En hausse de 70%, les exportations d'automobiles chinoises déferlent sur le marché européen
Au mois de juin, la Chine a franchi un cap historique dans l'industrie automobile mondiale. Pour la première fois, le pays a vendu plus d'un million de véhicules à l'étranger en un seul mois. Ce volume record marque une progression spectaculaire : une hausse de 70% en un an. Si la Chine continue à ce rythme, elle aura exporté 10 millions de véhicules à la fin de l'année, soit un doublement en trois ans.
L’Europe, marché de prédilection des constructeurs chinois
L’Europe est son principal marché, quasiment à parts égales avec le Brésil et la Russie, selon le site chinois Gasgoo. Dans certains pays de l’Union européenne, la progression des marques chinoises est fulgurante, avec, par exemple, une envolée de 140% sur un an en Italie, avec 123 000 voitures chinoises vendues entre janvier et mai. La Belgique se place juste devant, mais c’est un chiffre en trompe-l’œil, puisque le pays sert de plateforme de distribution pour d’autres pays, dont la France, où les hybrides rechargeables produites en Chine ont atteint 17% des ventes.
La performance commerciale chinoise à l’export est directement liée à ses ventes de véhicules électriques, hybrides compris, qui représentent plus de la moitié de celles réalisées à l’export. L’Allemagne, qui ne figure même pas dans le top 10 des pays importateurs d’automobiles chinoises, a acheté 65 000 modèles électriques et hybrides au cours des cinq premiers mois de l’année, soit une hausse de 211% par rapport à la même période en 2025.
Les constructeurs chinois se sont rabattus sur l’Europe après la mise en place des tarifs douaniers aux Etats-Unis. Aujourd’hui, le cumul des taxes américaines sur un modèle chinois atteint 125%. Un montant confiscatoire qui a redirigé les flux vers d’autres zones plus accessibles à commencer par la Russie et l’Europe (Royaume-Uni compris). Le Mexique, autre grand pays de destination pour les marques chinoises, a mis en place en juin de nouveaux tarifs ciblant les importations de voitures chinoises.
Pour autant, tout n’est pas rose pour l’automobile chinoise. Les marques de l’empire du Milieu se montrent d’autant plus agressives à l’export que leur marché intérieur patine, mettant fin à deux décennies de folle croissance. Les immatriculations ont plongé de 23% en juin, pour retomber à 1,6 million de véhicules, selon les analystes de CleanTechnica. Le marché chinois est particulièrement pénalisé par les ventes de voitures thermiques, qui ont chuté de 39% sur un an. Logiquement, la part des voitures 100% électriques sur le marché intérieur s’est envolée pour atteindre 43%. "Le marché chinois a terminé sa transition vers l’électrique, avec des modèles qui sont aujourd’hui moins chers que les thermiques", note un expert du secteur, qui souligne "la domination technologique des marques locales, BYD en tête". Les dépenses de recherche et développement sont concentrées sur les véhicules électriques. "Investir dans le thermique, c’est jeter l’argent par les fenêtres", estime un analyste.
Une stratégie industrielle appuyée sur l’innovation
Les constructeurs automobiles chinois bénéficient du travail effectué par d’autres secteurs industriels, comme l’électroménager (Hisense, Haier) ou l’informatique (Lenovo), qui ont contribué à redorer l’image du "fabriqué en Chine" en misant sur la qualité et l’innovation. Cette stratégie, déjà éprouvée dans d’autres domaines, permet aux marques automobiles chinoises de s’imposer rapidement sur les marchés internationaux, en particulier en Europe. La bonne tenue des exportations chinoises vers l’Europe reflète la reconnaissance des marques et l’appétit des consommateurs pour des voitures électriques de milieu de gamme abordables.