Les 5 start-up les plus innovantes d’E-Commerce Paris 2015

Smart data, retours produits, marketing prédictif, showrooms crowdsourcés… Cette année, les villages-start-up du salon ont à nouveau permis de dénicher des pépites.

Mixdata, outil smart data de prospection et marketing BtoB

Créé en mai 2013, Mixdata met la smart data au service de la prospection commerciale et du marketing BtoB. Pour s’informer sur une société, on est aujourd’hui souvent limité aux informations légales. Or le code Naf ne dit plus rien : il n’indique pas qu’on fait de l’e-commerce, qu’on fonctionne en SaaS, qu’on est sous Prestashop, qu’on utilise Paypal et qu’on est interfacé avec Salesforce. La start-up rapproche donc les données légales de toutes les données qu’elle récupère sur le site de la société et sur les réseaux sociaux. "Nous crawlons les sites, associons les données au numéro de Siret figurant dans les mentions légales et restructurons les informations, explique Franck Sauvage, chargé de clientèle. Dans le code source du site, nous détectons par exemple jusqu’à 900 technologies utilisées par le site."

Franck Sauvage, Mixdata © JDN

Mixdata dresse alors une fiche entreprise reprenant repères capitalistiques, implantations géographiques, recrutements ouverts, caractéristiques de l’activité Web (technos utilisées, langues…) et contacts internes, qu’il s’agisse des mandataires sociaux ou des collaborateurs trouvés sur les réseaux sociaux professionnels. "Sont autant que possible précisées leurs coordonnées, y compris les mails éventuellement reconstitués à partir de la structure de mail connue et assortis d’un degré de probabilité", ajoute Franck Sauvage. Evidemment, l’outil permet de faire des recherches via de très nombreux critères dans cette base (qui comprend notamment 60 000 sites d’e-commerce français), de créer des listes d’entreprises répondant aux critères de recherche, de créer des carnets de contact, de les partager ou de les exporter, ou encore d’obtenir une dataviz de ces listes. Mixdata, JEI financée sur fonds propres, commercialise sa solution en SaaS pour 100 euros par mois par utilisateur, plus des crédits à l’année que l’on dépense à chaque action.

Show-Roomer, réseau crowdsourcé de showrooms

Né en 2014, Show-Roomer propose un réseau crowdsourcé de showrooms constitué par les acheteurs eux-mêmes. Imaginons que vous soyez très tenté par un canapé sur le site d’un pure player (ou d’un distributeur qui ne dispose pas de magasin près de chez vous). Vous voudriez le voir avant de l’acheter. Sur la fiche produit du canapé, le marchant intègre un encadré Show-Roomer où un champ vous permet d’indiquer votre code postal. Apparaissent alors sur une carte les personnes qui ont déjà acheté ce canapé et accepté de devenir showroomer. Vous renseignez votre mail et votre numéro de téléphone et Show-Roomer vous rappelle. "Parfois, un simple complément d’information d’avant-vente suffit, sinon on affine le besoin", explique Armel Tricaud, cofondateur. Peut-être qu’un canapé 2 places au lieu de 3 serait plus proche de chez vous et vous suffirait pour juger, ou qu’un meuble différent mais avec le même cuir vous permettrait d’en évaluer la qualité…

Armel Tricaud, Show-Roomer © JDN

Show-Roomer vous indique alors les coordonnées de l’acheteur "on-boardé" pour que vous conveniez ensemble d’un rendez-vous. "Chaque vente devient donc un showroom potentiel", souligne Armel Tricaud, qui a déjà signé Maison-facile.com, Lodus, Prodealcenter et Misterbabyfoot. Si la vente se fait, le marchand récompense le showroomer par un bon d’achat et la start-up prend une commission de 4 à 5% du montant de la vente. D’ici 6 mois, Show-Roomer proposera une étape plus complète de pré-qualification en ligne par le consommateur, le marchand décidant si le coup de téléphone est utile ou non. Incubée à Numa Sprint (saison 7), la jeune pousse a déjà levé 150 000 euros.

ShopRunBack, application multi-marchands de retours produits

Lancée début 2014, ShopRunBack édite une application facilitant les retours produits. Le cyberacheteur qui désire retourner sa commande ouvre l’application, choisit le lieu d’enlèvement, sélectionne le marchand, renseigne son numéro de commande, prend en photo le produit, indique le motif de retour, valide la date et le créneau d’enlèvement, puis rentre son numéro de carte bancaire. ShopRunBack envoie un coursier, emballe l’article et le renvoie au marchand. Si ce dernier est client de la solution, il visualise sur un back-office les retours attendus, les trace et peut envoyer les informations correspondantes à ses entrepôts qui vont les réceptionner. Il dispose aussi d’analytics qui examinent les retours au regard de divers leviers marketing, par exemple pour savoir si le taux de retour augmente en cas de promotion. "ShopRunBack est en particulier utile aux marchands crossborder puisque nous leur proposons d’utiliser comme adresse de retour nos plateformes logistiques dans une vingtaine de pays, opérées par nos partenaires locaux", souligne Florian Laudillay, cofondateur. S’y déroule également un contrôle de la qualité du produit retourné, selon un process défini avec le marchand.

Florian Laudillay, ShopRunBack © JDN

Si celui-ci souhaite offrir le retour à l’acheteur, c’est lui qui rémunère ShopRunBack en fonction du process de contrôle et, bien sûr, du transport. S’il ne désire pas offrir le retour ou n’est pas client de la solution, c’est l’acheteur qui rémunérera le service, qui lui aura facilité la réexpédition de sa commande de plusieurs façons. "L’enlèvement à domicile n’est encore proposé qu’à Paris, mais la start-up lui permet aussi de déposer le colis en point relais - ce que le marchand ne propose pas forcément lui-même - ou en bureau de poste avec une simple étiquette à imprimer, y compris vers l’étranger", précise Florian Laudillay. Dans ce cas, le colis passe toujours par le hub logistique de ShopRunBack mais ne fait pas l’objet d’un contrôle qualité. Selon les options, le coût oscille entre 9 et 13 euros par colis retourné. Financée sur fonds propres, la start-up a déjà été retenue par Mango pour gérer ses retours dans 15 pays.

MyPopCorner, l'Airbnb des espaces de vente éphémères

Depuis juin 2014, MyPopCorner.com met en relation les propriétaires d’espaces commerciaux avec des e-commerçants, des marques et des start-up qui désirent exposer leurs produits dans la distribution physique pour une durée relativement courte, allant d’un jour à un an. Cet Airbnb des espaces de vente prend en charge l’établissement des contrats, les assurances, la location du mobilier, du matériel d’encaissement et des TPE, choisissant à chaque fois le partenaire le plus approprié. Sont actuellement disponibles environ 900 espaces commerciaux en France, en Belgique, à Barcelone, Madrid et Berlin. MyPopCorner travaille déjà avec un millier de marques et se rémunère en s’attribuant 15% du montant de la location.

Pierre-Yves Banaszak, MyPopCorner © JDN

"Depuis juin 2014, nous avons monté 150 opérations", indique son cofondateur Pierre-Yves Banaszak. Notamment une boutique éphémère d’Oxbow dans le centre de Paris pour le lancement d’une nouvelle collection, ou encore un magasin Groupon pour la St Valentin, mais aussi des points de vente pour des marques moins établies telles que Monsieur Tshirt, Leo&Violette, Balibart ou Seagale. "Notre objectif est de monter chaque mois 20% d’opérations de plus que le mois précédent", ajoute-t-il. MyPopCorner développe également un autre concept, puisqu’il s’apprête à ouvrir ses propres boutiques "MyBox", dans lesquelles ses clients pourront proposer leurs produits avec un budget plus réduit. "Nous testerons le concept de mi-novembre à mi-janvier pour voir quelle traction il suscite et si les partenaires sont satisfaits, explique Pierre-Yves Banaszak. En cas de succès, nous le déploierons plus largement." MyPopCorner a intégré l’Accélérateur en mars et levé 500 000 euros, également auprès du groupe lillois IRD et de business angels.

Akanoo, solution d'engagement des visiteurs on-site

L’outil de marketing prédictif on-site Akanoo a été créé en Allemagne en 2012 et se développe en France depuis le début 2015. Concrètement, la solution analyse le comportement de navigation du visiteur, son interaction avec le panier et les catégories de produits, son canal d’arrivée (Google, réseau affilié…), le device qu’il emploie, son heure de connexion, les autres onglets qu’il ouvre… "Sur chaque session, nous pouvons analyser jusqu’à 100 paramètres environ, qui nous ont permis de créer des modèles de comportement", explique Carole Mathis, directrice commerciale France. Puis Akanoo définit avec les marchands des campagnes correspondant à ces modèles. "Notre algorithme nous permet de faire des tests multivariés sur ces campagnes pour déduire quel message envoyer à quel visiteur à quel moment pour le transformer."

Carole Mathis, Akanoo © JDN

Akanoo se focalise sur les visiteurs dont la probabilité d’achat est la plus faible (rebond mis à part) et déclenche l’affichage d’un overlay contenant un coupon de réduction, une incitation d’up-selling avec remise par seuil de panier, des éléments de réassurance, une proposition de redirection vers un autre rayon… La star-up gère l’affichage de ces campagnes et la mesure de leur performance incrémentale, en A/B testant chaque campagne face à un petit groupe de contrôle au comportement identique. L’utilisateur visualise toutes ces KPI dans un tableau de bord. "Nous pouvons aussi relier notre outil avec la base client du marchand, ou son programme de fidélité", souligne Carole Mathis. La start-up allemande affiche de très belles références, telles qu’Otto et Zalando en Allemagne, ou Jules, The Body Shop, Pimkie et bientôt Etam en France. "Notre solution est très facile à implémenter et génère en moyenne 3 à 5% de chiffre d’affaires supplémentaire", assure-t-elle.

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