Ces start-up européennes qui pensent à aller en bourse

Ces start-up européennes qui pensent à aller en bourse Talentsoft et Mirakl font partie des 132 entreprises européennes sélectionnées par Euronext pour participer à son programme pré-IPO baptisé Techshare.

Mirakl, Talentsoft, Lemon Way bientôt en bourse ? Du moins, elles y pensent. Ces trois start-up françaises font partie de la cinquième promotion de Techshare, programme européen créé par Euronext en 2015, qui vient tout juste d'être officialisée. Au total, 132 participants issus de neuf pays ont été sélectionnés par l'opérateur boursier, pour en savoir plus sur les tenants et aboutissants d'une entrée en bourse. La France est la première nation représentée, avec 35 sociétés, suivie par l'Allemagne (23 sociétés) et la Belgique (13 sociétés).

"C'est assez représentatif car la France représente environ 60-70% des introductions en bourse chez Euronext", indique Camille Leca. La liste des 35 sociétés françaises n'est pas entièrement dévoilée car certaines ne souhaitent pas communiquer sur leur participation au programme. Voici une sélection des entreprises européennes qui démarrent l'aventure Techshare.

Pays Entreprise (secteur)
France Talentsoft (SaaS), Mirakl (Retail), Lemonway (Fintech), EcoVadis (RSE)… 
Allemagne IDnow (Regtech), Mambu (Fintech), Thermondo (Energie)
Belgique Septentrio (Industrie), Showpad (Martech), Ecophos (Industrie) 
Italie Epipoli (Fintech), Freeda (Media), Talent Garden (RH)
Pays-Bas AnyLinq (Big data), Heliox (Energie), Studyportals (Edtech)
Espagne  Clicars (Retail), ID Finance (Fintech), Hiperbaric (Industrie)
Suisse  Deon Digital (Legaltech), Green Motion (Mobilité), NetGuardians (Fintech)
Portugal  Celfinet (Saas), WeTek (Adtech), Code for All (Edtech)
Irlande  Cubic Telecom (IoT), HealthBeacon (e-santé)
 

La liste "autorisée" des cinq promotions est à retrouver ici. Quelques sociétés françaises passées par le programme : Akio, Hopps, Inventy, Klaxoon, Kwanko, Leetchi, Zenpark. A noter qu'il n'est pas obligatoire de passer par la case IPO à la fin du programme. D'ailleurs, sur les 300 sociétés ayant participé à cette initiative, seulement quatre ont sauté le pas. Ce faible ratio est en partie dû à la jeunesse du programme. Le processus d'entrée en bourse ne se fait pas en quelques mois.

Les quatre sociétés passées par Techshare qui ont fait leur IPO
Entreprise Date de l'IPO Montant levé en IPO (en euros)
Osmozis févr-17 9,4 millions
Balyo juin-17 45,8 millions
Theranexus oct-17 20,4 millions
Oxatis avr-18 13,6 millions

Toutes les start-up ne peuvent pas prétendre à ce programme disponible dans neuf pays européens. "Nous n'avons pas de critères sur le nombre d'employés ou le montant minimum de chiffre d'affaires. On raisonne en equity story , à savoir quelles sont les perspectives de croissance de l'entreprise. Et nous choisissons celles pour qui la bourse pourrait faire sens dans deux ou trois ans", explique Camille Leca, responsable de Techshare. 

"Plus les promotions passent et plus les sociétés sont matures", ajoute-t-elle. Dans la cinquième promo, qui débute courant septembre 2019, les sociétés participantes génèrent en moyenne 11 millions d'euros de chiffre d'affaires par an, comptent en moyenne 80 employés et ont levé en moyenne 18 millions d'euros. Lors de la première promotion, le montant moyen levé n'était "que" de 6 millions d'euros.  "Il faut une certaine maturité pour entrer en bourse, avoir une certaine taille et un certain reach géographique, ne pas être franco-français. Euronext est une place paneuropéenne", rappelle Charles Egly, cofondateur de Younited Credit, passé par la 4ème promo. "Il faut avoir déjà levé beaucoup de fonds en placement privé, avoir un actionnariat institutionnel et un taux d'hyper croissance", complète-t-il.

"Il faut une certaine maturité pour entrer en bourse, avoir une certaine taille et un certain reach géographique"

Les nouvelles recrues de Techshare suivront tout au long de l'année des sessions sur des sujets techniques (les instruments pour aller en bourse, comment fonctionne la communication financière…) réalisées par des experts (avocats, commissaires aux comptes…) dans chaque pays. "Une IPO est très ésotérique. Si on ne met pas les pieds dedans, cela parait très flou. Au total, on a assisté à une dizaine de workshops. A chaque fois on en a tiré des enseignements. Sans ce programme, on n'aurait pas eu une vision assez précise des choses pour se structurer si on veut aller en bourse", concède Charles Egly. Deux fois par an, tous les participants du programme sont réunis pour échanger sur leurs expériences et assister à des sessions moins techniques (conduite du changement par exemple). Chaque société a trois coachs à sa disposition pour échanger sur toutes les problématiques nécessaires : un avocat, une agence de communication financière et un cabinet d'audit et de conseil. 

Ce qui plait le plus aux start-up, ce sont les retours d'expérience des entreprises cotées. "Elles nous parlent des aspects positifs et négatifs d'entrer en bourse. Etre en contact avec des entreprises comparables à la nôtre est un vrai plus", confirme Charles Egly.  "Avoir accès à des entreprises qui ont été dans la même situation que nous va nous permettre de nous forger une opinion sur l'IPO et être en bonne position quand l'opportunité se présentera", abonde Frédéric Trinel, co-CEO d'EcoVadis.Pour Younited Credit, le moment n'est pas encore venu d'entrer en bourse mais cette option est toujours sur la table. "Cela confirme ce qu'on pensait, à savoir que l'option est très intéressante. On va entamer les réflexions l'année prochaine", confie Charles Egly. Entre temps, une levée de fonds pourrait avoir lieu. Ça, les start-up savent faire.

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