N26 vs Revolut en France : l'heure des comptes

N26 vs Revolut en France : l'heure des comptes Les deux néobanques étrangères ont chacune conquis plus de 200 000 utilisateurs français en quelques mois.

Et les deux néobanques qui cartonnent en France sont… étrangères (N'en déplaise à Orange Bank). D'un côté l'Allemande N26, lancée officiellement en janvier 2017 dans l'Hexagone, et de l'autre la Britannique Revolut, dont l'application est disponible en français depuis septembre dernier mais accessible aux Français depuis deux ans. La start-up berlinoise revendiquait fin janvier 200 000 clients en France, tandis que sa rivale londonienne annonce ce lundi 26 févier avoir conquis 220 000 utilisateurs français. Les deux acteurs ont connu une croissance similaire en termes de clients. Il y a un an, N26 comptait 30 000 clients français et Revolut 50 000.

Cette croissance se poursuit sur un rythme soutenu puisqu'elles enregistrent toutes deux entre 4 000 et 5 000 nouveaux utilisateurs par semaine (elles tournaient autour de 2 000 et 3 000 il y a six mois). Les deux acteurs se félicitent de ces chiffres obtenus sans publicité. "Ce n'est que du bouche à oreille. On n'a pas dépensé des millions d'euros en marketing. Cela veut dire que c'est l'expérience client qui drive la croissance. Notre produit est reconnu et les clients en sont satisfaits", soutient Jérémie Rosselli, directeur général de N26 France, qui révèle aujourd'hui que son objectif initial était justement d'atteindre 200 000 clients en un an. "Nous avons dépensé zéro en marketing. C'est notre présence en France qui génère une croissance organique", renchérit Benjamin Belais, general manager France de Revolut (qui sera présent au JDN Event "Banques & Digital" le 27 mars prochain). Et l'arrivée en novembre dernier d'Orange Bank leur a fait une belle publicité, en particulier pour N26. "Ils ont donné un coup de boost à notre activité. On a fait nos meilleurs chiffres quand ils sont arrivés", se réjouit Jérémie Rosselli, sans donner de précisions.

Les deux néobanques ne communiquent pas sur le nombre d'utilisateurs français actifs mensuels ou quotidiens. "Dès que les gens commencent à tester, ils finissent par s'en servir comme compte de tous les jours. Les montants des encours augmentent très rapidement. Mais comme notre croissance s'accélère, mécaniquement il y a plus de clients qui commencent à ouvrir leurs comptes, donc qui s'en servent modérément. Ce qui nous intéresse c'est voir que les gens s'en servent de plus en plus rapidement", justifie Jérémie Rosselli. Revolut assure de son côté que la proportion d'utilisateurs actifs est a peu près la même dans tous les pays. Sur les 1,5 million de clients, le Britannique revendique 350 000 utilisateurs quotidiens (23,3%) et 800 000 utilisateurs actifs mensuels (56,7%). En France, il y aurait donc environ plus de 50 000 personnes qui utilisent Revolut quotidiennement et 124 000 utilisateurs actifs mensuels. Revolut France enregistre 750 000 transactions par mois, contre 110 000 il y a un an. De son côté, N26 ne communique pas sur le volume de transactions. 

Un bureau français pour Revolut…

Le marché français est rapidement devenu important pour les deux acteurs. L'Hexagone est le deuxième marché pour Revolut, derrière le Royaume-Uni évidemment. Côté N26, la France est dans le top 5 (sur 17). Ce succès était plutôt attendu. "Le taux de pénétration des smartphones est très élevé en France et il y avait un vrai besoin dans le secteur. Les gens vont de moins en moins dans leurs agences bancaires", explique Jérémie Rosselli. Pour accompagner leur croissance, les équipes des deux néobanques se sont agrandies. D'abord seul pour le lancement, Jérémie Rosselli a recruté quatre personnes : un communication manager, un social media manager, un rédacteur et un business developer. Ils sont soutenus par les équipes technologiques de N26. L'équipe française est basée à Berlin. Pas question d'ouvrir un bureau en France. "On pense que ce n'est pas nécessaire. On fait très bien notre travail depuis Berlin. Je viens régulièrement en France pour rencontrer des interlocuteurs", précise Jérémie Rosselli, qui s'installe chez WeWork lors de ses passages à Paris.

"Nous avons dépensé zéro euro en marketing. C'est notre présence en France qui génère une croissance organique"

Revolut a quant à elle choisi d'ouvrir un bureau dans les locaux de Station F en septembre dernier. "Nous voulions garder de la flexibilité dans notre façon de travailler et pouvoir rencontrer d'autres start-up. Station F était donc idéale pour nous", nous confiait Benjamin Belais à l'automne dernier. En plus du responsable France, un business developper et un responsable communication sont installées dans ce bureau. Comme pour N26, l'équipe française de Revolut est épaulée par les équipes de la maison-mère. "Nous avons aussi des collaborateurs qui ne sont pas basés en France. Par exemple, des datascientists au siège de Londres qui s'occupent seulement du marché français car l'ensemble des datascientists sont là-bas. C'est plus simple pour eux de communiquer en direct quand il y a des problématiques d'infrastructures", soulignait-il à l'époque. Les deux acteurs ne comptent pas recruter dans l'immédiat en France.

… des partenariats locaux pour N26

Même si N26 n'est pas physiquement présente en France, cela ne l'a pas empêché de signer un partenariat avec la plateforme française de crédit à la consommation Younited Credit en décembre dernier. La néobanque allemande propose désormais des prêts d'un montant allant de 1 000 à 40 000 euros avec une période de remboursement de 24 à 72 mois. "On cherchait un acteur digital, renommé dans le secteur, avec un niveau technologique élevé, et avec des ambitions européennes car on peut imaginer élargir le partenariat dans d'autres pays. Le choix de Younited Credit était naturel", se souvient le responsable français. "Avec Younited Credit, on fait du partage de revenus. On ne précise pas quelle part nous prenons mais c'est environ du 50-50", ajoute-t-il. Jusque-là, la néobanque proposait du crédit mais seulement en Allemagne. Elle envisage de poursuivre cette stratégie en France en 2018. "D'autres produits arriveront cette année. Certains seront construits par nous-mêmes car on s'estime pertinents et d'autres avec des partenaires ici", confie-t-il.

Chez Revolut, pas de partenariat français pour le moment. "Nous sommes en discussions avec certains acteurs en France, comme dans d'autres pays", assure le dirigeant français. Cependant, la start-up a déjà signé des partenariats avec des acteurs mais qui ne sont pas tous exploitables dans l'Hexagone. Son assurance de  smartphone, en partenariat avec le courtier allemand Simplesurance, et son assurance voyage à la journée, réalisée avec Thomas Cook Money, sont mises à disposition des utilisateurs français. Son offre de crédit, elle, ne l'est pas. "On travaille sur le crédit pour la France mais il n'arrivera pas avant quelques mois", précise Benjamin Belais. Rendez-vous l'an prochain pour (re)faire les comptes.

Produits disponibles en France
  N26 Revolut
Compte courant et carte bancaire Oui Oui
Transfert d'argent à l'international  Oui Oui
Crédit conso Oui Non (disponible au Royaume-Uni)
Assurance téléphone Non Oui
Assurance voyage  Non Oui
Apple Pay Oui Non (bientôt disponible) 
Achat et vente de crypto-monnaies Non Oui 

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