Budget 2027 : le RN censurera "très probablement" en cas de 49.3, prévient Laurent Jacobelli

Budget 2027 : le RN censurera "très probablement" en cas de 49.3, prévient Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli a annoncé qu'il déposerait "très probablement" une motion de censure si le gouvernement recourt au 49.3 pour faire adopter le budget 2027 sans débat.

Intervenant dans l'émission Les 4 Vérités sur France 2 mercredi 17 juin, Laurent Jacobelli a répondu "Très probablement" à la question "Vous censurerez s'il y a 49.3 ?". Le député RN de la Moselle, porte-parole du parti, a qualifié l'exécutif de "gouvernement en fin de vie" et anticipé l'absence de débat parlementaire sur le budget 2027.

Rappel institutionnel : l'article 49.3

L'article 49.3 de la Constitution permet au gouvernement d'"adopter un texte sans vote" à l'Assemblée nationale. Utilisé fréquemment pour les lois de finances, il expose l'exécutif au dépôt de motions de censure dont l'adoption entraîne la chute du gouvernement ; à défaut, le texte est réputé adopté.

Laurent Jacobelli a jugé que le gouvernement "est incapable de prendre les bonnes décisions budgétaires pour les Français", alors que "les impôts, le poids fiscal, augmente et l'emploi et la croissance stagnent, voire régressent". Interrogé sur le "coup de massue de la Banque de France" évoquant une croissance "quasi nulle cette année", il a estimé qu'il fallait "retrouver un budget bien géré, équilibré".

Sur le pouvoir d'achat, il a défendu de "baisser le poids de la TVA sur l'essence, le faire passer de 20% à 5,5%", estimant que "les Français paient entre 1,90 euro et 2 euros le litre d'essence" et que "l'Etat s'engraisse avec ses taxes". Il a également plaidé pour que "la justice doit être un axe d'investissement prioritaire", que "l'immigration doit arrêter de plomber les finances publiques" et qu'il faut "revoir philosophiquement la structure du budget".

A propos du dîner d'Etat de Donald Trump à Versailles, il a estimé qu'"il y a des relations à maintenir" avec les Etats-Unis et qu'il valait mieux privilégier "un dialogue direct entre le président de la République française et le président des Etats-Unis", "mieux que de donner les clés à Madame von der Leyen, qui elle, mène une politique qui parfois n'est pas à l'avantage de la France".

Justice pénale et peine de mort

Sur la justice et les violences sexuelles, il a estimé qu'il fallait "à peu près doubler le nombre de magistrats" et a placé la "perpétuité réelle et incompressible" au cœur de sa conception du Rassemblement national, tout en se disant "contre la peine de mort". Evoquant l'idée d'un référendum sur ce sujet, il a précisé que "ce n'est pas constitutionnel aujourd'hui" et que sa réponse relevait d'une hypothèse de référendum d'initiative citoyenne. Il a dénoncé une "philosophie" judiciaire qui "excuse le coupable" et appelé à "punir sévèrement les coupables", mettant "la victime au centre".