Satyam au cœur d'un historique scandale IT

2008 a été un excellent cru pour la fraude internationale. Après le scandale à 50 milliards de dollars de Bernard Madoff, au tour du PD-G du géant indien des services IT de tomber le masque de l'escroquerie.

Ramalinga Raju, le patron de Satyam, vient en effet de révéler par une lettre datée du 7 janvier au conseil d'administration du groupe s'être livré pendant plusieurs années au jeu dangereux du gonflement et de la falsification des comptes de résultats. Un aveu suivi immédiatement de sa démission.

Ayant eu l'effet d'une bombe, cette annonce a signé l'arrêt de mort de la valorisation du titre côté à la bourse de Bombay qui a sans vergogne été massacrée par les investisseurs. Ces derniers l'ayant fait chuter de plus de 78% en clôture, emportant même dans la foulée l'indice de référence du marché indien de 7,25%.

Considéré comme l'un des fleurons de l'industrie indienne des services informatiques aux côtés de Tata Consultancy Services, Wipro et Infosys, Satyam avait jusqu'à présent toujours été considéré aux yeux du marché, des investisseurs, de ses partenaires et clients (Nestlé, General Electric...) comme une firme responsable et respectable. Du moins jusqu'au mois dernier où les premiers soupçons ont commencé à peser sur la transparence du groupe et de son P-DG.

En décembre, les soupçons sur la transparence du groupe se sont accumulés

Le 16 décembre dernier, par la voix de Ramalinga Raju, la SSII indienne annonce en effet un surprenant rachat éclair d'1,6 milliard de dollars - en cash - de 2 sociétés spécialisées dans le BTP répondant aux patronymes de Maytas Infra et Maytas Properties.

Un rachat dans la foulée immédiatement critiqué par les investisseurs, ces derniers ayant trouvé ce projet de diversification totalement farfelu et inconvenant, d'autant que lesdites sociétés se sont avérées être en réalité aux mains de la famille du PD-G de Satyam.

Face à l'estocade boursière portée par les actionnaires - le titre ayant été sanctionné par une baisse de 30% -, Ramalinga Raju n'aura alors eu pour seul échappatoire de retirer son plan machiavélique. Car en réalité, c'est à un immense manège et scandaleux tour de passe-passe que le PD-G fraudeur aura voulu se livrer.

Après avoir maquillé les comptes de sa société pendant des années, le fondateur indien a fini par se retrouver en clôture de ses derniers trimestriels avec un bénéfice fictif de plus d'1 milliard de dollars sur les bras devenu de plus en plus difficile à camoufler. Sauf à trouver une solution miracle comme parvenir à investir ce faux argent dans de vrais actifs.

Une fraude rocambolesque de plus d'1 milliard de dollars

Et c'est précisément ce qui a amené Ramalinga Raju à la navrante et désespérante tentative de rachat des Maytas. Car c'est bien connu, le linge sale se lave en famille...Sentant plus que jamais le roussi, la situation n'aura en tout cas pas manqué de faire mettre la pression à plusieurs membres du directoire (Mangalam Srinivasan, Mendu Rammohan Rao, Krishna G Palepu et Vinod K Dham) qui ont coup sur coup pris fin décembre la décision de quitter - avant son capitaine - un navire en perdition.

Dans un contexte où toutes les options sont actuellement étudiées jusqu'à la prochaine réunion extraordinaire du conseil d'administration du 10 janvier prochain pour sortir la tête de l'eau (cession totale ou partielle du groupe...).

Aisément comparable à d'autres scandales du genre - type Enron - c'est cependant la première fois qu'une société IT d'une si grande envergure (plus de 50 000 salariés) est empêtrée dans un tel scandale. Reste à savoir pour Ramalinga Raju s'il pourra compter sur l'adage
"faute avouée, à moitié pardonnée".

Ce dernier n'ayant pas manqué dans la lettre remise à son comité de direction de se mettre personnellement en cause (un moindre mal) et de préciser sa mise à la disposition immédiate de la justice. Faut-il y voir là une réaction (enfin) censée de la part du P-DG escroc ? Gageons qu'il sera en définitive revenu aux fondamentaux de l'histoire de sa société, Satyam signifiant en effet "vérité" en langage Sanskrit...

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