50 morts et 15 000 blessés par an : c'est l'un des métiers les plus dangereux de France
Quand on évoque les métiers dangereux, on pense spontanément aux policiers, aux pompiers ou aux militaires. Pourtant, selon les statistiques officielles, ces professions ne figurent pas dans le classement des secteurs les plus mortels en France. Les données révèlent une tout autre réalité.
Un secteur professionnel enregistre chaque année plus de 12 000 accidents du travail ayant donné lieu à un premier règlement, avec 52 décès recensés en 2023. Ce qui représente un taux de mortalité de 2,38 pour 10 000 salariés. Ces chiffres alarmants concernent 218 280 professionnels exposés quotidiennement à des risques multiples.
Il s'agit du transport routier de fret interurbains. Cette profession cumule les facteurs de danger : accidents de la route, malaises cardiaques liés au stress et à la sédentarité, troubles musculo-squelettiques dus aux postures prolongées, et isolement géographique compliquant les secours d'urgence. D'après l'Institut national de recherche et de sécurité, un malaise mortel au travail sur cinq concernerait un conducteur de camion, avec la moitié des victimes âgées de moins de 51 ans.

Ces données proviennent entre autres des statistiques 2023 de l'Assurance Maladie sur la sinistralité par secteur d'activité. Cependant, c'est le métier de marin-pêcheur qui détient le triste record de dangerosité. Selon le bilan 2019 du Service de santé des gens de mer, ce secteur affiche un taux de mortalité de 7,24 pour 10 000 marins pêcheurs, soit plus du triple du transport routier. Les risques incluent les chutes à la mer, les naufrages, les conditions météorologiques extrêmes et la manipulation d'équipements lourds. En 2019, 11 des 14 décès maritimes concernaient la pêche.
D'autres secteurs présentent également des taux de mortalité élevés. La fabrication de béton prêt à l'emploi enregistre 4,59 décès pour 10 000 salariés, la fabrication d'équipements d'emballage, 3,81 décès. Les travaux de terrassement affichent un taux de 2,45 pour 10 000, confirmant la dangerosité du BTP. Les militaires, contrairement aux idées reçues, présentent un taux de mortalité de 1,03 pour 10 000 entre 2002 et 2007 (dernières statistiques officielles), principalement dus aux accidents de circulation et aux suicides.
L'évolution des accidents du travail en France révèle une tendance préoccupante. En 2023, l'Assurance Maladie a recensé 759 décès sur plus de 700 000 accidents du travail, soit 21 morts supplémentaires par rapport à 2022. Cette augmentation de 2,8% marque une dégradation continue depuis 2020. La CGT dénonce une "aggravation alarmante", pointant du doigt l'intensification des rythmes de travail : 57% des décès sont liés à des malaises, reflétant le stress professionnel croissant. Les jeunes de moins de 25 ans représentent 33 décès, dont 60% surviennent dans leur première année de poste. Toutefois, les chiffres sont toujours plus bas que la période avant Covid.