Stelleo veut permettre aux annonceurs d'optimiser leurs performances chez les Gafam grâce aux agents IA
Stelleo, nouvelle plateforme adtech buy-side née en France avec la spécificité d’être avant tout agentique, veut permettre aux annonceurs d’obtenir des gains de performances de l’ordre de 20 à 30% chez les Gafam. Comment ? En agissant en copilote sur le compte de l’annonceur chez ces plateformes. "Les agents de Stelleo récupèrent toutes les data qui sont présentes sur les comptes Google Ads ou Meta Ads des annonceurs, des données pourtant souvent difficilement actionnables", explique Alban Peltier, CEO d’Antvoice, cofondateur de Stelleo avec Rodolphe Mirilovic, CTO d’Antvoice et Ludovic Vannier, VP sales.
Les consoles des Gafam trient l’information qui remonte. Or, en matière de pub, le diable se cache dans le détail. "La plupart des annonceurs et de nombreuses agences ne disposent pas des ressources humaines expertes suffisantes pour systématiquement creuser dans ces environnements opaques." Et c’est là la valeur de l’équipe d’agents IA de Stelleo, qui passent tout au crible, assure l'entreprise : performances par device, heure, jour, créa, cible, stratégie, etc.
C’est comme ça que, pour un annonceur du secteur du voyage, l’outil a permis de constater que 23% du budget média dédié à Meta était mal investi, la plateforme ayant pris la décision de doubler la part du retargeting pour zéro retour supplémentaire sans même que l’annonceur n’en ait été averti. Autre exemple : pour une entreprise de livraison de repas visant des seniors, 80% du budget de la campagne était déployé sur la cible qui performait le moins bien, celle des personnes âgées de plus de 65 ans justement, au lieu de viser majoritairement les cibles plus jeunes, les aidants, présentant un ROI trois fois supérieur. Enfin pour une autre campagne prise à la volée au moment de notre interview, l’outil a permis, en quelques secondes, de détecter le moyen de doubler les performances simplement en mettant en évidence toutes les activations sur des cibles et des géographies spécifiques donnant un faible retour qu’il était grand temps de couper ! "Cette analyse aurait exigé facilement quelques heures d’un expert pour le même résultat", assure Alban Peltier.
"Nous pouvons optimiser les budgets des annonceurs de 20 à 30%, c’est du moins l’objectif que nous nous fixons et ce que nous observons sur les tests pour le moment", poursuit-il. Stelleo revendique plus de 10 millions d'euros d’investissements médias en cours d’analyse tests, issus d’une dizaine d’annonceurs du retail, du travel et des services. De quoi lui permettre de démontrer qu’en pénétrant les entrailles des Gafam avec pour seul but de répondre aux objectifs des annonceurs, ces IA agissent vraiment dans l’intérêt de ces derniers.
Mais pour aboutir à ce résultat, il a fallu que les équipes de Stelleo injectent beaucoup d’intelligence métier et toute une couche algorithmique afin de rendre les LLM pointus sur le sujet. Les agents analysent, recommandent et exécutent des optimisations, sous supervision et validation humaines. Avec un détail important : l’annonceur interagit en posant des questions aux agents en temps réel.
La plateforme est fonctionnelle sur Google Ads et Meta Ads, et agit aussi sur l’open web programmatique. A terme, le plan est d’intégrer également Amazon, TikTok et la CTV. Une bêta privée est ouverte depuis jeudi 11 juin sur invitation. La bêta ouverte sera disponible à compter d’octobre.
Côté modèle économique, le pari est clairement industriel : l’adtech va cibler le volume en proposant un tarif ultra concurrentiel fait d’un abonnement de 399 euros par mois et 3% du budget de campagne à optimiser. De quoi brasser large, en intégrant des grands annonceurs aux TPE, des grandes agences aux petites structures. Stelleo sera soutenue par une petite levée d’amorçage en cours de bouclage et se fixe le cap de 1 000 clients d’ici fin 2027 avec l’ambition d’être rentable dès le début.
Un pari fort qui sera validé en très peu de temps et qui servira peut-être à ces entrepreneurs d’assurer la relève, sur le long terme, de leur activité originelle dans un monde de la publicité digitale où l’open web fait de moins en moins recette. Une perspective que tout professionnel aguerri de l’adtech serait fou de ne pas considérer même si Antvoice va bien et même très bien d’après notre interlocuteur : rentable depuis quatre ans, elle a fait 10% de croissance au premier semestre comparé à la même période de 2025.