Les dessous d'une pratique taboue : les audits d'éditeur de logiciels

Les dessous d'une pratique taboue : les audits d'éditeur de logiciels Une étude d'IDC fait le point sur une pratique taboue, mais pourtant courante : les audits menés par les éditeurs de logiciel. Rares sont les entreprises à s'exprimer sur le sujet.

Commandité par Flexera Software, éditeur de solutions de gestion de licences d'applications informatiques, IDC a réalisé une étude sur la pratique des audits de logiciel. Premier enseignement de l'enquête du cabinet, et pas des moindres : 85% des 1 800 entreprises interrogées (principalement situées en Europe et Amérique du Nord) sont "dans une situation de non-conformité par rapport à leurs contrats de licence d'application".

Une situation dont les éditeurs semblent avoir clairement pris la mesure. Une large majorité des répondants (63%) affirment en effet avoir fait l'objet d'un audit de leur part au cours des deux dernières années. Plus d'un tiers (37%) indiquent même avoir été contrôlés plusieurs fois par leurs fournisseurs durant ce laps de temps.

 

100 000 de dollars de pénalités pour une majorité d'entreprises depuis un an

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56% des entreprises interrogées par IDC ont versé des pénalités de 100 000 de dollars sur la dernière année. © IDC

56% des entreprises consultées par IDC ont été obligées de payer des pénalités de 100 000 de dollars (et 21% de plus d'un million de dollars !)... et ce, uniquement sur la dernière année.

Il existe néanmoins dans les faits une différence de traitement entre grandes entreprises et PME. Les groupes réalisant plus de 4 milliards de dollars par an paient ainsi une part beaucoup plus faible de leur chiffre d'affaires en pénalités que les PME (13 fois moins). Une injustice flagrante quand on sait que les sociétés de petite taille ont moins de moyens, et souvent des organisations en cours de structuration.

Microsoft, l'éditeur le plus agressif en termes d'audit logiciel

"La plupart des entreprises utilisent des logiciels pour lesquels elles n'ont, non intentionnellement, pas payé", commente Flexera Software. Sur ce point, 85% des répondants déclarent même qu'"une partie de leurs dépenses logicielles correspond à des applications non-conformes, et 42% d'entre eux affirment que plus de 10% de leurs dépenses logicielles sont concernées."

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Selon l'étude d'IDC, l'activité de Microsoft en termes d'audit logiciel est loin devant ses concurrents. © IDC

Tous les grands éditeurs de logiciel pratiquent des audits. Force est de constater cependant un groupe qui, sur ce terrain, sort du lot : Microsoft. "Pour la deuxième année consécutive, Microsoft est l'éditeur qui réalise le plus d'audits. 58% des entreprises interrogées ont été contrôlées par lui au cours de la dernière année", constate IDC. "Nous remarquons aussi que sa pratique de l'audit est beaucoup plus égalitaire que ses concurrents". En effet, alors que la vaste majorité des éditeurs préfèrent cibler les grandes entreprises de plus d'un milliard de dollars de chiffre d'affaires, ce n'est pas le cas du groupe de Redmond dont les audits visent toutes tailles d'entreprise (cf. le graphique ci-dessous).

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A la différence des autres géants du logiciel, les audits de Microsoft ciblent de manière assez égalitaire toutes les entreprises. © IDC

 Méthodologie : l'étude d'IDC, commanditée par Flexera Software, a été réalisée auprès de 1 828 entreprises. 41% des sociétés consultées enregistrent plus d'un milliard de dollars de chiffre d'affaires. 56% des répondants sont originaires d'Amérique du Nord, 28% de l'Europe, et 7% d'Australie.