Cette fois-ci, on connaît vraiment les métiers qui peuvent déjà être remplacés par l'IA, et personne n'est à l'abri
Le marché de l'emploi n'a jamais été aussi incertain depuis l'irruption de l'intelligence artificielle. Microsoft publie une étude inédite sur les métiers en première ligne face à cette révolution.
Depuis que l'intelligence artificielle générative est sortie des laboratoires pour s'inviter dans la vie quotidienne, l'équilibre du marché du travail vacille. Aux Etats-Unis, la tendance est déjà bien engagée : de plus en plus de jeunes diplômés, notamment dans l'informatique, peinent à décrocher un premier emploi. En France, le phénomène commence à se faire sentir chez les profils juniors, mais il ne s'arrête pas là. Selon une vaste analyse menée par Microsoft Research, de nombreux autres métiers pourraient voir leur nombre de travailleurs humains se réduire.
Microsoft n'a pas fait de simples prévisions, mais a analysé 200 000 vraies conversations entre utilisateurs et son chatbot Bing Copilot pour voir concrètement quelles tâches l'IA réalise déjà bien, et dans quels métiers cela compte le plus. L'étude a ensuite évalué, grâce à un score, où l'IA est déjà vraiment utile ou pourrait remplacer l'humain sur une partie du travail. L'idée n'est pas d'annoncer la fin des emplois, mais de montrer où l'IA peut déjà faire gagner du temps ou faire certaines tâches seule, ce qui pourrait peu à peu changer le nombre de personnes nécessaires dans ces métiers.
Dans l'étude, Microsoft dévoile le classement précis des métiers où l'intelligence artificielle générative atteint le score le plus élevé, c'est-à-dire où elle peut déjà, en pratique, réaliser une grande partie, si ce n'est la quasi-totalité, des tâches centrales.

En tête, on trouve les interprètes et traducteurs, suivis de près par les historiens, puis les auteurs et écrivains, les commerciaux de services, les programmeurs de machines à commande numérique (CNC), les animateurs radio et journalistes, les représentants du service client, les télévendeurs, les politologues et enfin les mathématiciens. L'étude révèle que, pour ces métiers, non seulement l'IA est capable d'assister l'humain dans la majorité des tâches, mais elle peut aussi en effectuer une part de façon quasi autonome.
Pour autant, le rapport nuance l'ampleur du phénomène. Il ne faut pas s'attendre à un tsunami immédiat de suppression d'emplois : la progression de l'IA dans les entreprises sera progressive, métier par métier, et dépendra autant des choix organisationnels que des contraintes techniques ou réglementaires. Mais les effets pourraient tout de même être douloureux, surtout pour les jeunes entrants ou ceux dont l'emploi consiste essentiellement à traiter de l'information. Et l'étude ne prend même pas en compte la robotique, qui viendra tôt ou tard bouleverser les métiers plus manuels.
Un constat que partage Elon Musk lui-même, qui prédit la disparition d'une "partie significative de l'emploi humain" sous l'effet combiné de l'IA et de l'automatisation. Et il ne faut pas oublier que la robotique progresse elle aussi très vite : bientôt, ce ne seront plus seulement les métiers de bureau, mais aussi ceux qui demandent des gestes manuels qui seront touchés.