Laurent Probst (IDF Mobilités) "Nous renouvelons les subventions du covoiturage en Ile-de-France"

Ile-de-France Mobilités prolonge jusqu'en octobre les subventions du covoiturage courte distance et porte leur plafond à 250 000 euros par entreprise, annonce son directeur général au JDN.

JDN. Vous avez lancé une subvention des covoiturages courte distance, à raison de deux euros par trajet, en octobre 2017, avant de renouveler l'opération pour six mois en janvier. Quel bilan tirez-vous après ces six mois de prolongation ?

Laurent Probst dirige Ile-de-France-Mobilités, l'autorité des transports franciliens (ex-Stif), depuis 2016. © Ile-de-France Mobilités

Laurent Probst. Les données dont nous disposons pour le moment portent sur les six premiers mois de cette opération, c'est-à-dire entre octobre 2017 et mars 2018. 130 000 covoiturages ont été réalisés durant cette période. Le nombre de trajets a été multiplié par trois par rapport à septembre 2017, le dernier mois sans subvention. Nous étions alors à environ 700 trajets par jour, contre 2500 en mars 2018. Tout cela a encore augmenté après mars, avec le début des grèves, mais nous ne possédons pas encore de données précises sur cette période.

Dans le détail, nous constatons que 80% des trajets sont réalisés en semaine, ce qui confirme la capacité du covoiturage à lutter contre l'autosolisme aux heures de pointe. Nous remarquons également que 75% des trajets ont au moins une origine ou une destination en grande couronne. Des trajets transversaux banlieue-banlieue mal desservis par les transports, comme Yvry - Saint-Quentin-en-Yvelines, sont aussi très populaires.

Allez-vous prolonger ces subventions  ou les couper ?

Notre conseil d'administration a décidé aujourd'hui de les prolonger jusqu'au 31 octobre et de porter l'enveloppe dont dispose chaque entreprise à 250 000 euros, au lieu des 50 000 euros initiaux.  Ce renouvellement nous permettra d'avoir des données sur un an, et donc de mieux comprendre les effets de saisonnalité, avant de prendre une décision sur la suite à donner à ce soutien. Nous avons également décidé de porter le montant de la subvention à 4 euros lors des pics de pollution et des grèves, ce qui permettra d'assurer la gratuité des trajets les plus longs.

Vous faites donc le constat que les start-up de covoiturage ne peuvent pas s'en sortir sans subventions, comment l'assurent plusieurs d'entre elles ?

"Le nombre de covoiturages courte distance a été multiplié par trois en six mois"

Nos subventions n'ont pas pour but de sauver des entreprises, mais de donner un coup de pouce à l'usage afin qu'elles puissent s'autofinancer grâce à l'augmentation de la demande. On ne peut pas distribuer éternellement de l'argent public sans mise en concurrence. Tout l'enjeu du bilan annuel en octobre sera de décider à quel moment nous arrêterons ces subventions et par quoi elles seront remplacées : Est-ce qu'on continue à financer tout le monde de manière différente ? Faut-il organiser un gros appel d'offre pour toute l'Ile-de-France qui ne choisira qu'un vainqueur et risquera de tuer les autres, ou plusieurs petits appels d'offre par zones ? Il faut se rappeler qu'à l'origine, ces entreprises ne demandaient pas de subventions. Le plan A serait plutôt de les laisser voler de leurs propres ailes, mais nous sommes ouverts à d'autres solutions.

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