C'est le métier où les salariés sont les plus heureux au travail et beaucoup d'hommes y font carrière

C'est le métier où les salariés sont les plus heureux au travail et beaucoup d'hommes y font carrière Perspectives de carrière et sécurité de l'emploi : un métier offre la meilleure satisfaction professionnelle en France. Pourquoi y faire carrière plaît-il autant ?

Quel est le métier où les salariés sont les plus heureux en France ? La réponse se trouve dans une note de FRance Stratégie intitulée “Qualité de l’emploi : une question de métiers ?”. Vingt pages, une dizaine de tableaux où sont passés au crible le travail de l’ensemble des salariés français, du secteur public comme du privé. Résultat ?

On découvre dans la note de France Stratégie que “parmi les métiers avec le plus faible niveau de satisfaction, on trouve les métiers d’ouvriers mais aussi les employés de la banque et des assurances ; tandis que les cadres, les ingénieurs ou des métiers plus spécifiques comme les conducteurs d’engins du bâtiment déclarent la satisfaction au travail la plus élevée”.

En effet, là où les Français mettent en moyenne une note de 6,9/10 à leur satisfaction professionnelle, les conducteurs d'engins du BTP s'attribuent la note de 7,94/10. C’est la famille professionnelle la plus satisfaite de son travail. Mais pourquoi ?

Les conducteurs d'engins ne font pas partie des métiers les mieux payés du pays - 17 200 euros bruts par an en moyenne, contre 33 200 euros pour les cadres du BTP - mais c’est la qualité de l’emploi qui est plutôt positive : oui, le travail est généralement pénible, mais les perspectives de carrière et surtout les conditions de l’emploi (sécurité de l’emploi, transition vers des CDI) sont très favorables.

Mais la note souligne un paradoxe : être satisfait de son travail ne signifie pas forcément avoir un emploi de “qualité”. Certains métiers affichent un haut niveau de satisfaction malgré des conditions difficiles. C’est le cas des agriculteurs, éleveurs, sylviculteurs ou bûcherons, qui figurent parmi les métiers les plus satisfaits, alors même qu’ils cumulent bas salaires, forte pénibilité et un équilibre vie professionnelle et vie personnelle souvent dégradé.

A l’inverse, les employés de banque et des assurances bénéficient de bonnes conditions mais affichent une satisfaction moyenne (un peu plus de 6/10), inférieure à celle des cadres du bâtiment (près de 8/10) ou même à celle de métiers plus difficiles comme les marins ou les assistants maternels. Pourquoi ? Parce que si ces employés sont "très peu exposés aux accidents et aux contraintes physiques, le niveau d'exposition à des risques psychosociaux est un peu plus élevé".

Pour réaliser cette note, les auteurs s’appuient sur plusieurs grandes enquêtes publiques (Insee et Dares notamment). 24 indicateurs sont retenus pour couvrir six grandes dimensions de la qualité de l’emploi : salaires, conditions d’emploi, conditions de travail, temps de travail, carrières et représentation collective.

Cette méthodologie présente toutefois plusieurs limites clairement assumées par les auteurs. D’abord, les indicateurs sont des moyennes par métier : ils masquent donc de fortes disparités individuelles liées à l’âge, au genre, au niveau de diplôme ou au secteur d’exercice. Et puis, les auteurs soulignent que ces 24 indicateurs, s’ils facilitent la lecture, ne doivent pas être interprétés comme une mesure absolue de la qualité d’un emploi. Les auteurs n’excluent pas de mener une analyse complémentaire dans un second temps.