Le Français LGO lance son exchange crypto pour les institutionnels

Le Français LGO lance son exchange crypto pour les institutionnels Baptisée LGO Markets, cette plateforme permet d'échanger du bitcoin contre du dollar sans risque de contrepartie. Quinze professionnels sont déjà clients.

La France assiste peut-être à la naissance de sa pépite crypto. Après quatre mois de tests avec quelques clients, le Français LGO (ex-Legolas) lance officiellement son exchange crypto dédié aux institutionnels, LGO Markets. Le trading sera opérationnel le 11 mars. Quinze professionnels sont déjà clients dont des fonds asiatiques, des animateurs de marchés européens et chinois et une cinquantaine est en cours d'onboarding.

Cofondée par l'ancien président d'OverBlog Frédéric Montagnon en 2017, cette jeune société basée à New York et Bordeaux arrive sur un marché déjà bien embouteillé puisque de nombreuses plateformes grand public comme Coinbase ou Gemini ont lancé il y a plusieurs mois leurs offres destinés aux institutionnels. Mais ces exchanges ont des inconvénients. "Le custody, c'est-à-dire la détention des fonds des clients, et l'exécution ne sont pas séparés", résume Hugo Renaudin, CEO de LGO Markets. "C'est comme jouer au casino. A la fin de la journée, si vous voulez matérialiser votre gain vous dépendez complètement du casino. Si vous avez un gain trop fort, le casino ne va pas forcément vouloir vous le donner car il n'a peut-être pas l'argent", illustre le jeune dirigeant. En effet, quand une personne achète des crypto-monnaies sur un exchange classique, il n'est jamais garanti de les récupérer car il est dépendant de la plateforme.

"On ne liste pas la paire bitcoin-euro ou d'autres paires car on veut avoir de la liquidité sur un seul marché"

LGO Markets pallie ce problème en changeant la façon dont sont gérés les fonds. Contrairement aux Coinbase & co, qui stockent les cryptos de leurs clients dans leur propre wallet, l'exchange français a décidé de laisser ses clients contrôler leurs propres fonds via leurs wallets. Ainsi, elle demande à ses clients de se procurer un Ledger Nano S, sorte de clé USB qui sécurise les crypto-monnaies. "On veut du hardware pour des raisons de sécurité", précise le dirigeant.

Pour l'instant, il est uniquement possible d'échanger des dollars contre des bitcoins. "On ne liste pas la paire bitcoin-euro ou d'autres paires car on veut avoir de la liquidité sur un seul marché", indique Hugo Renaudin.

Autre différenciation de LGO Markets : elle garantit la transparence des fonds grâce à la blockchain. Aujourd'hui, il est difficile de connaître le volume de trading exact d'un exchange, même sur le site spécialisé CoinmarketCap. La raison ? Il existe beaucoup de faux trading. Or, les institutionnels veulent de la donnée financière correcte et transparente. Chez LGO, tous les ordres arrivent chiffrés sur la plateforme par une clé détenue par le client. Ensuite, LGO stocke l'information contenue dans l'ordre sur une blockchain publique, la déchiffre et inclut l'ordre sur la plateforme. Tout cela en moins de 200 millisecondes. Côté business model, rien d'innovant par contre puisque la plateforme prélève des frais de transactions dont les montants ne sont pas précisés.

Un exchange grand public en vue

En plus des commissions, la start-up peut s'appuyer sur les restes de son ICO. Début 2018, elle avait récolté 3 600 bitcoins (l'équivalent de 35 millions de dollars à l'époque) via ce mode de financement. La totalité n'a pas été convertie en monnaie fiat. Malgré tout la jeune pousse, qui compte 32 salariés, cherche à lever des fonds, de manière traditionnelle, cette année. "Comme nous nous adressons à des institutionnels, nous avons besoin de partenaires stratégiques (banques, VC...). En plus, c'est assez sain d'avoir une vision extérieure de son business. Et faire une levée permet aussi d'expliquer ce qu'est son produit. C'est challengeant", estime le dirigeant.

"Nous voulons encore exploiter au mieux les possibilités liées à l'utilisation du token LGO" 

 

LGO a aussi décidé de lancer un exchange crypto pour les particuliers, sans donner de date précise. Une équipe a été constituée avec Simon Polrot (ancien de ConSenSys) à sa tête. Pour l'instant, le concept n'est pas totalement arrêté. "Les token holders (détenteurs de tokens, ndlr) sont incentivés par l'usage grâce à des mécanismes de destruction de tokens. Mais nous voulons encore exploiter au mieux les possibilités liées à l'utilisation du token LGO", raconte Hugo Renaudin. La jeune société a déjà une base de clients potentiels : les 10 000 personnes qui ont participé à son ICO.

En parallèle, LGO est en train de demander une BitLicense (un agrément délivré par un régulateur new-yorkais pour les sociétés opérant dans le secteur des crypto) et une licence de broker dealer qu'il espère obtenir cette année.

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