Pourquoi La Redoute ferme Rushcollection

Dans quelques semaines, le site de ventes privées Rushcollection aura disparu du Web. Sa maison mère se concentre sur son site LaRedoute.fr pour faire face à la crise. Voici ses projets.

Rushcollection fermera avant la fin de l'année. Racheté par La Redoute en 2001, le site de ventes privées enregistrait un chiffre d'affaires en baisse depuis 2005, passant de 2,4 millions d'euros à 1,9 millions d'euros en 2007. Aujourd'hui, ses 16 salariés s'attendent à être prochainement reclassés. "Nous disposions d'une belle notoriété sur ce marché de niche, regrette Guillaume Darrousez, directeur marketing et e-commerce de la Redoute. Mais notre part de marché était faible et n'augmentait pas". Et pour cause, puisque Jacques-Antoine Granjon, PDG de VentePrivee.com, se targue de détenir 95 % du marché, une quarantaine d'acteurs devant donc se partager les 5 % restants.

Or la Redoute ne se porte pas suffisamment bien pour rester dans la course. Ou plutôt, préfère se recentrer sur son métier. En effet, la filiale de PPR aurait vu son chiffre d'affaires - 1,5 milliards d'euros en 2007 - reculer de 8 % depuis le début 2008 et enregistré une perte nette de 6 millions d'euros au premier semestre de cette année. En dépit d'une hausse d'environ 10 % sur un an de l'audience de LaRedoute.fr, le déclin de la vente par correspondance traditionnelle n'est pas suffisamment compensé par le développement du Web.

Le 21 octobre dernier, La Redoute a donc annoncé son intention de supprimer 672 postes dans les 4 ans à venir, soit plus de 13 % de ses effectifs, en fermant notamment ses 81 points de contact physiques. Le plan de relance, qui prévoit d'externaliser le traitement des commandes par courrier, fait d'Internet le principal canal de vente de l'enseigne. Pour affirmer sa position de leader de l'habillement sur Internet et de numéro 2 en audience du commerce BtoC en ligne, avec 7 millions de visiteurs uniques par mois, La Redoute travaille donc sur trois chantiers.

"D'abord, l'ergonomie du site, afin d'améliorer l'expérience d'achat, précise Guillaume Darrousez. Comme nous vendons beaucoup de produits, il n'est pas toujours facile de s'y retrouver." En a découlé le lancement, il y a deux semaines, d'une nouvelle homepage plus claire et plus simple, dotée de moins de zones cliquables. Devrait suivre une refonte des parcours.

"D'autre part, nous souhaitons poursuivre nos efforts en matière de services, que nous voulons continuer à fournir à un haut niveau de qualité. Peu de sites savent comme nous livrer en 24 heures 30 millions de colis par an". Enfin, l'enseigne souhaite que ses collections soient mieux mises en avant sur son site. "Nous en concevons 80 %, c'est une vraie valeur ajoutée pour le client et un vrai critère différenciant pour nous, à un moment où beaucoup de sites vendent les mêmes produits."

Pour autant, il n'est pas question d'abandonner le catalogue papier, d'ailleurs considéré comme une source majeure de trafic sur le Web. D'après Guillaume Darrousez, "on voit bien mieux les produits sur le catalogue qu'en ligne, beaucoup préfèrent le consulter sur leur canapé plutôt que d'être à leur ordinateur, le feuilleter rapidement est plus facile que sur le site... Ce sont des moments de vie différents. Il est important de laisser le choix aux clients, surtout quand une bonne partie d'entre eux utilise plusieurs supports."

Si le climat reste tendu dans la VPC traditionnelle, la trésorerie de la Redoute, qui réalise 55 % de son chiffre d'affaires en ligne, est bien meilleure que ne l'était celle de la Camif, liquidée le 27 octobre par le Tribunal de commerce de Niort. "De plus, la conjoncture économique difficile va apporter une véritable prime au leader, car les clients vont lui faire davantage confiance qu'à ses concurrents. Notre premier atout, c'est notre notoriété."

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