Didier Louvet (B Mobility) "B Mobility lancera ses trottinettes dans dix villes françaises avant la fin de l'année"

Le directeur général de la start-up américaine, qui déploiera 500 trottinettes en libre-service à Paris en juin, mise sur des appareils maison et une diversification vers d'autres services pour s'imposer dans un environnement très concurrentiel.

JDN. Bolt est la dernière entreprise à s'être lancée dans les trottinettes en libre-service à Paris. Comment comptez-vous vous démarquer parmi cette dizaine d'applis disponibles dans la capitale ?

Didier Louvet est le directeur général de B Mobility en France. © Bolt Mobility

Didier Louvet. Les éléments qui nous différencient sont la sécurité et la responsabilité. Nous ne sommes pas le douzième acteur sur le marché, mais le premier acteur de deuxième génération. Nous n'adaptons pas des trottinettes de loisir en appareils de free-floating, comme l'ont fait nos concurrents. Nous avons intégralement conçu notre propre trottinette, qui est pensée pour être un moyen de transport en free floating. Elle dispose de repose-pieds qui obligent le pilote à se mettre face à la route et poser ses pieds de chaque côté de la trottinette. Une position plus stable, donc plus sûre. Nous avons également fait en sorte que ces repose-pied soient assez petits pour ne pas permettre de monter à deux sur une trottinette. Nous préparons une deuxième version plus robuste de cette trottinette, qui arrivera en juin, avec une durée de vie que nous espérons de deux ans, contre six mois pour le modèle actuel.

Aux Etats-Unis, les personnes qui transportent et rechargent les trottinettes sont des employés. En France, la logistique se fera aussi en interne à terme. En attendant, nous passons par des sociétés spécialisées dont les employés travaillent pour nous à temps plein, le temps de monter les équipes en interne. Dans les tous les cas, il ne s'agit pas d'auto entrepreneurs de la recharge (auxquels font appel d'autres entreprises du secteur, ndlr), dont le modèle de rémunération les pousse à aller très vite, au détriment du respect du matériel. Par ailleurs, la deuxième version de notre trottinette dispose de batteries amovibles, ce qui diminuera les manipulations des trottinettes, qui sont des sources de dégradation.

Proposerez-vous d'autres moyens de transport que les trottinettes à terme ?

Nous sommes en train de concevoir une petite voiture, la B-Nano, qui sortira en 2020. Elle dispose de deux places qui se trouvent l'une derrière l'autre, ce qui lui permet d'être quatre fois moins grosse qu'une voiture normale. Elle sera disponible via un service d'autopartage en free floating pour des trajets en centre-ville. C'est la priorité, mais nous explorerons d'autres modèles économiques, comme la propriété partagée (l'utilisateur achète le véhicule et peut le mettre en location sur la plateforme, ndlr). Nous réfléchissons aussi à déployer des vélos et scooters en libre-service.

"Nous réfléchissons aussi à déployer des vélos et scooters en libre-service"

Quelles sont vos ambitions en France et dans le monde ?

Depuis son lancement mi-2018,  B Mobility est déjà présent dans une dizaine de villes américaines. Nous avons commencé à déployer notre service en mode test à Paris le 25 mai, avec une cinquantaine d'appareils, avant de passer à 500 courant juin. Nous voulons nous étendre dans une dizaine de villes françaises avant la fin de l'année, puis une vingtaine en Europe d'ici mi-2020. Notre objectif est d'être dans le peloton de tête mondial des opérateurs de mobilités.

Tout cela coûte très cher. Combien avez-vous levé pour financer cette expansion mondiale éclair ? Qui sont vos investisseurs ?

Je ne peux pas vous dire combien nous avons levé, mais vous imaginez bien qu'il s'agit d'une somme conséquente puisque nos ambitions sont mondiales. Notre actionnaire majoritaire est l'investisseur américain Shrevin Pishevar, qui a également soutenu des entreprises comme Uber ou Hyperloop One. Notre ambassadeur Usain Bolt a également participé à notre premier tour de table. Une seconde levée de fonds est en cours.

Vous vous appelez désormais B Mobility en France, après vous être lancés sous le nom de Bolt Mobility. Après une plainte de l'autre Bolt,  un VTC estonien (ex-Taxify) qui propose aussi des trottinettes, la justice  française vous a interdit d'utiliser ce nom. Allez-vous renoncer à cette marque en France et dans les autres pays où vous cohabiterez ?

Nous sommes deux entreprises qui ambitionnent d'atteindre une taille mondiale et qui ont le même nom de marque. Nous savions que la situation n'était pas viable et qu'il fallait qu'un juge nous départage. Nous avons pris acte de cette décision. Nous avons fait appel car nous ne voulons pas renoncer à ce nom. Bolt est une marque mondiale cofondée par Usain Bolt, également conseiller et ambassadeur de la marque. Nous sommes devenus B Mobility uniquement en France. Nous avons un dossier que nous pensons solide et espérons gagner.

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