Christine Lagarde reste à la tête de la Banque centrale européenne et réaffirme sa mission de stabilité des prix
Christine Lagarde a déclaré : "J'ai un sens du devoir et je considère que quand il y a un peu de tempête, le capitaine reste à bord. Donc le capitaine du bateau Banque centrale européenne, il est à bord", confirmant qu'elle reste à la tête de la Banque centrale européenne et réaffirmant sa mission de stabilité des prix. Elle a expliqué avoir envisagé en février un départ anticipé parce que "l'inflation était à sa cible de 2% en zone euro", que "le taux directeur" se situait à ce niveau et que "l'euro digital était en bonne voie de législation", ce qui lui donnait "un certain confort" pour une retraite "un tout petit peu anticipée" à 70 ans.
Un revirement lié à la nouvelle tempête économique et géopolitique
Elle a finalement écarté cette option en raison d'une "tempête" économique et géopolitique, déclarant : "Il est de mon devoir d'accomplir la mission, la stabilité des prix, et pour l'instant c'est ce qui guide mon action", et affirmant vouloir "rendre les clés d'une Banque centrale européenne qui aura garanti" cette stabilité. La présidente de la BCE lie ce revirement à la guerre au Moyen-Orient survenue depuis ses réflexions de février, estimant qu'elle a relancé l'inflation et obligé la BCE à remonter ses taux jeudi dernier, après une période où ils étaient stables depuis juillet 2025.
Interrogée sur un éventuel départ avant l'élection présidentielle française, évoqué en février par le Financial Times afin qu'un successeur soit nommé avant une possible arrivée au pouvoir du Rassemblement national en 2027, elle a répondu : "Le capitaine du bateau Banque centrale européenne, il est à bord". En février, un porte-parole de la BCE indiquait que "la présidente est totalement concentrée sur sa mission" et qu'elle "n'a pris aucune décision concernant la fin de son mandat", d'après BFMTV. Dans la presse économique, des scénarios et profils potentiels pour succéder à Christine Lagarde ont été discutés, illustrant l'intérêt des marchés et des observateurs pour le calendrier et la gouvernance monétaire européenne, selon BFMTV.
Christine Lagarde prévient qu'elle "s'exprimerait" si elle constatait que "l'ancrage de la France au sein de l'Union européenne" était menacé par des incompréhensions ou des velléités de séparatisme, tout en affirmant : "De là à dire que je suis candidate à quoi que ce soit, certainement pas". Elle a ajouté, sans nommer de parti, que "quand on fait partie d'un club aussi fondamental que l'Europe, on en respecte les règles, on n'arrive pas en disant "je renverse la table, je change tout"".
Repères personnels et institutionnels
Née le 1er janvier 1956 à Paris, Christine Lagarde est titulaire d'une maîtrise de droit commercial et d'un DESS de droit commercial et de droit du travail (Université Paris X), d'une maîtrise d'économie et finance (Sciences Po Aix-en-Provence) et d'une maîtrise de littérature américaine (école d'art d'Avignon). Elle est présidente de la Banque centrale européenne, présidente du Comité européen du risque systémique, membre du conseil d'administration de la Banque des règlements internationaux, membre du G7 et du G20. Ancienne directrice générale du Fonds monétaire international et ministre de l'Economie et des Finances de la France, elle a assuré la présidence française de l'Union européenne au second semestre 2008 et la présidence du G20 en 2011.