Directive sur les droits des consommateurs : les conséquences pour un site marchand

Le secteur du e-commerce est en pleine effervescence depuis l'annonce des mesures adoptées par le Parlement européen dans le cadre de la directive sur les droits des consommateurs.

Une série de mesures applicables au e-commerce visant à élargir les droits des consommateurs : le retour sous 15 jours du ou des produits commandé(s) à la charge du vendeur, le remboursement des produits sur rétraction dans un délai de 14 jours...

Professionnels du secteur, nous nous alarmons tous aujourd'hui de l'impact économique qu'aurait cette directive sur le secteur de la vente en ligne en Europe et des charges que devront supporter les PME.

Membre de la Fevad depuis Février 2010, Oclio se trouve comme beaucoup d'acteurs, concerné de prés par ces mesures. Nous commercialisons nos produits en France mais également en Europe avec le lancement en 2009 de deux sites en Italie et en Espagne.

Si ces mesures étaient adoptées, elles auraient bien évidemment des conséquences financières désastreuses et les coûts engendrés auraient des effets considérables pour notre budget.

Pour Oclio, l'obligation de prise en charge des frais de retour représenterait la disposition la plus contraignante et la plus perturbante tant sur le développement, la logistique et les coûts inhérents au bon fonctionnement d'un site de e- commerce.

Un exemple pour illustrer cette affirmation :
Dans le secteur de la puériculture qui est le notre, le taux de retour est faible : 2% en moyenne. Fort des dispositions envisagées par le Parlement Européen, ce taux viendrait à doubler allégrement et flirter avec les 4%... Oclio comptabilise en moyenne 15 000 commandes par mois, soit 180 000 commandes annuelles, il faudrait alors compter 7 200 commandes retournées.

En estimant le coût de retour d'une commande à 10 €, cela coûterait 72 000 € à Oclio... soit 6 000 € mensuels...Une somme loin d'être négligeable que nous préférerions bien évidemment investir dans des créations d'emplois...

L'allongement du taux de retour n'est pas la mesure la plus handicapante pour notre activité, nos produits le permettant du fait de leur faible saisonnalité. En effet, une poussette mise sur le marché en 2009 est encore vendable en 2011, à condition bien évidemment que celle-ci nous revienne en bon état.

Mais cet allongement "autoriserait" les clients indélicats, peu nombreux certes mais tout de même présents, à profiter au maximum de cette règle et en bénéficier de façon abusive. Aujourd'hui, Oclio «sponsorise» deux tiers des coûts logistiques allers et prend en charge le coût retour si une erreur de commande était inhérente à Oclio. Mais si Oclio se devait, après adoption de ces mesures, prendre en charge les coûts retour pour n'importe quels motifs, l'impact serait lourd de conséquences pour la santé économique de la société.

D'autres effets secondaires, bien plus sournois, résulteront de ce texte : hausse des prix généralisée, frein à l'embauche, contrainte d'adaptation aux 27 voisins européens...

Même si elle n'est pas encore adoptée, l'application de cette directive serait très pénalisante pour tous les sites de e- commerce, porterait un véritable coup d'arrêt au développement du secteur, et serait véritablement mortelle pour une grande partie d'entre eux. Dommage, l'e-commerce, c'était bien...

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