Intérim : la grande métamorphose

Hier synonyme de précarité, l’intérim devient peu à peu un phénomène de société, plus adapté aux jeunes générations et en phase avec les besoins des entreprises. Même les cadres se laissent tenter.

A en croire le récent baromètre publié en décembre dernier  par Prism'Emploi, une organisation qui représente les professionnels du recrutement et de l'intérim, 2017 a été une année dynamique pour le secteur de l'intérim. En 2018, la tendance devrait se confirmer, voire s’amplifier. Hier synonyme de précarité, l’intérim deviendrait-il un phénomène de société, plus adapté aux jeunes générations et en phase avec les besoins des entreprises ?

La législation tente aussi avec la loi Travail de donner de nouvelles conditions et de nouveaux cadres pour faire une première approche entre souplesse et sécurité, même si cela n’est qu’une première étape, l’équilibre n’étant pas encore là. Cela implique de facto, pour les entreprises, une remise en question des process de recrutement, de management et d'accompagnement des salariés.

En effet, le monde du travail n’a jamais eu autant recours à des contrats intérimaires. Depuis une dizaine d’années, il existe une véritable inflexion des types d’emplois habituellement connus par les Français depuis plus de 40 ans. Depuis 10 ans, seules les formes d’emplois dites flexibles (CDD, travailleur indépendant, intérim…) ont progressé. Parallèlement, le nombre de salariés en CDI n’ayant quasiment pas changé.

L’intérim, une réponse adaptée aux besoins des entreprises… et des nouvelles générations ?

La fluctuation grandissante d’activités dans la majorité des secteurs fait de l’intérim un des modes de recrutement des plus adaptés car il permet flexibilité et grande réactivité. C’est d’autant plus important que ces fluctuations ne sont plus attachées seulement aux cycles de l’économie mais au fonctionnement quotidien de l’économie, conséquence d’une accélération du rythme des innovations technologiques, une intensification de la concurrence et une incertitude grandissante de l’avenir liée à des modes de consommation de plus en plus erratiques. L’entreprise va donc chercher plus de souplesse dans l’organisation du travail, et l’intérim est une réponse, notamment quand l’entreprise à des difficultés à recruter des talents pour franchir un cap.

Qui sont les intérimaires ? Pourquoi choisissent-ils ce mode de travail ? Qui sont ces ambassadeurs à multiples facettes des sociétés d’intérim ? Des non-embauchés ou des embauchés à temps partiel ?

Autrefois, l’intérim était synonyme de précarité et d’activité temporaire, un non-choix. Si les idées reçues ont la vie dure, les choses évoluent. L’intérim est de plus en plus choisi, et ce par des profils très différents, même si évidemment, tous les travailleurs temporaires le font aussi par nécessité.

L'intérim n'est plus seulement réservé au métier de la production ou à l'étudiant, le cadre diplômé choisit lui aussi de plus en fréquemment ce statut !

Les millennials en tête trouvent dans l'intérim cette flexisécurité qui leur tient à cœur, plus en phase avec leurs attentes qu’une organisation classique. Selon une étude Deloitte, pour près de 70% des jeunes travailleurs temporaires, il est inconcevable de travailler pour une organisation rigide qui mettrait en péril leur bien-être, leur motivation et leur engagement. Et plus de 84% voient la flexibilité offerte par l’intérim comme une véritable source de motivation et de bien-être.

Et cette flexibilité positive attire des profils les plus diversifiés ! En effet, ce statut répond aux attentes des juniors, qu’ils soient stagiaires en quête d’expériences multiples ou étudiants souhaitant un travail alimentaire. Ils peuvent également être slasher, freelance, chômeur, ou encore des personnes réintégrant le marché du travail. Elle répond également aux attentes des seniors, soit par envie de garder une activité professionnelle et une insertion sociale ou de transmettre ses connaissances, soit pour des besoins de complément financier.

L’intérim est également un excellent moyen de valoriser et donner du sens aux parcours d’actifs de plus en plus diversifiés, pluri-polyvalents et multi-employeurs. Ambassadeurs à multiples facettes des sociétés d’intérim, ces non-embauchés représentent un réel atout pour les employeurs et leurs agences, disposant ainsi d’une main d’œuvre qualifié ou compétente, désireuse d’intégrer rapidement une nouvelle mission grâce à leur forte adaptabilité et leur envie d’apprendre davantage.

Pour ces flexiworkers, l’avantage de ce modèle est la flexisécurité. C’est un point différenciant crucial au regard du développement de toutes les autres plateformes actuelles. L’intérim permet de conserver une certaine indépendance sans subir les risques du travailleur indépendant, en gardant les droits sociaux communs ou sans s’exclure du marché de l’emploi et d’une embauche éventuelle.

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