Le vrai défi : bouger au-delà de l'heure de sport

Gymlib

Malgré une pratique sportive en hausse, les Français restent sédentaires. L'enjeu : intégrer davantage de mouvement au quotidien, avec un rôle clé pour les entreprises.

Et si le vrai enjeu n’était plus de faire davantage de sport, mais de bouger davantage au quotidien ? Alors que les initiatives comme Septembre Bouge et la Semaine européenne du sport ont remis l’activité physique au premier plan en septembre, un paradoxe persiste : les Français font de plus en plus de sport, mais restent massivement sédentaires.

Selon le dernier Baromètre Sport-Santé Ipsos, 72 % des Français déclarent pratiquer une activité sportive et y consacrent en moyenne plus de quatre heures par semaine, presque deux fois plus qu’il y a dix ans. Pourtant, plus de 37 % des adultes restent assis encore plus de huit heures par jour.

Le sport progresse, mais le mouvement journalier ne suit pas forcément. On peut faire deux ou trois séances par semaine et passer malgré tout l’essentiel de nos journées assis. Au bureau, dans les transports, en télétravail ou devant les écrans, nos modes de vie laissent finalement assez peu de place au mouvement. Le problème n’est donc pas seulement de trouver une heure pour faire du sport, mais de bouger le reste du temps. 

Le sport doit pouvoir s’adapter à nos vies

Pendant longtemps, la réponse à la sédentarité a surtout été d’encourager les Français à faire davantage de sport. Mais une séance de fitness le soir, un match le week-end ou une sortie running ne suffisent pas à compenser des journées entières passées derrière un bureau. D’autant plus si les conditions ne suivent pas. Selon le Baromètre Sport-Santé, 68 % des Français rencontrent au moins un frein à leur pratique sportive. Le coût arrive en tête, mais les horaires, le manque de diversité de l’offre ou encore l’éloignement des infrastructures jouent aussi. Autant de contraintes qui rendent plus difficile l’installation d’une pratique régulière.

Continuer à demander aux Français de faire plus de sport sans agir sur ces freins serait donc passer à côté d’une partie du problème. Pour que l’activité physique trouve réellement sa place dans les habitudes - et un emploi du temps déjà chargé - elle doit être plus simple d’accès et mieux s’adapter aux contraintes de chacun. Cela passe par davantage de choix et de flexibilité, mais aussi par la possibilité de pratiquer selon ce que l’on recherche : se dépenser, faire une coupure, se sentir mieux ou simplement bouger davantage.

L’entreprise a aussi un rôle à jouer

La plus grande partie de nos journées se passe au travail, souvent derrière un écran, et les salariés en ont conscience : selon le baromètre santé des salariés d'EGYM Wellpass, 9 salariés sur 10 estiment que leur environnement de travail a un impact néfaste sur leur santé à long terme[1]. L’entreprise ne peut donc pas rester en dehors de la réflexion sur la sédentarité, son rôle n’est pas de demander aux salariés de devenir plus sportifs, mais de leur donner davantage d’occasions d’être actifs. Une étude menée par ASICS a montré qu’après seulement une semaine de pauses actives régulières, le score de bien-être mental des participants a augmenté de 22,5 %, tandis que leur niveau de stress ressenti a diminué de 14,7 %. Des résultats obtenus avec seulement 15 minutes d’exercice.

Cela peut passer par le cofinancement d’une activité sportive, leur donnant accès à des infrastructures proches du lieu de travail ou domicile, des créneaux plus souples pour pratiquer, mais aussi par des aménagements simples, comme des bureaux réglables en hauteur qui permettent d’alterner plus facilement entre les positions assise et debout.

 Mais surtout, il faut sortir d’une vision de l’activité physique limitée aux seuls moments où l’on « fait du sport ». Si pratiquer une activité sportive reste essentiel, lutter contre la sédentarité suppose aussi de remettre du mouvement dans le reste de la journée. Cela peut passer par des choses très simples : marcher quelques minutes entre deux rendez-vous, privilégier les escaliers à l’ascenseur, ou encore interrompre régulièrement les longues périodes d’immobilité. En complément du sport, ces moments comptent aussi, car au-delà des bénéfices physiques, ils contribuent directement au bien-être mental.

Et après ?

Septembre Bouge a le mérite de remettre l’activité physique au premier plan. Mais une campagne d’un mois ne suffira pas, à elle seule, à faire évoluer des habitudes installées toute l’année ; et d'autant plus sans une réelle implication des entreprises. Le véritable défi n’est peut-être pas de trouver une heure de plus pour faire du sport. Il est de faire en sorte que les heures qui restent soient moins immobiles. L’activité physique ne peut plus être considérée comme un temps à part, que l’on essaie de faire rentrer dans un agenda déjà chargé. Elle doit trouver sa place naturellement tout au long de nos journées. Car finalement, lutter contre la sédentarité ne consiste pas seulement à faire davantage de sport. Il s’agit aussi de réapprendre à bouger.