Search Central Live Paris : Google s'arme contre l'AI Slop dans Discover

Search Central Live Paris : Google s'arme contre l'AI Slop dans Discover Le combat passe notamment par de la pédagogie et différentes mesures de filtrage.

Après New York, Madrid, Dubaï et Zurich, le Search Central Live a posé ses valises à Paris le 25 juin dernier. Cet événement se composait, comme à son habitude, d’une journée de discussions et de questions-réponses. On y a vu des Googlers, des équipes de Google, et une partie de la communauté SEO des alentours. Cette année, on a pu y croiser Martin Splitt, Developer relations chez Google, ou encore Shiwani Gupta, spécialisée notamment sur Discover chez Google et arrivée de Californie. Il y avait aussi le très renommé John Mueller, qui coordonne les actions de l'équipe Google Search Relations, présent en visio. Le principe, comme d’habitude : les équipes Search montrent leurs diapositives, évoquent les nouveautés, puis répondent aux questions. Une précision d’importance : cet événement n’était pas enregistré.

Discover et le spam

Parmi les sujets abordés, la lutte contre le spam dans Discover. Pour Sébastien Bulté, directeur associé SEO chez Resoneo, "l’idée était de montrer que Discover reste une verticale du search importante dans la communication de Google." Ce canal peut amener de belles réussites en matière de trafic. L'application Gemini, qui alimente désormais l'expérience Discover, a dépassé les 900 millions d'utilisateurs actifs mensuels en juin 2026, d’après le géant américain. Cela représente un doublement de sa base d'utilisateurs en seulement un an.

Parmi les mesures édictées sur ce canal, un rappel important sur le "Slop AI content". Rappelons que le terme "AI Slop" a déjà été utilisé par Google dans d'autres conférences Search Central Live. Lors du Search Central Live à Zurich, un responsable Google avait insisté sur le fait qu’il dégrade l'expérience utilisateur sur l'ensemble du web. Et que les problèmes dans Discover affectent tout l'écosystème web. Pour certains, l'équipe Trust and Policy de Google semble avoir pris conscience des nombreuses critiques reçues concernant le contenu du fil, particulièrement en Europe.

"La lutte contre l’AI Slop me semble être leur principale bataille", souffle Sébastien Bulté. "Car même s’ils ne l’ont pas dit, on sait que le succès dans Discover réside dans beaucoup de contenus publiés très fréquemment. Donc, Google cherche à filtrer les contenus IA massifs. Ils ne sont pas plus rentrés dans le détail." Il a toutefois quelques idées là-dessus. "Ils doivent croiser plusieurs données. À savoir, le rythme de publication inhabituel ou hors norme par rapport à ce que peut produire un humain, la qualité des contenus, est-ce que ça traite plein de sujets en surface ou est-ce que ça rentre vraiment dans le détail. Ou est-ce que ça propose un sujet vraiment nouveau. Ils doivent aussi tester l'engagement des utilisateurs, et les plaintes reçues."

À travers leur présentation, Google a illustré les deux piliers associés à l'AI Slop. D’abord, le contenu nuisible, incluant des conseils médicaux, financiers ou de tout autre type pouvant mettre en danger une personne, souvent accompagnés d'images de faible valeur générées par IA. Ensuite, le contenu "lowbrow", à savoir du contenu produit en masse sans souci de qualité réelle. Le cas le plus intéressant ici reste l'exemple "pommes de terre / pommes". Le texte, probablement généré ou rédigé à la chaîne, et l'image, sélectionnée automatiquement ou par une IA mal calibrée, ne sont jamais vérifiés ensemble par un humain. C’est le type de signal que Google chercherait à détecter et pénaliser.

Pour lutter contre cela, Shiwani Gupta a mis en valeur "le contenu original, sourcé, de confiance, avec des images de haute qualité", relève Sébastien Bulté. Cela n’est pas sans rappeler les mesures édictées lors de la mise à jour principale de février 2026 pour Discover. À savoir, "l’affichage de contenus plus approfondis, originaux et actuels provenant de sites Web ayant une expertise dans un domaine donné."

Autrement, en cas d’abus, "un contenu de mauvaise qualité peut disparaître avec le temps. Lorsqu’une pénalité ou une dégradation de confiance a été appliquée, il peut falloir beaucoup de temps pour que Google réévalue positivement le site", pointe Killian Le Moal, Lead GEO-SEO strategist et Innovation chez Peak Ace agency.

Améliorer l’expérience utilisateur

Toujours dans la continuité de la mise à jour principale de février 2026, Shiwani Gupta a également évoqué leur volonté de réduire les contenus sensationnalistes et les pièges à clics dans Discover. Une des slides montrées dénonçait l’excès de publicités, l'utilisateur se plaignant que le contenu est noyé sous les pubs, rendant l'article illisible. "Google filtre les articles avec un visuel trompeur, les titres trompeurs, qui survendent l'article ou parlent d’un faux sujet, comme la présentation d'un modèle de téléphone qui n'existe pas par exemple. Il filtre aussi sur les thématiques politiques, racistes. Il filtre sur l'expérience utilisateur, lorsqu’il y a trop de publicité sur la page", résume Sébastien Bulté. Récemment, des éditeurs et des communautés comme l’Anti-Clickbait Society ont par exemple dénoncé le fait que Google force des titres incomplets sur des articles sérieux pour maximiser le taux de clic.

Egalement, le Search Central Live Paris a aussi été l’occasion de parler des Preferred sources. Cette fonctionnalité permet aux utilisateurs de mentionner leurs sites préférés pour les voir apparaître en priorité dans les réponses générées par les IA de Google. "Google recommande aux éditeurs d'inciter leurs visiteurs à s'abonner pour gagner en visibilité", lance Sébastien Bulté. "On voit déjà le bouton pour s'abonner à une source dans Discover. On a déjà la liste des sites présents dans la présélection de sources de Google. Néanmoins, l'impact global est flou. Mais, sur le papier, cela doit privilégier une source indiquée comme préférée pour l'utilisateur qui l'a activé."

"En outre, pour les contenus sponsorisés, tribunes ou partenariats B2B, Google recommande d’ajouter l’attribut nofollow sur les liens concernés", lance Killian Le Moal. "Mais il précise que ce n’est pas indispensable pour le référencement naturel sur Discover, ce qui suggère que Discover n’est pas traité exactement comme la recherche classique sur ce point."

Des rapports bien vides

Cette année, les interventions avaient aussi pour intitulé "Comment Search fonctionne / comment Search utilise l’IA : la mise en bouche, les fondamentaux et la place de l’IA dans le moteur." Ou "AI Overviews / AI Mode, focus sur les nouvelles fonctionnalités (notées « indisponibles en France »)." On sait que Google a récemment déployé un rapport dédié aux performances IA. Alors que ni l’AI Mode ni l’AI Overview ne sont actifs en France.