Trottinettes électriques, du jouet ringard au futur de la mobilité

La trottinette a de nombreux atouts pour séduire les utilisateurs: rapide, écologique, peu encombrante et facile d'utilisation. Un mode de transport qui suscite aussi des interrogations, notamment réglementaires.

Malgré des débuts balbutiants, la trottinette électrique est devenue une véritable solution de mobilité : 76% des utilisateurs disent par exemple l’utiliser pour leur trajet domicile-travail. Les nombreuses innovations techniques (vitesse, poids, autonomie…) améliorent véritablement son utilisation, faisant d’elle une alternative sérieuse à la voiture ou aux transports en commun en ville mais également hors des agglomérations. Jusqu’en 2015, cet objet était pourtant perçu comme ringard et les ventes stagnaient. Cette année, elles ont explosé dès le Black Friday et les trottinettes en libre-service se multiplient dans les villes en Europe et aux Etats-Unis.

Comment la trottinette, considérée comme un jouet pour enfant, est-elle en passe de devenir le mode de transport préféré des Français, actifs, urbains (ou pas) ? Cette tendance n’est pas sans susciter des interrogations, notamment au niveau sécuritaire : comment la trottinette s’intègre-t-elle à la circulation ? Comment protéger au mieux les usagers et éviter les accidents ?

Transport incontournable

Les EDP (Engins de Déplacement Personnel) en général connaissent une croissance continue depuis dix ans. Ceux qu’on appelle les NVEI (Nouveaux Véhicules Electriques Individuels, c’est à dire les EDP électriques tels que trottinettes électriques, hoverboards, gyroroues, e-skate…) représentent à présent 61% du chiffre d’affaires généré par le marché des EDP. En quelques années, la trottinette s’est largement implantée dans le paysage de la mobilité urbaine en France devenant le véhicule électrique le plus populaire. Les trottinettes électriques arrivent largement en tête des ventes, sans parler de l’explosion du free-floating.

Portrait-robot de ces nouveaux usagers

Si l’on devait brosser le portrait-robot de l’utilisateur de trottinette électrique, ce serait un homme d’une quarantaine d’année, CSP+ d'après une étude du Smart Mobility Lab. En effet, l’utilisation de la trottinette est pour l’instant masculine (71% d’hommes pour 29% de femmes) et préférée par les catégories socio-professionnelles aisées : 40% de cadres pour 30% de salariés et 30% d’étudiants ou retraités.

En moyenne, les utilisateurs déboursent 850€ pour leur engin électrique. Néanmoins, on observe l’arrivée d’une nouvelle clientèle très aisée qui est prête à dépenser près de 4000 € (3850€) pour des produits haut-de-gamme. Ces trottinettes grand luxe ont une autonomie d’une centaine de kilomètres et peuvent aller jusqu’à 85 km/h. Ce qui n’est pas sans poser des problèmes réglementaires.

Flou réglementaire

Le cas de la trottinette électrique est une belle illustration d’innovation précédant et catalysant la législation. A une époque où règne l’injonction à la flexibilité, la trottinette électrique a tout pour plaire : elle est rapide, légère, moins encombrante qu’un vélo et facilement entreposable. Cerise sur le gâteau : c’est un moyen de transport écologique, le tout sans nécessiter (ou peu) d’apprentissage.

Néanmoins, ce nouveau mode de transport n’est pas sans susciter de nombreuses interrogations.  Son usage s’est répandu bien plus rapidement que la législation à son égard : il existe aujourd’hui un véritable flou juridique autour de cet engin (code de la route notamment). A quelle catégorie appartient la trottinette électrique ? Où est-elle autorisée à rouler ? Les trottoirs sont normalement réservés aux piétons, mais il peut être dangereux pour les trottinettes de circuler sur la route. Or, elles peuvent être dangereuses pour les piétons si elles roulent sur les trottoirs. C’est le serpent qui se mord la queue. Pas facile donc de leur trouver une place. Par ailleurs, se pose également la question de la limitation de vitesse. Supposée être fixée à 25km/h maximum pour un engin non immatriculé, certains modèles peuvent atteindre les 85 km/h ! Niveau sécurité, aucune protection n’est obligatoire pour le moment. Faut-il, comme pour le vélo, imposer aux usagers le port du casque ou de voyants lumineux ? Quant à l’assurance, est-elle obligatoire ?

Un futur à inventer

Les enjeux urbains liés à ces nouveaux modes de mobilité sont nombreux. Quelle place peut prendre la trottinette, à moyen ou long terme, face au vélo ou à la voiture et quelle est sa place dans l’organisation urbaine des transports ? Comment partager l’espace urbain ? Mais surtout, comment bien protéger les usagers face aux risques liés à l’utilisation de la trottinette électrique en ville ? Il est certain que les NVEI sont une vraie solution de mobilité, à la fois pour le dernier kilomètre mais aussi pour des distances plus importantes. Face aux moyens de transports classiques, elles sont une alternative crédible voire un outil de mobilité idéalement complémentaire des infrastructures existantes.

La trottinette électrique a de très nombreux atouts pour convaincre et séduire des personnes à la recherche d’une solution de mobilité qui soit à la fois économique, peu encombrante, rapide et pratique. L’enjeu est donc de taille du côté du régulateur : il faut à présent définir des règles suffisamment souples pour ne pas l’entraver et un cadre juridique clair afin d’offrir le maximum de sécurité pour que cette révolution de la mobilité se fasse au bénéfice du plus grand nombre. Nous serions en tout cas ravis de partager nos retours terrains et de collaborer aux réflexions et à la nouvelle réglementation sur les nouvelles mobilités. 

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