Recrutement : 80 % des candidats victimes de " ghosting " – enquête Jooble 2026

Jooble

Alors que le marché de l'emploi reste tendu, une pratique s'installe durablement dans les mœurs des recruteurs au détriment de l'expérience candidat : le " ghosting ".

Une nouvelle étude menée par Jooble, plateforme de recherche d’emploi, auprès de 1 337 actifs en France, révèle un fossé grandissant entre les attentes de professionnalisme des candidats et les pratiques réelles des entreprises.

Un décalage persistant dans la culture du feedback

L’étude souligne une asymétrie dans les pratiques de communication entre candidats et recruteurs. Alors que 91,8 % des candidats considèrent comme une règle de courtoisie de prévenir systématiquement s'ils ne peuvent honorer un entretien, le retour d'information après un échange peine à se généraliser côté employeur.

  • 80 % des postulants ont déjà été confrontés à une absence de réponse après un entretien.
  • Pour 58,9 % d'entre eux, cette situation est régulière (plus de 3 fois).
  • Bien que ce silence intervienne surtout après l'envoi du CV (80,7 %), il reste présent à des étapes clés : après un premier échange (10,2 %) ou l'entretien final (9,1 %).

Structure des processus : l'enjeu de l'agilité et de la personnalisation

Le cœur de l'étude porte sur l'organisation des étapes de sélection. Les candidats expriment une volonté de voir les processus se simplifier et s'humaniser, notamment face à la montée des outils automatisés :

  • La durée idéale : Pour 57,3 % des actifs, un processus ne devrait pas dépasser 1 à 2 étapes pour rester efficace.
  • L'investissement personnel : La question des tests techniques est sensible. 16,3 % des répondants déclarent avoir déjà réalisé un cas pratique de plus de 4 heures sans jamais recevoir de débriefing par la suite.
  • Le rôle de l'IA : Si l'automatisation permet de gagner du temps, elle rencontre des limites en termes d'expérience candidat. 59,2 % des sondés jugent les réponses automatiques par IA comme « déshumanisantes » et privilégient un retour humain, même court. Seuls 30,8 % estiment que l'IA est une alternative préférable à l'absence totale de réponse.

Impact sur l'engagement et attentes réglementaires

Le manque de retour après un investissement conséquent impacte directement le moral des candidats. Pour 46,3 % d'entre eux, cela se traduit par une perte de confiance en leurs capacités.

Cette situation pousse une grande majorité à souhaiter un cadre plus formel : 86,4 % des répondants se disent favorables à une loi imposant aux entreprises de répondre formellement à chaque candidat reçu en entretien.

L'enjeu pour les recruteurs en 2026 n'est pas de rejeter l'IA ou les tests techniques, mais de les intégrer dans un parcours qui respecte le temps et l'engagement du candidat. La technologie doit soutenir le lien humain, pas le remplacer. Un feedback, même automatisé mais pertinent, est un premier pas vers une relation plus équilibrée.

Vers un blacklistage des entreprises « fantômes » ?

Si 45,3 % des candidats se disent prêts à postuler de nouveau dans une entreprise qui ne leur a jamais répondu par pure nécessité (opportunités limitées), leur confiance envers l’employeur reste durablement impactée. Ce constat s'accompagne d'un sentiment de durcissement du marché : 62,7 % des actifs estiment que l'attitude des recruteurs s'est durcie et qu'ils sont devenus plus exigeants au cours de l'année passée.