Le vrai défi des DSI n'est pas la tech, c'est l'accès aux bons profils
Face à la rareté des talents et à l'obsolescence rapide des compétences IT, réussir ses projets numériques exige de combiner expertise technique et soft skills.
La transformation numérique s’accélère dans toutes les entreprises, mais le véritable enjeu n’est pas technologique. Les projets les plus ambitieux échouent souvent non pas à cause des solutions choisies, mais parce que les équipes capables de les mettre en œuvre sont difficiles à mobiliser. Le dernier Baromètre de l’obsolescence des compétences IT[1] l’illustre : 53 % des DSI identifient la cybersécurité comme domaine le plus exposé à l’obsolescence des compétences, suivie de l’intelligence artificielle (49 %) et de la gestion de la data (30 %). Or, les profils capables de maîtriser ces compétences sont rares et très recherchés ; leur disponibilité conditionne directement la réussite des projets numériques, d’autant plus qu’ils ont tendance à privilégier l’indépendance ou les structures à taille humaine.
L’humain au cœur des projets technologiques
Au-delà de la technicité, les projets IT dépendent de la capacité des équipes à collaborer efficacement avec l’ensemble des parties prenantes. Qu’il s’agisse du déploiement d’un ERP, d’un SIRH ou d’un CRM, la réussite repose autant sur les soft skills — communication, négociation, coordination interservices — que sur les compétences techniques. La capacité à créer une dynamique collective, à anticiper les frictions et à résoudre rapidement les conflits devient souvent le facteur décisif entre succès et échec. Même le profil le plus brillant peut devenir un facteur de blocage si ces qualités relationnelles font défaut.
Obsolescence et atomisation des compétences
Les technologies évoluent rapidement, et le marché des talents se fragmente. Des organisations déclarent faire face à une pénurie de compétences techniques qualifiées, et près de la moitié des entreprises rencontre des difficultés à recruter des profils compétents tant sur des solutions récentes que sur des technologies plus anciennes[2]. Cette double contrainte illustre l’ampleur du défi pour constituer des équipes opérationnelles et fiables. Elle se traduit par des difficultés accrues à attirer des profils certifiés sur des solutions spécifiques, entraînant surcoûts, délais prolongés ou désengagement des équipes internes. Dans ce contexte, recourir à des experts externes devient une stratégie indispensable pour accéder à des compétences pointues et immédiatement opérationnelles.
Construire une stratégie compétences hybride et agile
Pour faire face à ces défis, les directions IT doivent aller au‑delà du simple recrutement. Anticiper les besoins en compétences signifie investir dans la formation continue, mais aussi repenser l’approche du talent comme un continuum et non comme une ressource figée. Cela implique :
• D’élargir les viviers de talents, par le développement interne, la mobilité interdisciplinaire et des parcours qui valorisent autant les compétences humaines que techniques.
• De renforcer les passerelles entre formation, certification et opportunités professionnelles afin de réduire l’écart entre profils disponibles et besoins réels.
• D’adopter une logique d’écosystème hybrides, mêlant talents internes, indépendants et partenaires externes, pour constituer des équipes adaptables aux mutations rapides.
Au‑delà des technologies, c’est cette capacité à orchestrer les talents — avec agilité, créativité et anticipation — qui permettra de transformer les projets numériques en succès opérationnels. Le vrai défi n’est pas technologique : il est avant tout humain et stratégique.
[1]Baromètre Obsolescence des compétences IT, Inop’s, 2025 : https://landing.inops.fr/fr/barom%C3%A8tre-obsolescence-comp%C3%A9tences-it-2025?trk=public_post_comment-text
[2]Ibid.