Eurecab lève 700 000 euros pour dire quel VTC est le moins cher

Eurecab lève 700 000 euros pour dire quel VTC est le moins cher Cette start-up française indexe en temps réel les prix d'Uber, Snapcar, Marcel ou encore LeCab, mais aussi ceux de chauffeurs VTC indépendants, et gère la réservation jusqu'au paiement.

Les plateformes de VTC ne sont pas un modèle de transparence. Si leurs prix de base au kilomètre et à la minute sont connus, le tarif final peut grandement varier en raison des prix dynamiques pratiqués en période de grande affluence. Des multiplicateurs variables selon la plateforme, l'endroit et l'heure peuvent être appliqués à ces prix de base. La plateforme Eurecab promet à ses utilisateurs d'y voir plus clair en proposant un comparateur des prix des VTC et en permettant également de réserver une course. Cette start-up créée en 2015 vient de lever près de 700 000 euros auprès des réseaux de business angels Investessor et Sibessor. Les investisseurs historiques, d'autres business angels ainsi que des proches qui avaient investi 212 000 euros, ont eux-aussi participé à ce tour de table.

Comme sur une appli de VTC, Eurecab permet de renseigner son adresse de départ et d'arrivée, puis de demander un chauffeur, à la demande ou en différé. Elle affiche alors les prix de six plateformes : Felix et Citybird (moto-taxis), Uber, Le Cab, Marcel et Snapcar. Il lui manque encore une partie significative de l'offre de VTC, en l'absence des plateformes Kapten (ex-Chauffeur Privé), Heetch et Txfy. La particularité d'Eurecab est de proposer également les courses de chauffeurs VTC indépendants qui peuvent renseigner les trajets qu'ils souhaitent effectuer et choisir leur prix pour apparaître dans les résultats de recherche. "Eurecab a enregistré un volume d'affaires d'un million d'euros en 2018", précise le cofondateur de la start-up Théodore Monzies, sans donner d'informations sur le nombre de courses réalisées.

5 à 12% de commission

L'appli prélève une commission de 5 à 10% du montant de la course qu'elle apporte aux plateformes VTC. Quant aux chauffeurs indépendants, elle leur retire 12% des revenus. Une manière de leur offrir de meilleures marges que les plateformes, grâce à une commission plus basse (elles vont de 15% pour Heetch et Txfy, à 25% pour Uber). Autre avantage pour les indépendants : pouvoir choisir leurs trajets, et ainsi se concentrer sur des courses plus longues et plus rentables, comme celles vers les aéroports. Cependant, le faible volume de clients qu'apporte aujourd'hui l'application ne permet pas aux chauffeurs de travailler exclusivement avec Eurecab.

Côté plateformes, la promesse d'Eurecab est d'assurer des courses rentables, explique Théodore Monzies. "Les VTC évoluent dans un contexte de concurrence exacerbée marqué par de nombreuses promotions", rappelle-t-il. "Sur Eurecab, nous ne prenons en compte aucune promotions et le coût d'acquisition d'un client pour le VTC (notre commission) est moins élevé que des Adwords sur Google ou des publicités Facebook". Certes, mais les courses des VTC ne se font pas toutes à pertes, elles peuvent même être très rentables en périodes de prix dynamiques. Quel intérêt alors pour une plateforme de rogner ses marges en passant par une appli tierce qui lui apporte de faibles volumes ? "C'est une objection à laquelle nous faisons face", reconnaît Théodore Monzies, qui souligne cependant que d'autres VTC présents sur sa plateforme y trouvent leur compte.

Couper les plateformes de leurs clients

Un autre risque que doit désamorcer Eurecab concerne la désintermédiation. Il est crucial pour les VTC de conserver la relation avec leurs clients au sein de leur application. Uber ne s'y est d'ailleurs pas trompé. Contrairement aux autres services présents sur Eurecab, l'Américain ne permet pas au comparateur de gérer tout le processus d'inscription et de paiement : l'utilisateur est renvoyé vers l'appli Uber. "On nous compare parfois à Booking, c'est flatteur mais nous en sommes encore loin", s'amuse Théodore Monzies.

Afin de continuer son développement, la start-up espère convaincre de nouvelles plateformes VTC de la rejoindre. Les fonds levés vont aussi lui permettre d'améliorer le produit, notamment en permettant aux chauffeurs indépendants d'accepter des commandes en temps réel, et plus seulement des réservations à l'avance comme aujourd'hui, ou encore en améliorant le lien avec les API des plateformes, par exemple pour géolocaliser le chauffeur en approche. Ce tour de table est aussi l'occasion pour Eurecab de grossir, pour passer de cinq employés à une quinzaine à la fin de l'année. Pas encore la taille de Booking, en effet.

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