Vidéo, réseaux sociaux, multi-diffusion : le nouveau cocktail des événements internet "Live"

Réduction des budgets déplacements, développement durable, grippe A... Les raisons de l’explosion du marché des événements online sont multiples. Mais un événement "live" n’a plus grand-chose à voir avec une simple diffusion vidéo. Panorama des tendances.

Il aura fallu une conjonction de facteurs somme toute peu réjouissants (la crise économique, la crise écologique, la crise sanitaire) pour que les événements Live sur Internet prennent un véritable essor. Depuis un an, ce qui relevait de l'exceptionnel rentre désormais dans les moeurs : couverture de conférence, vidéo-chat, live concert, formation en direct : que ce soit sur des scénarios B2B ou B2C, le Live connait une accélération exceptionnelle. Mais sa forme change. Plus grand-chose à voir avec ce qui se pratiquait il y a quelques années. Sur les quelques centaines de Lives que nous avons vus passer au sein de Brainsonic au cours des deux dernières années, des tendances s'affirment, pour beaucoup héritées d'événements phares comme l'investiture d'Obama. En voici un petit tour d'horizon....

Le chat s'enrichit avec les réseaux sociaux
Premier héritage de l'investiture Obama : l'intégration de plus en plus fréquente de chats Facebook et Twitter à l'événement. Le chat qui accompagne généralement la vidéo (et qui permet aux internautes de poser des questions, d'interagir avec les speakers, de discuter entre eux) s'enrichit désormais de chats Twitter et/ou Facebook (voir figure exemple avec le Live de Steve Ballmer lors de sa venue à Issy-les-Moulineaux).

Le principal avantage est de créer un formidable effet de démultiplication : lorsque les gens chattent via Facebook ou Twitter, leur mur personnel se met à jour, avec des rétroliens (liens rentrants) vers la page du Live. Tout internaute qui consulte un mur Facebook ou Twitter de l'un des participants est ainsi  poussé à lui aussi se connecter sur l'interface du Live. Revers de la médaille ? Les capacités de modération assez faibles, contrairement au chat classique où l'on peut à loisir filtrer l'activité.

Sur Facebook ou Twitter, dès que la discussion est initiée, plus vraiment possible de l'arrêter. Effet garanti sur des événements B2C (nous l'avons par exemple constaté lors du Live de David Guetta pour EMI il y a quelques semaines, où plus de 7000 internautes répartis dans 20 pays ont assisté au concert, mais également participé au chat Facebook)...

Qu'en est il sur des événements B2B ? La non modération de la discussion ne constitue-t-elle pas un risque ? On est souvent surpris des résultats et de la capacité d'une assemblée online à s'auto-modérer. Microsoft, avec la venue de Steve Ballmer à Issy-les-Moulineaux et sa diffusion online pour le lancement de Windows 7, a joué la carte de l'ouverture. Avec succès. Plus de 5000 personnes (françaises) ont assisté en ligne au lancement et ont participé aux chats Facebook/Twitter. Le système s'est autorégulé.
On ajoutera également la possibilité pour les internautes de mettre un lien vers l'interface de live depuis leur mur Twitter, Facebook, Linkedin ou autre, qui est lui aussi un générateur de trafic non négligeable.

Le live devient multi-support, multi-sites.. et mobile
Autre changement majeur : l'époque du vidéochat exclusivement accessible sur le site web de la marque ou de l'annonceur est peu à peu abandonnée, au profit d'une "multi-diffusion" ; les internautes, bloggers et sites partenaires peuvent désormais embarquer l'interface de live sur leur site, comme ils le font avec un player Youtube. Le live est ainsi diffusé sur le site principal, mais également en simultané sur tous les sites partenaires et internautes : la diffusion est ainsi démultipliée. Au-delà des sites web, les internautes peuvent installer une application Facebook qui diffuse le live directement dans Facebook.

La même mécanique peut être utilisée pour embarquer le live dans des carrés pubs, directement sur des sites Médias : l'internaute peut ainsi regarder le live sans même quitter les pages qu'il était en train de visionner. Lors de la venue de Steve Ballmer en Octobre 2009, plusieurs centaines de milliers de carrés pub étaient ainsi activés pour diffuser le live.

Ajoutons enfin à cela la possibilité de diffuser le live sur terminaux mobiles, et plus particulièrement sur Iphone, désormais sur l'ensemble des opérateurs. Le live peut désormais toucher des populations nomades, pas nécessairement équipés de PCs mais disposant de terminaux mobiles en 3G. Le mobile pourra également être utilisé avant l'événement pour avertir par SMS les participants du début du live. Des solutions mobiles qui tireront également bientôt partie de la réalité augmentée.

Maximiser le temps de connexion en proposant une véritable interactivité
Si les participants aux événements  B2C de type live concert, vidéochat d'artistes font preuve d'une assiduité remarquable, il n'en est pas toujours de même pour des événements B2B. Maintenir l'audience tout au long de l'événement est l'un des challenges du Live. Pour le dire simplement : faire venir c'est bien, faire rester c'est mieux. L'interactivité que l'on propose à l'internaute joue un rôle clé en la matière : sondages, jeux concours en direct, géolocalisation de l'ensemble des participants, possibilité de choisir son angle de caméra, de revenir en arrière pendant le live (time control) sont quelques exemples des solutions qu'il est possible de mettre en oeuvre.

Gardons toutefois en tête que le principal facteur du maintien de l'audience reste la qualité du contenu délivré : rythmé, intéressant, inhabituel, amusant, « people », instructif... et surtout court. Le temps vidéo n'a pas grand-chose à voir avec le temps réel, et la capacité à délivrer les messages dans un timing serré est un facteur de succès fondamental.

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