Facebook rachète WhatsApp 19 milliards de dollars

Le réseau social frappe un grand coup en annonçant l'acquisition du service de messagerie instantanée. La bataille du mobile est lancée.

On connaissait l'intérêt de Facebook, qui avait proposé 3 milliards de dollars à Snapchat fin décembre, pour les services de messagerie instantanée. Eh bien le réseau social de Mark Zuckerberg a décidé de passer la sur-multipliée en annonçant le rachat de WhatsApp moyennant la bagatelle de 19 milliards de dollars soit la plus grosse acquisition, et de loin, qu'il ait jamais réalisée. Ce sont 4 milliards de dollars qui sont versés en cash et 12 milliards de dollars en actions Facebook. Le groupe prévoit également de verser 3 milliards de dollars en actions aux fondateurs et aux salariés de Whatsapp sur une période de quatre ans après le bouclage de l'opération. Une opération qui coûte donc à Facebook plus de 40 dollars par utilisateur de WhatsApp, ce dernier revendiquant aujourd'hui un total de 450 millions d'utilisateurs uniques chaque mois. Le ratio est énorme, plus de 10 fois supérieur à celui qui a présidé au rachat par Rakuten de Viber, estimé à 3 dollars par utilisateur. Il faut dire que le taux d'utilisation de WhatsApp est sans commune avec celui de son rival. Ce sont près de 19 milliards de messages qui sont envoyés chaque jour ! WhatsApp continuera à vivre de son côté, comme c'est aujourd'hui le cas pour la précédente acquisition de Facebook, Instagram. "II n'y aurait pas eu de partenariat entre nos deux sociétés si nous avions dû faire des compromis sur les principes qui nous tiennent à coeur, notre vision et notre produit ", explique Jan Koum, le PDG de WhatsApp, dans une note de post.   

La peur de se faire doubler sur le mobile 

Avec près de 20 milliards de dollars dépensés pour acquérir Instagram et WhatsApp, Facebook affiche clairement ses ambitions sur le mobile, lui qui y réalise déjà 50% de son chiffre d'affaires. Et ce sont moins les revenus de WhatsApp que sa croissance faramineuse qui l'intéresse. WhatsApp qui est payant sur iOS (0,99 dollar) et gratuit sur Android la première année (avant de devenir payant) n'a jamais fait de sa monétisation une priorité. A ce titre et en l'absence de toute synergie, le geste de Facebook parait plus que jamais défensif. Car la tentation est grande, au vu de l'explosion des usages mobiles, de mettre la main sur une application qui gagne un million de nouveaux utilisateurs chaque jour. Surtout WhatsApp est très bien implanté en Europe, Chine, Brésil et Russie. Autant de régions au sein desquelles Facebook doit encore améliorer sa présence. Sur mobile, Facebook, qui représentait 16,91% des investissements publicitaires dans le monde en 2013 selon eMarketer, gagne encore un peu plus de poids face à ses rivaux Apple et Google. Google qui pourrait riposter en rehaussant sa proposition initiale de 4 milliards de dollars à Snapchat (qui ne gagne pas un centime). Qui a parlé de bulle Internet ?

 

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