Le patron d'Uber France répond à la mise en demeure de l'UFC-Que Choisir

Le patron d'Uber France répond à la mise en demeure de l'UFC-Que Choisir L'association de consommateurs a relevé 22 clauses "abusives et/ou illicites" dans les conditions d'utilisation d'Uber France.

Tandis qu'Uber poursuit son expansion (contestée) dans l'Hexagone –le service de VTC vient de se lancer dans trois nouvelles villes, à Marseille, Nantes et Strasbourg- la société se retrouve une fois encore sous le feu des critiques. Après avoir épluché ses conditions d'utilisation, l'UFC-Que Choisir met en demeure la filiale française d'Uber et dénonce 22 clauses "abusives et/ou illicites". "L'UFC-Que Choisir attaque à tout va des sociétés tech sur leurs conditions d'utilisateurs et je n'ai pas encore vu une seule condamnation sur ce point, réagit Thibaud Simphal, country manager d'Uber pour la France. On fait en sorte de respecter les lois de chaque pays dans nos conditions d'utilisation, mais s'il faut les modifier, on le fera."

Exonération de responsabilité

"On ne pourrait pas nous reprocher un piratage ultra-sophistiqué"

"Uber qui est, de par la loi, tenue d'assurer la sécurité de sa plateforme entend s'exonérer de sa responsabilité en cas 'de dommages causés par des logiciels malveillants, des virus'", souligne par exemple l'UFC-Que Choisir dans sa mise en demeure. En somme, en cas de faille de sécurité ou de piratage, les utilisateurs ne pourront pas se retourner contre la société. Une clause défendue par le patron d'Uber France : "Selon le droit, il faut prouver que l'on a mis en place les moyens nécessaires pour se protéger, mais il n'y a pas d'obligation de résultats. Même la CIA ne résiste pas aux attaques des hackers les plus sophistiqués, donc si cela nous arrivait, en effet, on ne pourrait pas nous le reprocher si l'on a mis en œuvre tout ce que l'on pouvait pour l'empêcher."

Par ailleurs, en cas de litige avec Uber, les utilisateurs français devront se tourner vers les tribunaux... néerlandais. Un phénomène "classique en Europe", selon Thibaud Simphal : "Notre siège européen est aux Pays-Bas, donc cette clause répond à des raisons de cohérence juridique. De nombreuses entreprises tech fonctionnent de la même manière, comme Apple par exemple." Avant de souligner que "en quatre ans de présence en France, jamais un utilisateur n'a poursuivi Uber".

Les données personnelles transférées à des tiers

Transfert des données personnelles : "Uber a au moins l'honnêteté de le dire"

Autre grief : Uber précise que les données personnelles collectées auprès de ses utilisateurs peuvent être transférées à des tiers. Selon l'UFC-Que Choisir, ces tiers sont "définis uniquement par catégories et pour des finalités imprécises". Pour Thibaud Simphal, Uber a "au moins l'honnêteté de le dire, contrairement à beaucoup d'autres entreprises". "On n'est pas notre propre hébergeur et des tiers hébergent nos données, mais elles sont utilisées uniquement pour améliorer l'expérience des utilisateurs, poursuit-il. L'hébergement peut servir à des utilisations multiples : pour le service client, pour faire des statistiques anonymisées pour améliorer la plateforme..."

Concernant la géolocalisation permanente de l'utilisateur quand l'application tourne en arrière-plan, le patron d'Uber France invoque un souci de qualité de service : "si on coupe la localisation quand l'application tourne en fonds, quand l'utilisateur va vouloir commander un Uber, le GPS va mettre longtemps à le localiser."

Processus de consentement des CGU remis en cause

Parmi les autres critiques mentionnées par l'UFC-Que Choisir, le dépôt de cookies sur le terminal des utilisateurs sans information préalable, ou encore le processus de consentement des conditions d'utilisation : pas de case à cocher ni de remise de documents sur support durable, pas de trace des documents dans le mail de confirmation.

La mise en demeure se traduira-t-elle en action en justice ? "Nous restons à l'écoute, nous verrons si l'UFC-Que Choisir en fait un litige juridique, mais nous ne l'espérons pas", se contente de commenter Thibaud Simphal. "Pour l'instant, ce n'est qu'une association indépendante qui dit que c'est abusif." La mise en demeure promet en tout cas des débuts mouvementés à Grégoire Kopp, ex-conseiller en communication du secrétaire d'Etat chargé des transports Alain Vidalies et tout fraichement nommé directeur de la communication d'Uber France.

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