Trump annonce un protocole d'accord avec l'Iran avec levée du blocus naval et réouverture du détroit d'Ormuz
Donald Trump a annoncé lundi sur Truth Social que "L'accord avec la République islamique d'Iran est désormais finalisé" et qu'il autorisait "pleinement la réouverture du détroit d'Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain". "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots !" a-t-il ajouté.
Il a qualifié cet accord "d'historique" qui "apportera la paix et la sécurité à toute la région" et a précisé qu'une cérémonie de signature devrait avoir lieu vendredi 19 juin à Genève, en présence du vice-président JD Vance, à laquelle Donald Trump pourrait aussi assister, selon la source principale.
De son côté, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a confirmé à la télévision d'Etat que le texte du protocole d'accord avait été "finalisé" et annoncé "la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban", ainsi que "la levée immédiate du blocus américain".
Médiations et périmètre de la trêve
Le Pakistan et le Qatar ont joué le rôle d'intermédiaire depuis le début du mois d'avril. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a posté sur X que l'accord de paix avait été "CONCLU" : "Les deux parties ont déclaré la cessation immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban."
Le protocole prolonge la trêve en cours de 60 jours, période durant laquelle se dérouleront les négociations sur la question du nucléaire iranien.
Le cessez-le-feu doit s'étendre au Liban. Des frappes israéliennes à Beyrouth quelques heures avant la signature prévue ont failli faire capoter les négociations, poussant l'Iran à menacer de se retirer. Des interventions diplomatiques ont visé à éviter une riposte iranienne et une réplique israélienne, selon la source principale.
Donald Trump a autorisé la réouverture du détroit d'Ormuz. Le protocole vise la reprise du trafic maritime et le retour à la situation qui prévalait avant l'attaque israélo-américaine.
La navigation commerciale pourrait prendre un peu de temps à être entièrement rétablie, notamment en raison des opérations de déminage, précise la source principale. Trump assure que "le pétrole coulera à nouveau des deux côtés pour la région et pour le monde entier", dès la signature de l'accord pour permettre le déminage.
Choc sur le pétrole et les marchés asiatiques
Les cours du pétrole ont immédiatement chuté après l'annonce. Vers 3h00 GMT lundi, le Brent (échéance août) perdait 4,84% à 83,10 dollars et le WTI 5,73% à 80,02 dollars. Les Bourses asiatiques s'envolaient dans des marchés soulagés. "Les marchés ont avant tout retenu une chose : la prime de risque liée à Ormuz est en train d'être réévaluée", avec un bémol sur la fragilité de la déclaration et la dépendance au déminage et à la confiance dans la sécurité maritime, selon l'analyste Stephen Innes de SPI Asset Management. Avant le conflit, environ 140 navires transitaient chaque jour par le détroit, rappelle l'analyste, qui souligne que le retour à la normale dépendra du déminage et de la sécurité maritime.
La trêve de 60 jours servira à négocier un futur accord plus détaillé sur le programme nucléaire iranien. Le texte évoquerait les stocks d'uranium enrichi et la dilution de l'uranium hautement enrichi. Washington envisagerait un allégement des sanctions et le versement des avoirs iraniens gelés en fonction du respect des engagements par l'Iran : la levée des sanctions et l'accès aux fonds dépendront de l'avancée des négociations, selon la source principale.
Revendications politiques et contexte régional
Donald Trump se dit fier d'une "victoire personnelle" et rejette toute comparaison avec le JCPOA de 2015, qu'il qualifie de "voie toute tracée vers l'arme nucléaire". "Mon accord avec l'Iran est exactement le contraire : UN MUR CONTRE L'ARME NUCLEAIRE ! En fait, ils ne veulent plus d'arme nucléaire, et ils n'en auront pas, que ce soit par achat, développement ou toute autre forme d'acquisition…", assure-t-il, démentant qu'un quelconque versement d'argent soit prévu. Il ajoute que "les dirigeants de la région ont, pour la première fois, trouvé un président capable de les aider à instaurer une paix véritable" et affirme que ses relations avec l'Iran sont "bien différentes et bien meilleures que celles qu'ont entretenues les administrations précédentes".