Développez votre sens urbain avec Mirror's Edge

Développez votre sens urbain avec Mirror's Edge Escalader des grattes-ciels à main nue, marcher sur les murs, ou sauter d'un immeuble à l'autre... Ce jeu vidéo remet le style Yamakasi à la mode, et parvient à imposer son concept, à mi-chemin entre action et cascades.

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Mieux vaut ne pas avoir peur du vide... © EA

Mirror's Edge reprend le principe des films d'acrobaties urbaines à la Yamakasi. Vous y incarnez Faith, une jeune femme qui déambule illégalement sur les toits d'immeubles d'une ville futuriste. Cette ville étant légèrement trop obsessionnelle sur les questions de sécurité civile, vous êtes membre de la rébellion et portez des messages ou des biens d'un endroit à un autre, au nez et à la barbe des autorités. Bon, disons-le franchement, le scénario n'est pas franchement le point fort de ce jeu, mais plutôt ses scènes d'actions et d'acrobaties.

Se glisser telle une souris sous les obstacles, sauter d'un toit à l'autre, utiliser les câbles d'alimentation pour faire un peu de tyrolienne, ou marcher sur les murs n'auront plus de secrets pour vous une fois les premières heures de jeu passées. A priori, Mirror's Edge n'est qu'un jeu de plate-forme comme un autre, dans lequel les combats sont rares, et où l'objectif consiste d'abord à trouver son chemin dans un décor, puis à réaliser les bonnes actions au bon moment.

Mais là où ce titre se démarque, c'est dans l'univers très urbanisé qu'il propose. Un environnement qui dégage une identité forte : la ville du futur dans laquelle l'héroïne évolue n'a pas de tags, ni d'ordures répandues sur le sol. Les immeubles semblent immenses et s'entassent les uns sur les autres à quelques mètres de distance. Le tout, offre un rendu très lumineux, presque trop. Et pourtant, malgré cela votre personnage sera confronté presque sans arrêt à la violence.

Pour réaliser ses acrobaties urbaines, le personnage principal (Faith), va trouver un environnement riche : balustrades, escaliers extérieurs, système de climatisation... L'une des grandes forces de Mirror's Edge tient d'ailleurs à la crédibilité de ces derniers, qu'ils soient intérieurs ou extérieurs. Bouches d'aération où se faufiler, panneau publicitaire sur lequel prendre appui, murs resserrés pour grimper à l'étage supérieur... On alterne d'ailleurs assez bien entre les phases d'acrobaties en haut des immeubles, et des décors plus variés : bouche de métro, entrepôt, bâtiment en construction, rues de la ville...

L'autre particularité du jeu consiste à proposer une vue à la première personne pour un jeu de plate-forme, là où Prince of Persia par exemple, choisit une vue extérieure qui permet de mieux distinguer les décors et les obstacles, et ainsi d'anticiper les actions à faire. On pouvait craindre des problèmes de caméra ou de jouabilité, mais finalement il n'en est rien. Au contraire, les commandes sont intuitives, et la vue à la première personne se révèle même immersive plutôt que gênante. Mirror's Edge parvient même à faire ressentir au joueur le poids du corps de son avatar et la gravité, lors des différentes acrobaties.

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Chaque chapitre de l'histoire est illustré par des dessins animés © EA

Pour traverser tous ces petits imprévus, il faudra suivre la quête de Faith qui, de simple messagère, va se retrouver embarquée dans une histoire de meurtre pour laquelle elle va tenter de disculper sa sœur. Il faudra donc d'abord se renseigner sur les circonstances de ce crime, puis sur les personnes ayant pu y participer, et ce jusqu'à découvrir et faire tomber les vrais coupables.

Toute la ville étant sécurisée et votre personnage recherché par la police, c'est par la ruse et les acrobaties qu'il faudra s'introduire dans les lieux susceptibles de vous livrer des renseignements sur le meurtre. On y rencontrera à l'occasion quelques personnages secondaires qu'il faudra soit, rattraper lorsqu'ils prennent la fuite, soit interroger ou encore affronter.

Au fur et à mesure que le jeu progresse, le défi grandit à mesure que la menace policière s'intensifie. Il faudra vite apprendre à contourner les forces de l'ordre autant que possible, puis à trouver d'un simple coup d'œil, les points d'appuis nécessaires à la progression dans cet environnement urbain. Le combat, même s'il est possible, se résume souvent à une mort certaine. On décède en 2 ou 3 tirs au plus, et en 2 coups aussi au corps à corps.

Si malgré tout, pris d'une extrême envie d'affronter les autorités, vous optez pour la méthode du rentre dedans, sachez que la précision des armes laisse à désirer, et qu'il ne faudra pas espérer battre 10 membres des forces spéciales de la police, réunis dans une même pièce. Mirror's Edge n'est pas un jeu de tir à la première personne. A la rigueur, les phases de combat les plus réussies sont celles où il faut aller déloger quelques tireurs de précision qui nous ont pris pour cible, et se servir d'un fusil de sniper pour abattre les autres.

Mirror's Edge alterne assez bien entre ces deux ressors : combats (à mains nues ou armé), et plates-formes. Le jeu est assez linéaire par moment et manque de défis originaux. On aurait pu imaginer des phases plus libres comme : trouver la réponse à une énigme, se déguiser et obtenir des renseignements, jouer l'infiltration sur les hauteurs d'immeubles... A l'inverse, les producteurs ont choisi d'ajouter un mode "ralentir le temps", pas franchement très utile, mais censé donner plus d'intensité aux phases d'actions.

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Une arme rend parfois service pour progresser © EA

La progression est également irritante. Plus le jeu se corse, plus les chutes accidentelles et les morts par balle s'enchaînent, obligeant à rejouer de multiples fois les mêmes scènes. Non que le jeu soit particulièrement dur pour autant, il suffit juste de trouver les bonnes actions à faire au bon moment. Et c'est sans doute le plus frustrant, car il arrive des instants magiques où l'on erre tout simplement sans but dans les décors, espérant trouver l'issue avant que les policiers qui poursuivent Faith ne l'ait rejoint et transformé en chair à saucisse.

Dommage, car le jeu frôle parfois la franche réussite, notamment lors d'une scène de course poursuite dans le métro qui s'achève sur le toit d'une rame en fonctionnement. N'oublions pas non plus la course poursuite dans les échafaudages d'une construction en cours. Malheureusement, ces scènes nécessitent de s'armer parfois de patience pour les boucler, tant la répétition d'échecs et de chargements finissent par se succéder.

Heureusement, les temps de chargement sont particulièrement courts. Mais pour ceux qui s'accrocheront, et malgré ces petits défauts, Mirror's Edge offre une expérience et un univers inédit, assez éloigné des standards du jeu vidéo, et donc extrêmement rafraichissant. D'autre part, si sa durée de vie s'avère assez limitée (entre 7 et 9 heures), des petits artifices la rallongent.

On peut par exemple s'amuser à collecter toutes les mallettes dissimulées dans un niveau pour obtenir des récompenses, ou obtenir le meilleur temps possible pour boucler un épisode de l'histoire principale. La bande son se révèle de qualité, alternant la musique pop, électrique et moderne autour du thème Still Alive, de l'artiste Lisa Miskovsky. Les bruitages sont convaincants, à l'inverse des dialogues de l'histoire, plutôt plats.

Pour conclure, Mirror's Edge est plutôt une bonne surprise en cette fin d'année. Assez unique par l'univers proposé, il ne déborde pas pour autant d'originalité et se montre même assez répétitif dans ses phases de jeu. Mais il possède beaucoup d'autres qualités (immersion, intensité des acrobaties, beauté des décors), qui font oublier ses défauts. Un titre à conseiller à tous les joueurs patients, et aux amoureux des parcours accrobranche.

 

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Des paysages urbains très stylisés © EA

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