Omar El Zayat (Comité d'organisation JO 2024) "17 start-up ont été retenues par la cellule intégration de l'innovation pour l'organisation des Jeux olympiques "

Président de la cellule "intégration de l'innovation" au sein du comité d'organisation des Jeux olympiques de 2024, Omar El Zayat revient sur les apports des start-up dans l'organisation des JO de Paris.

JDN. Vous présidez la cellule "intégration de l'innovation" au sein du comité d'organisation des Jeux olympiques de 2024. Quel est le rôle de cette cellule ?

Omar El Zayat dirige la cellule "intégration de l'innovation" au sein du comité d'organisation des JO 2024. © Omar El Zayat

Omar El Zayat. Cette cellule a été créée en 2019 et a pour vocation d'accompagner l'organisation des Jeux olympiques dans tous les sujets liés à l'innovation. Nous sommes amenés à travailler avec des start-up mais ce n'est pas une fin en soi. Le but est de livrer les JO et de bien les organiser. Notre cellule n'a pas été créée pour faire plaisir aux start-up qui, d'ailleurs, n'ont pas le monopole de l'innovation. Si nous travaillons avec elles, c'est qu'elles peuvent apporter une vraie plus-value à l'organisation. Une fois les jeux terminés, nous allons recenser toutes les innovations qui se sont avérées utiles et qui permettront d'aider les futurs comités d'organisation et les acteurs de l'événementiel dans l'ensemble.

Comment votre cellule a-t-elle choisi les start-up qui ont participé à l'organisation des Jeux olympiques ?

Dans un premier temps, nous avons commencé par sourcer 600 start-up. Nous avons rencontré 350 d'entre elles. Ensuite il y a eu une phase d'expérimentation qui a servi de phase test. Sur les 35 qui ont participé à cette étape, 17 ont été retenues et ont travaillé avec notre cellule sur l'organisation des Jeux olympiques. Hormis la start-up britannique OnePlan (spécialisée dans la cartographie 3D, ndlr), toutes les entreprises que nous avons choisies sont françaises. Il n'y a eu aucun favoritisme mais celles-ci ont, en proportion, mieux réussi la phase test que les entreprises étrangères. A noter que seulement 6 des 17 start-up sélectionnées appartiennent au secteur de la sportech. Les autres proviennent de domaines variés : data, cleantech, e-RH… Au total, 75% des marchés ont été attribués à des PME et des TPE (ce pourcentage concerne l'ensemble des marchés attribués par le comité d'organisation des JO et pas seulement la cellule "intégration de l'innovation", ndlr).

"Hormis la start-up britannique OnePlan, toutes les entreprises que nous avons choisies sont françaises"

Quels sont les principaux avantages à travailler avec des start-up ?

De manière générale, elles sont bien plus agiles que les grands groupes. Pour la phase expérimentation, nous avons pu remarquer à quel point elles pouvaient s'adapter vite. Le dirigeant d'une start-up peut dire au cours d'une réunion si son entreprise est en mesure de livrer une solution pour la semaine d'après. Si on demande la même chose à un grand groupe, on va nous expliquer qu'ils verront d'abord en interne avant de nous donner une réponse… Plus une entreprise est petite, plus la prise de décision est rapide. Leur capacité de réaction est vraiment appréciable, d'autant plus que nos besoins ont évolué au fur et à mesure que les projets avançaient. Par exemple, Kinomap (une application qui permet aux coureurs et cyclistes d'intérieur de courir et pédaler virtuellement dans les parcours choisis pour les épreuves olympiques, ndlr) a su respecter des deadlines très courtes pour trois expérimentations différentes qui nécessitaient pourtant de maitriser des éléments techniques très pointus.

A l'inverse, quels problèmes les start-up ont-elles pu vous poser ?

Aucun car nous avons effectué un gros travail de sélection. Parfois elles n'ont pas été à la hauteur dans les expérimentations mais ça peut également être le cas d'un grand groupe. Celles qui ont déçu pendant la phase de test n'ont pas été sélectionnées. L'intérêt de notre travail d'expérimentation, c'est d'identifier tous les problèmes et de vérifier que les start-up soient en mesure de tenir leurs promesses. 

Comment les entreprises qui ont collaboré avec vous peuvent-elles tirer profit d'une telle expérience ?

Participer à l'organisation des Jeux olympiques permet de gagner en notoriété. Certaines entreprises qui ont collaboré avec nous étaient vraiment au début de leur aventure. Cette expérience devrait leur ouvrir des portes. Le fait de travailler sur une échelle très importante leur fait également gagner en crédibilité, notamment pour remporter de futurs marchés. Par ailleurs, des start-up ont pu collaborer avec nos partenaires comme Orange. Les Jeux olympiques constituent un véritable tremplin pour elles. Enfin, le fait d'accueillir un tel événement dans notre pays donnera des idées d'innovation à tout l'écosystème. Même les start-up qui n'ont pas participé directement à l'organisation des JO pourront s'inspirer de ce qui a été fait.