Patrick Guyonneau (DSI-adjoint, Police et Gendarmerie) "Avec nos 250 000 utilisateurs, les licences propriétaires sont très vite très chères"

Le Service des technologies et des systèmes d'information de la Sécurité Intérieure coordonne depuis 2010 l'informatique de la Police et de la Gendarmerie. Le point sur ce gigantesque projet de fusion.

Dépendant du ministère de l'Intérieur, le Service des technologies et des systèmes d'information de la Sécurité Intérieure (STSI2) a été créé fin 2010 dans l'optique de fédérer la gouvernance des systèmes d'information de la Police et de la Gendarmerie.

Regroupant 139 policiers et 149 gendarmes, il a donc pour mission de conduire l'ensemble des projets de système d'information de la Sécurité Intérieure française, optimiser les moyens IT déployés, et penser une politique de l'innovation. Il coordonne aussi la maintenance des systèmes, le support aux utilisateurs, et l'exploitation informatique.


Parmi ses chantiers prioritaires, la direction du STSI2 s'est orientée vers une mise en commun des données. Un projet qui se concrétise en 2012 avec le déploiement d'un système de traitement des procédures judiciaires commun à la Police et la Gendarmerie, qui vient remplacer les deux systèmes existants. C'est une base de données regroupant 57 millions de procédures et 4 millions de photos. D'ici fin 2012, le STSI2 prévoit de poursuivre cette démarche sur le terrain de la gestion des objets. "En 2013, ce sera au tour de la gestion des véhicules volés, et en 2014 des fichiers des personnes recherchées", détaille Patrick Guyonneau, DSI-adjoint de la Sécurité Intérieure.

Pour rapprocher les deux systèmes d'information, le STSI2 a décidé de mettre en place une nouvelle infrastructure informatique (référentiels de données, SIG...). Mais aussi de nouveaux outils de développement, notamment via le choix d'un framework Java (Play! Framework de Zenexity) qui soit aisé à prendre en main. Objectif : créer des équipes mêlant des effectifs issus des deux directions informatiques précédentes.

Enfin, STSI2 reprend la politique Open Source lancée par la Gendarmerie pour les postes de travail. "Nous avons choisi Ubuntu et la suite bureautique OpenOffice pour les postes de la Gendarmerie, Thunderbird pour la messagerie et OCS pour l'inventaire de parc", égraine Patrick Guyonneau. "Nous déployons l'Open Source dès que les technologies sont suffisamment mûres. Avec nos 250 000 utilisateurs, les licences propriétaires sont très vite très chères."