le multiplier par deux, grâce notamment à un travail encore plus granulaire sur le local auprès de plus petites entreprises, dans une logique d’omnicanalité.

Quelles perspectives cela augure pour l’autre secteur commun aux deux groupes (AFM et GLM), à savoir le bricolage ?

Notez qu’au total, toutes enseignes confondues, l’objectif global de Valiuz est de doubler le volume de budgets médias traités cette année comparé à 2025. Concernant le bricolage, nous attaquons la troisième année avec Leroy Merlin, désormais sur cinq pays, et nous avons également l’ambition de démarrer prochainement Bricomarché en France et sur d’autres pays.

Dans votre feuille de route, quelle est la prochaine étape ?

Ma priorité cette année est l’accompagnement de nos équipes, Valiuz étant en train de consolider en une seule entité quatre entreprises jusqu’il y a un an distinctes – Valiuz, Adeo Retail Media, Imediacenter et Infinity Advertising.  Nous entendons également accélérer sur l’omnicanalité et l’international, y compris sur de nouvelles enseignes. Enfin, l’intelligence artificielle et plus précisément l’agentique est un objectif central : nous serons proactifs et comptons bien tester des solutions en retail et en publicité.