Dans cette commune, l'eau du robinet est la plus polluée de France

Dans cette commune, l'eau du robinet est la plus polluée de France À partir des résultats du contrôle sanitaire de l'eau du robinet distribuée en France, le JDN a identifié la commune où la conformité de l'eau est la plus faible du pays.

Au total, 33 000 communes ont été examinées et près de dix fois plus de données analysées par le JDN. La rédaction s’est appuyée sur une base de données publiée par le ministère de la Santé recensant les résultats des contrôles sanitaires de l’eau potable.

Résultat : en décembre 2025, trois quarts des communes françaises ne connaissent aucun dépassement chimique ou bactériologique. Dans ces territoires, pas de contaminations aux métaux lourds ou pesticides détectés. Mais la situation est toute autre dans le reste des communes. Et l’une d’elles fait figure de très mauvaise élève.

Début décembre 2025, dans cette commune du Grand Est, seules 7,14 % des analyses se révélaient conformes aux exigences réglementaires. Un chiffre extrêmement bas, principalement dû à une contamination aux nitrates et aux pesticides. Ce village de 222 habitants porte le nom de Prunay-Belleville.

Prunay-Belleville se situe en périphérie de Troyes, dans l’ouest de l’Aube, l’un des départements les plus touchés par la pollution de l’eau en France. Parmi les cent pires communes de l’Hexagone, 21 sont auboises. Les autres sont réparties entre le Pas-de-Calais, la Marne et une dizaine d’autres départements.

Plus généralement, “les services d’eau du Nord-Ouest Aubois inscrits dans le Schéma Directeur d’Alimentation en Eau Potable sont tous concernés par la présence de nitrates et/ou de pesticides”, indique le rapport annuel 2024 sur le prix et la qualité du service public de l’eau potable du Syndicat départemental des eaux de l’Aube (SDDEA).

Face à cette situation, des travaux de modernisation accompagnés d’une réflexion visant à repenser entièrement le réseau d’eau potable ont été engagés en 2023. Le coût de l’opération est estimé à environ 84 millions d’euros, dont la fin de chantier est prévue courant 2027.

Reste la question de l’origine de cette pollution. Comme le rappelle l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, en France, “75% des pollutions en nitrates et 70% des pollutions aux pesticides proviennent du secteur agricole.”

Paradoxalement, si cette eau est non conforme, seule une restriction partielle de l’eau a été mise en place : “La consommation régulière d’une eau présentant une teneur excessive en nitrates est susceptible, à long terme, d'engendrer des risques pour la santé du consommateur et plus particulièrement, pour les femmes enceintes, les enfants de moins de deux ans et toute personne fragilisée par une maladie. De ce fait, cette eau ne doit pas être consommée par les populations à risques”, précise le ministère de la Santé. Cette restriction partielle reste en vigueur "jusqu'à ce qu'un retour à la conformité ait été confirmé par un nouveau prélèvement réalisé dans le cadre du contrôle sanitaire".

A l'inverse, les plus grandes villes de l'Hexagone ne connaissent pas de restrictions. A Paris, sur un total de 1 087 prélèvements, le taux de conformité est de 99,96%. A Lyon, le taux de conformité est de 100%, sur 1 836 prélèvements. Enfin, Marseille connaît aussi un taux de conformité presque parfait : 99,76% sur 9 679 prélèvements.