Courses alimentaires : qui sont les clients des circuits courts ?

Les Amap, La Ruche qui dit Oui, QuiToque et consorts font de plus en plus d'adeptes. Que cherchent-ils ? A quelles concessions sont-ils prêts ? Réponses en chiffres.

Le ministère de l'Agriculture considère comme circuit court "un mode de commercialisation des produits agricoles qui s'exerce soit par la vente directe du producteur au consommateur, soit par la vente indirecte, à condition qu'il n'y ait qu'un seul intermédiaire entre l'exploitant et le consommateur". On y trouve donc les marchés, les ventes en bord de route, les cueillettes à la ferme, ainsi que les Amap et les sites mettant en relation les consommateurs et les producteurs.

Typiquement, La Ruche qui dit Oui voit des personnes se regrouper pour acheter des aliments directement aux producteurs de leur région. Elles peuvent choisir librement les produits qui les intéressent, puis les récupèrent une fois par semaine auprès d'un responsable de ruche local. Au producteur de fixer le prix des produits et le minimum de commandes à passer pour justifier une livraison. Un fonctionnement qui lui permet de récupérer 83% du montant de la vente. Parmi les circuits courts, figurent également Expresspaysans.fr, Bio Culture, Au bout du champ, MonPotager ou encore QuiToque.

La notoriété de ce mode de vente commence à être bien établie, en particulier sur Internet. Selon l'étude "Le commerce alimentaire sur Internet", menée auprès de 1046 internautes par CCM Benchmark (éditeur du JDN), sept internautes sur dix en ont connaissance et 14% ont déjà acheté des produits alimentaires auprès de ces réseaux. Qui sont ces derniers ? Ils proviennent de foyers aux revenus plutôt élevés et sont en général en couple, avec enfants. En effet, six sur dix sont mariés (contre 41% de la population internaute française), un sur deux vit dans un foyer avec enfant (vs 37%), un sur deux fait partie d'une CSP+ (vs 40%) et 49% ont des revenus mensuels supérieurs à 3 000 euros net par mois (vs 39%).

Acheter local, bien avant d'acheter bio

L'évolution des produits achetés par ces adeptes des circuits courts montre par ailleurs ce qu'ils y recherchent : avant tout des produits issus de producteurs locaux, des produits d'origine française et des produits de saison. Entre 2014 et 2015, c'est leur consommation de produits de marques et de marques premiers prix qui a le plus diminué.

Pour les adeptes des circuits courts, acheter local est plus important qu'acheter bio © CCM Benchmark

Acheter directement auprès de producteurs nécessite souvent de revoir certaines habitudes en matière de courses alimentaires. Or nombre d'internautes disent le faire de bonne grâce. Ainsi, 58% se déclarent prêts à renoncer au vaste choix de fruits et légumes disponibles en grande surface pour s'en tenir aux seuls aliments frais de saison. Ils sont également 40% à assurer qu'ils achèteraient des aliments sales ou non-calibrés, qui sortent des standards de la distribution. Tendance il est vrai alimentée par les campagnes pour les marques "Les Légumes Moches" et "Les Gueules cassées" relayées par la grande distribution.

La contrainte horaire passe moins facilement, mais 34% des internautes affirment tout de même qu'ils seraient prêts à récupérer ces aliments uniquement certains jours ou à certaines heures de la semaine. De plus, 29% accepteraient de les acheter à un autre endroit que leurs courses non alimentaires. Quant au principe de l'abonnement hebdomadaire, seul un internaute sur cinq l'envisage. Choisir le contenu du panier aide manifestement.

Les acheteurs des circuits courts sont prêts à des concessions, mais pas sur les prix © CCM Benchmark

L'ETUDE :

 

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Foodtech / Retail