Fermeture de bureau, changement de CEO, départs de managers… Utiq entame une phase de restructuration
En seulement 15 jours, des mouvements importants s’observent chez Utiq, au point de soulever auprès des analystes des interrogations sur la santé de l’entreprise et surtout la motivation de ses actionnaires. Le 2 juin, la coentreprise créée par Deutsche Telekom, Orange, Telefónica et Vodafone pour proposer un identifiant publicitaire déterministe et privacy first a fermé son bureau basé en Espagne, devant servir à la prospection commercial en Europe du Sud et ouvert il y a trois ans. L’information, confirmée par le CEO de l'entreprise Marc Bresseel au média BtoB espagnol Anuncios, a été motivée par le souhait de "centraliser certaines fonctions opérationnelles à l'échelle mondiale dans le cadre de nos efforts continus pour optimiser l’efficacité et rationaliser nos opérations" et pour "réaliser des économies plus importantes".
Le 9 juin, soit cinq jours après la publication de cette information, Marc Bresseel annonce son départ de l’entreprise en même temps qu’Utiq communique sur la nomination de Will Harmer, jusque-là chief product officer (CPO), comme nouveau patron de l’entreprise à compter du 1er juillet. Marc Bresseel restera aux manettes jusqu’au 31 octobre pour assurer la transition. Officiellement, le futur ancien patron aurait accompli sa mission consistant à lancer l’entreprise sur des "fondations solides" avant une nouvelle phase de croissance…
Et ce n'est pas fini. Le 16 juin, la directrice générale d’Utiq au Royaume-Uni Sara Vincent indique "quitter" l’entreprise et partage son intention de "prendre le temps de réfléchir à la suite". Deux jours plus tard, le 18 juin, c’est au tour de Sophie Poncin, directrice générale d’Utiq en France, d’annoncer son départ en précisant que "dans le contexte d’une restructuration organisationnelle globale, l’entreprise entame désormais une nouvelle phase de son développement. C’est ainsi que mon mandat de Managing Director prend fin".
Lors de notre dernier entretien, Sophie Poncin reconnaissait que l’adoption d’Utiq sur l’open web n'était pas aussi dynamique qu’espérée, notamment par le buy-side, tout en relativisant l’impact de cette "inertie" sur le développement de l’entreprise. Pourtant, Utiq donne tous les signaux d'une entreprise entamant une profonde phase de restructuration.