Cette licorne fera-t-elle enfin rêver ?

Cette licorne fera-t-elle enfin rêver ? Dropbox, le groupe de stockage de données en ligne US, a détaillé ses plans d'IPO et pourrait être valorisé 7,5 milliards de dollars, soit nettement moins que pour son dernier tour de table.

Tout juste un an après l'entrée en fanfare de Snapchat en Bourse, une nouvelle licorne frappe à la porte des marchés. Il s'agit de Dropbox, un fournisseur de stockage de données et de services cloud américain : le groupe prévoit de vendre 36 millions d'actions entre 16 et 18 dollars par titre, soit une augmentation de capital de 648 millions de dollars et une valorisation de 7,5 milliards de dollars en milieu de fourchette. Il s'est déjà assuré du soutien d'un acteur de poids : Salesforce Ventures, le fonds de capital risque du géant américain, s'est engagé à acheter 100 millions de dollars de titres.

Les IPO de sociétés tech de la Silicon Valley sont très symptomatiques à l'heure actuelle car, après plusieurs opérations ratées de grands noms de l'industrie, les nouveaux candidats ont à cœur de démontrer aux investisseurs échaudés qu'ils ont des business models plus solides que leurs pairs. Ainsi, Dropbox s'est efforcé d'expliquer qu'il ne ressemblait pas à Box, un autre fournisseur de services cloud entré en Bourse avec grand succès en 2015, mais qui a depuis perdu 10%. Il s'est plutôt comparé à un autre concurrent coté : Atlassian, qui a fait son IPO la même année mais a vu son cours tripler. Ou encore aux grands mastodontes Apple, Google et Amazon, qui fournissent également ce type de services.

Salesforce Ventures, le fonds de capital-risque du géant américain, s'est engagé à acheter 100 millions de dollars de titres

Et contrairement à Snapchat, qui n'avait émis que des actions sans aucun droit de vote, Dropbox a mis en place deux classes d'actions mais aux conditions moins extrêmes. Enfin, il s'est attelé à montrer qu'il avait une position nette de trésorerie et des cash flows positifs, des arguments essentiels pour les investisseurs notamment en comparaison à des start-up – comme Snapchat – qui sont rentrées en Bourse plus tôt et ont déçu les marchés.

Car les performances des dernières IPO tech ont de quoi refroidir les ardeurs. Après avoir levé 3,4 milliards de dollars en mars 2017 – une opération sursouscrite dix fois – Snapchat a eu du mal à faire la preuve de son modèle de monétisation, et le titre a reculé de 34% en un an. Il a même dû annoncer une troisième salve de suppression d'emplois au début du mois, qui consiste à licencier 10% de ses ingénieurs.

Pire que Snapchat, Blue Apron, le groupe de livraison de kits de repas à domicile, est entré en Bourse fin juin 2017 et a dévissé de près de 80% depuis ! L'opération a certes pâti des méthodes des banques teneuses de livres, qui ont réduit la fourchette d'entrée à la dernière minute, alors qu'elles indiquaient avoir rempli le carnet d'ordres. Le groupe a en outre subi l'annonce du rachat de Whole Foods par Amazon, qui montre un intérêt pour ce créneau et pourrait rapidement concurrencer de plus petits acteurs.

En tout état de cause, même si l'issue de l'introduction en Bourse de Dropbox est favorable, les actionnaires de la dernière heure devraient être contrariés car le groupe a levé son dernier tour de table à une valorisation de 10 milliards de dollars. L'objectif fixé montre que les licornes de la Silicon Valley n'ont désormais que très peu d'espoirs d'être valorisées aussi bien en Bourse que dans les phases précédentes en venture. Les VC n'ont quant à eux plus qu'à espérer que le titre fasse aussi bien qu'un Facebook pour rentrer dans leurs frais, voire mieux.

Article originel publié sur WanSquare par Anne-Laure Peytavin le 13/03/2018.

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