Etre heureux au travail : comment y parvenir

Par La Rédaction

Etre heureux au travail : comment y parvenir

La vie de bureau n'est pas forcément rose tous les jours. Collègues, chefs ou clients, les motifs d'agacement et de démobilisation sont nombreux. Et, à la longue, elles peuvent vous conduire à broyer du noir.

Pourtant, avec un peu de volonté, on peut bousculer les choses pour retrouver la motivation. Bien évidemment, il ne s'agit pas de se voiler la face sur ce qui va mal. Mais plutôt de prendre les choses en mains pour, dans la mesure du possible, trouver du plaisir à aller au bureau et être heureux au travail.

Pour vous aider, le Journal du Net a interrogé Augustin Paluel-Marmont, cofondateur de Michel et Augustin, et Monique Pierson, auteur de "Et si on décidait d'être heureux au travail ?". Implication, autonomie, ambitions... les ingrédients de la recette du bonheur au travail sont à portée de main.

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Exceller grâce à ses points forts

Le travail bien fait constitue une source inépuisable de plaisir professionnel. Evidemment, nous n'avons pas tous les mêmes aptitudes ni les mêmes facilités. "Le talent, c'est ce que vous faites mieux que les autres sans vous lasser", analyse Monique Pierson. En focalisant votre activité sur vos points forts, vous multipliez les sources de satisfaction. Si votre responsable n'a pas compris que vous excelliez à l'oral, c'est à vous de le lui faire comprendre en saisissant chaque occasion de briller en public. "Vous devez réussir à expliquer pourquoi l'entreprise a intérêt à ce que vous changiez de fonctions", poursuit-elle.

Vous devez absolument éviter de vous retrouver cantonné à une fonction qui n'est pas calibrée pour votre profil, au risque de très mal le vivre. Au pire, quand vous ne pouvez y couper, recherchez des solutions palliatives. "J'ai croisé un manager dysorthographique qui a dû se résigner à faire relire ses e-mails destinés à l'extérieur par un collègue", se souvient Monique Pierson.

Développer sa confiance en soi

C'est est l'un des éléments les plus importants pour être heureux au travail. "Si vous n'avez pas confiance en vous, vous risquez d'adopter des comportements nocifs, assure Monique Pierson. Inversement, les personnes avec davantage d'assurance parviennent à exprimer leur point de vue sans agressivité et donnent confiance aux autres."

Evidemment, acquérir cette force ne se décrète pas. Mais cela se travaille en fonction de son profil. Certains auront besoin d'encouragements, d'autres d'acquérir de l'expérience. Ce travail est vital : un cruel manque de confiance parasite l'épanouissement professionnel car il distille en permanence le doute sur la qualité de ses réalisations. Une réserve cependant : un excès de confiance en soi peut aussi nuire. Il faut trouver la juste proportion entre assurance et saine remise en question.

Se projeter dans l'avenir

Prendre du plaisir dans son travail au quotidien, c'est très bien. Mais cela ne suffit malheureusement pas toujours. Donner "du" sens à son job, c'est aussi lui donner "un" sens, c'est-à-dire une direction. Lorsque l'on se sent coincé dans son poste sans possibilité d'évolution, la démobilisation n'est jamais loin.

"Il faut absolument créer les conditions de la mobilité", estime Monique Pierson. Cela passe entre autres par des formations qu'il ne faut pas hésiter à solliciter pour élargir son horizon professionnel. Augustin Paluel-Marmont l'a bien compris. "Chez nous, les salariés sont en perpétuelle évolution, illustre-t-il. Une secrétaire est certes recrutée pour ses compétences mais elle n'a pas vocation à rester à ce poste toute sa vie." Dans certains grands groupes, cette logique a conduit à multiplier les grades d'évolution. Ces multiples strates sont parfois artificielles mais elles permettent d'inscrire le salarié dans une progression continue.

Partager la bonne humeur

Le bonheur ne se décrète pas, mais il se diffuse. Et une ambiance collective où règne la bonne humeur constitue l'un des meilleurs remparts face à la morosité. Chacun doit trouver les petits arrangements qui égayent le quotidien. "Chez Michel et Augustin, les salariés sonnent une grosse cloche pour annoncer une bonne nouvelle, raconte Augustin Paluel-Marmont. Des pots sont aussi organisés à droite à gauche." Autant d'occasions de se réjouir ensemble des succès obtenus et de faire circuler les informations au sein des équipes.

Cependant, vous ne devez pas attendre d'avoir des patrons sympas pour organiser des réjouissances. Chacun, à son niveau, dispose de moyens pour améliorer l'ambiance au sein de l'entreprise. Et si cela ne prend pas et que cela vous pèse, pensez sérieusement à aller chercher des gais lurons ailleurs.

Trouver l'environnement qui vous correspond

Chez Michel et Augustin, l'ambiance de travail se fait résolument sur le mode de la bonne humeur. On pourrait croire qu'un environnement sympa suffit pour être heureux au travail. Malheureusement, cela ne fonctionne pas toujours. "Nous nous sommes déjà trompé dans notre recrutement", confie Augustin Paluel-Marmont. Ses ex-salariés, qui ne se sont pas adaptés à la PME, sont allés voir ailleurs. Et ils sont probablement plus heureux aujourd'hui.

Nous ne sommes pas tous calibrés pour nous épanouir dans un même environnement, nous n'avons pas les mêmes attentes au travail, ni les mêmes ambitions. PME ou grand groupe ? Ambiance décontractée ou studieuse ? Chacun doit s'interroger sur le contexte qui lui convient le mieux pour être heureux. Et, surtout, agir en conséquence. "Certains attendent d'être viré, déplore Augustin Paluel-Marmont. Or, démissionner constitue parfois le meilleur moyen de se prendre en main."

Augmenter son autonomie

Les contraintes qui pèsent dans le cadre professionnel peuvent porter sur le contenu du travail, les objectifs ou les missions. Mais plus souvent, elles portent sur la manière de faire : les méthodes, les organisations ou les process. "Les managers doivent absolument laisser à leurs équipes de la latitude sur le "comment faire" pour que celles-ci prennent plus de plaisir au travail", estime Monique Pierson.

Malheureusement, cette confiance est rarement naturelle dans la hiérarchie. "C'est assez difficile pour un manager de se montrer plus souple car on a toujours l'impression de faire mieux les choses que les autres, confesse Augustin Paluel-Marmont. Pourtant, cela n'empêche nullement d'avoir des exigences élevées sur les résultats." Côté collaborateur, reprendre la main sur son quotidien aide à retrouver le goût au boulot. Même s'il faut se battre avec son chef... ou avec ses vieilles habitudes, qui empêchent trop souvent d'envisager des manières plus épanouissantes de travailler.

Trouver du sens à son quotidien

A partir d'une certaine taille, une entreprise se divise : branche, division, service... Pas facile, dans ces condition de prendre la mesure de la finalité de son travail. L'ambiance du service a beau être excellente, le sentiment de n'être qu'un rouage d'une machinerie tellement complexe qu'elle en devient incompréhensible peut se révéler angoissant.

"Il est très important de faire circuler l'information pour que chacun dispose d'une vision à 360° sur l'activité", estime Augustin Paluel-Marmont. Dans sa PME, cela passe par exemple par des réunions hebdomadaires où chacun raconte à tous ses projets pour la semaine à venir. Si votre hiérarchie manque de pédagogie, efforcez-vous d'obtenir une vue élargie par vous-même. Initiez des rencontres avec d'autres services, posez des questions... Cette curiosité est indispensable pour prendre conscience de son utilité et trouver la motivation pour aller travailler.

Envoyez des ondes positives

Pesante, l'ambiance de travail peut devenir source de souffrance. Pourtant, il ne faut jamais oublier que l'on participe, à son échelle, à l'atmosphère générale d'une équipe ou  d'une relation. "Votre attitude génère une ambiance positive ou conflictuelle, répète Monique Pierson. Un sourire génère neuf fois sur dix un autre sourire." Bref, la bienveillance crée de la bienveillance.

C'est aussi vrai en dehors du service. Confronté à une réclamation, il est facile d'en vouloir à ce client qui se plaint. Pourtant, pour peu que l'on essaie de se mettre à sa place, la chose devient plus facile. "Quand je travaillais en hypermarché, je recevais le samedi après-midi les clients insatisfaits, se souvient Monique Pierson. Quand ils repartaient, ils avaient toujours le sourire, certains s'excusaient même d'avoir pris de mon temps." Sauf face à des personnes intrinsèquement désagréables, votre comportement peut changer le cours d'une relation et alléger ainsi votre quotidien.

Se prendre en main

Difficile de trouver de l'intérêt à son travail si l'on sent que tout nous échappe. Pour donner du sens à son quotidien, il faut absolument reprendre l'initiative. Malheureusement, les rouages de l'entreprise peuvent réduire notre liberté d'action. Surtout, il arrive que les collaborateurs se complaisent à rester spectateurs de leur carrière.

"Je suis parfois frappé par le décalage d'attitude qui existe chez certains entre leur vie privée et leur vie professionnelle, déplore Augustin Paluel-Marmont. Avec leur famille, leurs amis, leurs engagements, ils se comportent comme des entrepreneurs mais, au bureau, ils se contentent d'être des numéros." Pour mener ses projets, réclamer des dossiers ou changer de job, le collaborateur doit avant tout compter sa motivation et son engagement, quitte se faire violence... Votre entreprise a besoin de votre aide pour vous rendre heureux.

Faire preuve d'imagination

Au travail comme ailleurs, le mal-être s'aggrave quand les problèmes ne trouvent pas de solution. Pour éviter de voir la situation pourrir et votre motivation s'envoler, l'urgence consiste à trouver des réponses, même s'il faut pour cela faire preuve d'un peu d'imagination.

Au cours de sa carrière, Monique Pierson a dirigé un hypermarché. L'une des principales difficultés qu'elle rencontrait consistait à organiser le planning de travail des caissières, tiraillées entre l'activité frénétique du samedi et leurs obligations familiales. "Il n'y avait pas de solution, jusqu'à ce que je pense à faire appel aux étudiants, disponibles les week-end et les jours fériés, se souvient Monique Pierson. Aujourd'hui, cela est devenu courant, mais il y a vingt ans, c'était innovant." En changeant de lunettes, en essayant de sortir des chemins battus, il est possible de trouver des réponses nouvelles à des problèmes qui minent votre vie professionnelle.