Recommandations produits : quatre fois plus de clics que les bannières, selon les données de 32 sites

Personyze

Le contenu l'emporte sur l'interruption

Demandez quel est un "bon" taux de clic pour la personnalisation sur un site, et l'on vous répondra le plus souvent par un pourcentage sans dénominateur. Des clics par impression ? Par visiteur ? Par session où le même pop-up s'est affiché trois fois ? Sans cette précision, le chiffre ne dit pas grand-chose.

Nous avons donc mesuré. Nous avons analysé 90 jours de données anonymisées, du 21 juin au 19 septembre 2026, issues des 32 sites de notre plateforme qui utilisent la personnalisation à un volume réel : 1 046 campagnes, 15,9 millions d'actions diffusées et 65,5 millions de sessions. La façon dont ces 32 sites ont été retenus, et ce que ces données ne permettent pas de dire, figurent en fin d'article.

Le résultat : le contenu l'emporte sur l'interruption, à environ quatre contre un

Sur le site médian, 16,1% des visiteurs exposés à une campagne de recommandations produits ont cliqué. Pour les bannières, pop-ups et messages intégrés, ce taux tombe à 4,2%.

Compté par impression plutôt que par visiteur, l'écart se maintient : 11,1% contre 2,6%.

Taux de clic médian sur 32 sites : recommandations produits 16,1 % contre 4,2 % pour les bannières, pop-ups et messages intégrés (par visiteur exposé), 11,1 % contre 2,6 % par impression

C'est à peu près quatre contre un, sur le même ensemble de sites et sur les mêmes trois mois. La dispersion va dans le même sens : un programme de bannières situé dans le meilleur quart des sites (8,9% des visiteurs) reste nettement en dessous de la campagne de recommandations médiane (16,1%).

L'explication n'a rien de mystérieux. Une recommandation s'inscrit dans ce que le visiteur est déjà en train de faire : elle se trouve sur la fiche produit ou dans le panier et répond à la question "quoi d'autre ?". Une bannière ou un pop-up lui demande d'abord d'interrompre ce qu'il fait. Les deux formats ont leur place, et une offre de sortie bien ciblée reste rentable. Mais ce sont deux types de messages différents, qu'il ne faut pas juger à l'aune du même chiffre.

Ce qui se passe après le clic

Les clics sont la partie facile. Ce qui compte, c'est leur transformation en commandes.

Sur le site médian, 11,6% des clics sur des recommandations ont mené à une session avec commande, et les recommandations ont représenté 3,5% du chiffre d'affaires produits, jusqu'à 6,7 % pour le meilleur quart des sites. C'est ce dernier chiffre que je présenterais à un directeur financier : il est attribué au sein de la session, et non revendiqué sur plusieurs visites, ce qui le rend difficile à gonfler.

Deux dénominateurs, et pourquoi il faut toujours demander lequel

Chaque taux de clic cité ici existe en deux versions :

  • Par visiteur exposé : les sessions avec clic, divisées par les sessions où la campagne a été affichée. C'est la logique d'un taux de clic en e-mailing, calculé par destinataire.
  • Par impression : les clics divisés par les affichages, soit la logique du CTR en display.

La session médiane a affiché 1,45 action de personnalisation. Le taux par visiteur est donc environ un tiers plus élevé que le taux par impression, pour une performance strictement identique. Aucun des deux n'est faux. Mais un éditeur qui cite un seul chiffre sans préciser lequel ne vous apprend pas grand-chose.

Pour situer les ordres de grandeur : les benchmarks publiés pour 2026 placent le taux de clic de l'e-mailing marketing autour de 2,3% (Brevo) et celui du display autour de 0,5% (WordStream). Ce sont des canaux et des dénominateurs différents : à lire comme un ordre de grandeur, pas comme une comparaison directe.

Ce que j'en retiendrais

  1. Soigner les recommandations avant d'ajouter un pop-up de plus. Si vos fiches produits, votre panier et vos articles n'affichent pas encore de recommandations, c'est là que se trouvent les clics.
  2. Juger chaque type de campagne à l'aune de son propre repère. Un widget de recommandations se compare à environ 16%, un pop-up d'inscription à la newsletter à environ 4%. Une moyenne mélangée masque les problèmes des deux.
  3. Lire la dispersion, pas seulement la médiane. Tous types de campagnes confondus, la moitié centrale des sites se situait entre 3% et 17% des visiteurs. À 5%, vous êtes dans la norme. À 0,4%, quelque chose ne va pas, le plus souvent un ciblage bien trop large.
  4. Mesurer la part du chiffre d'affaires, pas les clics. Les clics indiquent que le message a été remarqué. La part de la valeur des commandes indique s'il a rapporté.

Méthode, et ce que ces données ne disent pas

Nous sommes partis de l'ensemble des comptes de notre plateforme, soit 2 649, et n'avons conservé que ceux qui étaient actifs, avaient au moins une campagne et une action en production, et avaient diffusé au moins 500 actions sur la période. Il en restait 117 sites qui personnalisent effectivement, dont 32 avec un volume suffisant pour un benchmark. Les campagnes limitées à l'environnement de test et le trafic marqué comme test interne sont exclus. Chaque chiffre est une médiane calculée sur les sites, et non un total agrégé : un gros site ne peut donc pas fausser le résultat.

Certaines questions dépassent cet échantillon, et je préfère le dire :

  • Pas de ventilation par secteur. Nous ne connaissons le type de site que pour 5 des 32, trop peu pour une ventilation.
  • Pas de taux de conversion par campagne. Un seul des 32 sites avait configuré des objectifs au niveau des campagnes.
  • Pas de distinction entre nouveaux visiteurs et visiteurs récurrents. Les deux sont comptés sur des bases différentes dans nos données.