Appli mobile : comment booster le nombre de téléchargements ?

Difficile d'émerger au sein de stores d'applications de plus en plus encombrés. Découvrez quelques astuces, à mi-chemin entre le "growth hacking" et le bon sens.

Le basculement des usages depuis le Web fixe vers le mobile a renforcé l'importance de ce dernier dans la relation qui lie une marque à ses clients. E-commerce, médias ou encore jeux de casual gaming… le tropisme mobile des principaux secteurs du numérique s'accentue.

Problème : il est devenu de plus en plus difficile d'émerger au sein de stores qui grouillent aujourd'hui d'applications en tous genres. 

Mettez-vous à l'App Store Optimization

Avec près de 60% des mobinautes qui trouvent une application après avoir tapé un mot-clé sur l'App Store ou le Google Play Store, les stores d'applications restent un carrefour d'audience inévitable. D'où l'importance d'y appliquer les mêmes mécaniques de SEO que sur Web fixe et mobile, en optimisant le positionnement de votre application sur les requêtes affinitaires.

Titre, description ou visuels... De quoi booster de 15% les téléchargements organiques

"Le recours à des outils comme ceux proposés par Google et AppAnnie vous permet d'améliorer le volume de téléchargement organique de 15 à 50% (pour les plus petites applications) simplement en identifiant les requêtes les plus populaires et en choisissant les mots Adéquats pour vous y positionner", explique Olivier Crance, directeur exécutif de l'agence Ad4Screen.

AppAnnie illustre bien les bénéfices du phénomène en citant l'exemple de l'application de rencontres de Match. Positionnée relativement bas sur la requête "dating", elle remonte en revanche en numéro 1 sur la requête "dating app", grâce au nom de son application qui est en fait "Match – Dating app to flirt, chat and meet local single men and women". Un nom réduit à 41 caractères dans la search box mais dont l'exhaustivité lui assure de bons placements sur les requêtes clés.

Une fois attiré le chaland, il vous reste encore à travailler l'attractivité de votre page, depuis l'icône de l'application jusqu'aux captures d'écrans et au descriptif écrit. Première bouée d'amarrage, l'icône qui, bien conçue, incitera les utilisateurs à jeter un coup d'œil aux captures d'écran et à la description. Place au symbolisme : qu'il s'agisse de l'oiseau Twitter, de la flamme de Tinder ou encore du surikate de Meerkat, l'objectif est de "marquer".

"Par la suite, il est possible d'augmenter les taux de transformation de près de 15% sur des visuels qui expriment clairement votre promesse de valeur", note Olivier Crance. D'autant que l'arrivée de la vidéo sur les deux stores permet également de mieux "vendre" votre application.

Appuyez-vous sur votre audience Web fixe

"L'expérience montre que les bannières et mentions de l'application sur le site Internet font peu bouger le curseur, tout simplement car la rupture de canal est trop forte", prévient Olivier Crance. Et de conseiller plutôt des dispositifs plus conséquents. "La Fourchette n'avait pas hésité à diffuser durant plusieurs semaines un habillage mettant en avant son application".

Opt-in d'email sur site Web fixe

Autre alternative : une rubrique dédiée à la présentation de l'application au sein du site et un mécanisme de collecte en opt-in du numéro de téléphone ou de l'email. "Un moyen de contact qui permet d'éviter la rupture de canal".

Dans la logique du bon message au bon moment, Olivier Crance conseille de profiter des contacts privilégiés qui apparaissent lors du tunnel de conversion pour mettre en avant son application. "Les messages du type, téléchargez notre application pour suivre l'évolution de votre commande, marchent vraiment bien." Même réflexe pour tout nouveau membre de votre base de donnée, avec après un premier email de bienvenue, un email (responsive) qui évoque l'application. "Les taux de transformation de ce genre d'emails sont de près de 15%, post-clic", chiffre Olivier Crance.

Goûtez au data mining

L'univers mobile n'échappe à la férule de la data et tout éditeur d'application doit avoir le regard rivé sur ses analytics pour pouvoir ajuster le tir, si besoin. Parmi les astuces les plus connues figure un concept éprouvé par les spécialistes du casual gaming : identifier un marché semblable au sien (mais plus petit) et y déployer une "early beta". "C'est un moyen de voir ce qui marche et ne marche pas, à moindre coût, avant un lancement dans un pays phare", confirme Olivier Crance. Les éditeurs français pourront, par exemple, se tourner vers leurs voisins belges.

Une certitude : toute data est bonne à prendre dès lors qu'elle concerne au moins 2 000 utilisateurs, seuil à partir duquel les constatations ne peuvent plus être des particularismes.

Toujours dans une démarche de data analytics, Olivier Crance souligne l'importance d'identifier les utilisateurs les plus engagés, ceux qui sont le plus souvent sur l'application ou y dépensent le plus d'argent. Tout simplement parce qu'ils sont les plus susceptibles de devenir vos ambassadeurs. "N'hésitez pas à leur envoyer un message in-app ou une push notification les enjoignant à noter l'application", recommande Olivier Crance. C'est d'autant plus important sur Google Play où l'algorithme s'appuie sur les notes et les commentaires pour faire remonter une application. Contrairement à l'App Store, qui est lui focalisé sur le nombre de téléchargements obtenus sur une période. 

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