SOS Google : les réponses du mois d'avril

SOS Google : les réponses du mois d'avril Grâce au JDN, les professionnels du search peuvent interroger Google sur les sujets qui les préoccupent. Chaque mois, Vincent Courson, outreach specialist chez Google, répond à leurs questions. Voici la sélection de mars.

Pour comprendre ce que Google veut, il ne suffit pas de bien le connaître, il faut parfois lui parler. C'est ce que le JDN et Vincent Courson, outreach specialist chez Google, vous proposent chaque mois. Postez à tout instant vos questions via notre formulaire, les plus représentatives des thématiques qui intéressent les professionnels seront sélectionnées et envoyées à l'expert. Voici ses réponses, sans filtre.

Est-ce que Google repère les fautes de syntaxe dans le contenu texte et positionne moins bien un site à cause de ça ?

Vincent Courson. Il est compliqué de répondre en une phrase, puisque la réponse est : "pas directement" !

Vincent Courson, outreach specialist chez Google. © VC

Lorsque Google analyse un document pour comprendre comment l'indexer, les systèmes automatiques tentent d'ignorer les erreurs de grammaire ou de syntaxe. Le processus fonctionne de manière similaire à la correction orthographique dans la SERP (page de résultats du moteur de recherche) : Google tente de comprendre que l'utilisateur a fait une faute de frappe ou mal orthographié un nom, et propose la page de résultats avec la requête corrigée. Comme sur l'exemple ci-dessous :

Quand nous estimons que ce système comprend l'intention de l'utilisateur avec suffisamment de précision, nous faisons ce remplacement automatiquement. Il en va de même pour la compréhension des documents découverts par Googlebot pendant le crawl du web : quand un texte crawlé par Googlebot comprend des erreurs orthographiques ou de syntaxe/grammaire, nos systèmes tentent de les ignorer afin de comprendre l'intention de l'auteur et le contenu lui-même. Ainsi, si un webmaster écrit un texte sur "le classemen naturelle ds Googel", le document en question pourra tout de même ressortir pour une requête de type "référencement naturel Google", puisque Google peut interpréter que c'est ce dont traite le document.

© Google

Cependant, cela ne veut pas dire que vous pouvez totalement ignorer les conventions générales de la langue française uniquement parce que "Google sait comprendre le contenu même avec des fautes" ! Premièrement parce que ces systèmes automatiques ne fonctionnent pas dans 100% des cas, et ainsi un document mal composé peut être mal interprété. Mais également parce que vous n'écrivez pas vos contenus pour des robots, mais bien pour des humains. Les internautes savent reconnaître un contenu de qualité et sont susceptibles d'y rediriger d'autres internautes. Si une page est pleine de fautes d'orthographes, de phrases longues et alambiquées, ou de textes de faible qualité écrits à la va-vite, moins d'internautes auront tendance à la considérer comme qualitative. Et Google tente toujours de servir des pages de qualité à ses utilisateurs.

Nous recommandons donc de limiter le nombre de fautes dans vos contenus. Nous donnons de plus amples conseils dans notre Guide de démarrage en SEO, particulièrement dans la section "Optimiser votre contenu".

Je viens d'apprendre que Google ne prend plus en compte les attributs rel=prev/next pour indiquer une liste de produits sur plusieurs pages. Pourquoi ? Et comment fait-il pour comprendre l'ordre des pages ?

Vincent Courson. En 2011, des ingénieurs de la "Indexing Team" de Google annonçaient que les attributs rel=prev/next des balises HTML <link> étaient utilisés par les algorithmes du moteur de recherche pour tenter de comprendre le contenu paginé. Ainsi, ces attributs insérés sur différentes pages/URLs appartenant à une même série (listes de produits sur un e-commerce, articles longs sur plusieurs pages, etc…) nous aidaient à grouper les différents documents dans notre index de recherche.

Nous avons récemment annoncé que ces attributs ne sont désormais plus utilisés dans les algorithmes d'indexation, mais la logique d'indexer ensemble les pages d'un même contenu paginé reste cependant d'actualité ! Nous continuons d'utiliser d'autres signaux afin d'identifier ce genre de contenus. Notamment (liste non-exhaustive) :

  • Une structure de site et un maillage interne clairs et logiques, permettant une navigation aisée et fluide des utilisateurs comme des robots d'exploration des moteurs.
  • Des URLs qui donnent des indices sur le fait qu'un contenu paginé est réparti sur différents documents connectés :
    https://example.com/article/page-1
    https://example.com/article/page-2

Gardez tout de même à l'esprit que beaucoup d'internautes n'aiment pas le contenu paginé, et demandez-vous si c'est la bonne stratégie pour votre site. Si vous décidez de conserver cette structure et aviez déjà mis en place les attributs rel=prev/next, il n'est pas nécessaire de vous donner la peine de les enlever ! En effet, non seulement leur présence n'aura pas de conséquences négatives sur l'indexation de vos pages sur Google, mais plus important encore, ils sont utiles pour d'autres usages (d'autres moteurs de recherche peuvent les utiliser, les navigateurs peuvent les utiliser pour l'accessibilité et le pre-fetching, et sans doute d'autres utilisations que j'ignore…)

Google utilise-t-il les statistiques de taux de clics sur les résultats listés dans la SERP ?

Vincent Courson. Nous utilisons les données comportementales, comme les clics, pour améliorer l'expérience des utilisateurs de notre moteur de recherche. Par exemple, nous pouvons personnaliser les résultats de recherche en prenant en compte les recherches précédemment effectuées et les documents consultés par le biais du moteur de recherche, et parfois afficher une mention dans les SERPs de type : "Vous avez consulté cette page 2 fois. Dernière visite : 17/04/19"

Nous utilisons également les taux de clics, parmi d'autres indicateurs, pour effectuer des évaluations de nos algorithmes ou des tests d'UX. Si nous pensons que la page de résultats sera plus utile pour les internautes avec le titre des documents en police de taille 72, ou en déréférençant tout le contenu en langue espagnole, nous désirons vérifier si notre intuition est correcte. Nous effectuons donc, entre autres, de l'A/B testing et des expérimentations sur une petite partie (souvent 0.1%) de nos utilisateurs, et analysons les résultats pour savoir si les modifications doivent être intégrées au cœur des algorithmes.

© JDN

Lors de ces tests, si les changements que nous étudions créent une baisse de l'utilité perçue de notre moteur de recherche par nos utilisateurs, alors nous ne mettons pas ces changements en place. En revanche, si le test est positif, alors nous mettons en production. Les décisions se prennent lors de réunions de ce type (la vidéo a plus de 8 ans, mais elle donne une idée du type de discussions). Un article publié plus récemment sur le site de CNBC mentionne également des éléments intéressants :
Les membres de l'équipe [qui a mis en place le test, ndlr] ont alors listé plusieurs données collectées lors du test, comme le pourcentage d'utilisateurs ayant cliqué sur un lien-image puis étant revenu immédiatement vers la SERP (un mauvais signe), ou si le temps avant la première interaction de l'utilisateur avec la SERP avait augmenté (mauvais également).

Plus d'informations et des chiffres sur ces tests sont disponibles sur le site "How Search Works."

Comment fonctionnent le crawl et l'algorithme pour Google My Business et Google Maps ? Que prennent-ils en compte ?

Vincent Courson. Etant donné que cette question est à la limite des sujets que je traite habituellement, définissons bien le périmètre de ma réponse : nous allons parler des pages Google my Business uniquement, et de leur apparition dans Google Search et Google Maps. Des résultats locaux qui peuvent apparaître sous la forme suivante :

© VC/JDN

La première chose est qu'il n'existe pour ces propriétés pas de "crawl" à proprement parler, ou en tout cas pas sous la forme que l'on connaît pour la recherche organique. L'information qui remonte pour ces propriétés peut provenir de 4 canaux différents (quelques détails supplémentaires fournis ici) :

  • Vous : c'est-à-dire toute l'information que vous entrez vous-même en utilisant google.com/business.
  • Le web :  autrement dit le site que vous indiquez comme étant le site officiel de votre établissement.
  • Les utilisateurs : car vos clients peuvent poster des photos, des commentaires, etc…
  • Des sources tierces : par exemple vos profils associés sur les réseaux sociaux.

Donc, le meilleur moyen de vous assurer que votre propriété My Business propose du contenu à jour et correct est de la maintenir vous-même régulièrement et d'encourager la participation des utilisateurs. On notera que la mise à jour d'informations pour plusieurs propriétés en même temps est possible par importation groupée.

Pour ce qui est de l'aspect "ranking" des propriétés entre elles, de nombreux facteurs entrent en compte. Il est important de préciser qu'il est impossible de payer Google pour bien apparaître dans ces listings de recherche locale : il ne s'agit pas d'un produit lié à Google Ads. Les facteurs décisifs peuvent être groupés dans 3 catégories générales :

  • Pertinence
    Dans quelle mesure une fiche d'établissement correspond à la requête saisie par l'utilisateur ? Le meilleur moyen de s'assurer que votre fiche apporte une réponse à la question de l'internaute est de vous concentrer sur les points suivants :
    • Assurez-vous que les données entrées sont aussi complètes que possible.
    • Validez vos établissements et leur position géographique.
    • Entrez des horaires d'ouverture à jour.
    • Gérez et répondez aux avis laissés par des utilisateurs, même ceux qui sont négatifs.
    • Ajoutez des photos.
  • Distance
    Cela semble logique, mais ce critère est très important. Quand Google fournit des résultats locaux aux internautes, les considérations de rapidité d'accès à l'établissement sont essentielles.
  • Importance
    Quel est le niveau de popularité d'un business "dans le monde réel" ? Le facteur de notoriété IRL d'un business peut influencer son classement dans les résultats locaux. Il y a également des facteurs spécifiques à la plateforme "Google" qui entrent en jeu, comme notamment :
    • Le nombre d'avis Google et les notes de l'établissement
    • Les positions de votre site associé dans les résultats web peuvent également être prises en compte.

Plus d'informations sur ces points pour améliorer votre classement local sur Google.

Les réponses du mois dernier : 

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